The XX - Interview

08/01/2010, par Julian Flacelière | Interviews |
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THE XX

Ce qui frappe d'emblée avec The XX, outre ou plutôt à cause du son minimaliste, presque funèbre, de leur album, est leur maturité. Mot détesté, ce mélange de conscience aïgue en ce qu'ils sont ou pas et de passion est des plus rares. Il faut de nouveau songer que ces quatre jeunes gens, ayant fréquenté le même lycée que Four Tet et Hot Chip, sont à peine âgés de vingt ans. Le talent, certes, selon l'adage populaire, n'attend pas le nombre des années, mais tout de même, nous ne rencontrons pas souvent d'aussi jeunes gens capables de livrer quelque chose d'aussi radicalement à contre-courant, et, ô surprise, capables d'aligner plus de deux mots sans s'embourber dans les stéréotypes, bailler, fredonner les rengaines et, le plus important à mes yeux, sans orgueil ni ce cynisme qui est, avec la bêtise, le plus goulu ver de notre époque, fruit à demi-gâté. Curieuse, enthousiaste, volubile sans pour autant être encline au babillage, la guitariste Romy Madley Croft a ouvertement foi en ce qu'elle fait. L'occasion d'évoquer la mécanique interne du groupe, la genèse du disque, l'enregistrement, son rapport à l'écriture et les problèmes que peut causer son nouveau statut. Entretien.

PS : Selon certaines sources, le NME notamment, Baria aurait définitivement quitté le groupe pour cause de grande fatigue, et ne sera pas remplacée. Le quartet devient donc trio.

Vous avez récemment annulé plusieurs concerts pour cause de fatigue. Comment allez-vous ?
Tout le monde va bien. Nous ne sommes pas encore habitués à tourner intensément, bien que nous ayons donné beaucoup de concerts en peu de temps. Nous n'avons pas eu de jour de repos pendant un long, long moment et je crois que chacun d'entre nous était un peu trop fatigué.

Fatigués d'une de ces périodes durant lesquelles vous vous levez le matin et que quelqu'un vous dit où aller et que faire ?
Ouais. Enfin, ça va. C'est génial d'être ainsi accompagné, particulièrement dans un pays étranger où ce serait difficile de trouver votre propre chemin. Vous savez, si vous étiez laissés là avec une carte. Mais nous sommes plus occupés qu'à notre habitude. Nous avons tendance à être plutôt lents, à nous relaxer avec des personnes faciles à vivre, vivre dans notre coin simplement. Etre en tournée et voyager autour du monde est un peu plus intense. Mais c'est bon, on poursuit l'adaptation.

Est-ce que les relations dans le groupe subissent une légère mutation alors que vous vous exposez au monde ?
Ouais, hum... Pour la première fois depuis un long moment, je suis à la maison avec mon papa. Je connais Oliver depuis dix-sept ans, donc être éloigné de votre plus ancien ami... C'est génial de l'avoir à mes côtés, parce être si loin de chez soi donne envie d'être avec quelqu'un que vous connaissez. Incontestablement, être en tournée avec n'importe qui fait ressortir les bons et les mauvais côtés de sa personnalité. Des aspects que vous ne verriez pas si vous étiez des amis normaux. Cela a donc tendance à créer de la tension envers certaines choses, mais vous essayez de le gérer.

Est-ce en partie cela qui a provoqué la pause ? S'éloigner l'un de l'autre ?
Ouais, c'est bien d'avoir un peu d'espace. Quand il y a toujours des gens autour de vous, vous ne réalisez pas vraiment ce qui se passe. Vous avez besoin de solitude pour méditer.

Vous venez juste de jouer au CMJ Festival à New York. Y étiez-vous déjà allés ?
Oui, nous y sommes allés un été pendant dix jours. C'était sympa, on a joué six fois en dix jours, nous avons donc eu un peu de temps pour nous acclimater et voir un peu New York, ce que j'ai vraiment apprécié. Cette fois, cependant, nous avons été vraiment très très occupés. Nous jouions deux concerts et donnions une session live un jour sur deux. Nous étions tous fatigués, mais c'était franchement bien. Je n'avais aucune idée de ce à quoi ça allait ressembler, cela fait longtemps que j'ai arrêté de consulter le net pour savoir ce qui se passe. En fait, je me sens maintenant un peu hors de la boucle. Cela devient difficile et je ne veux pas y être coincé. A chaque fois qu'un de mes groupes favoris prépare ou fait quelque chose actuellement, je vois ces commentaires, du genre, "j'adore ce groupe", et ensuite "je hais ce groupe"... Je ne crois pas que je pourrais le gérer si cela nous concernait.

Si vous ajoutez foi aux commentaires positifs, vous devez faire de même avec les négatifs.
Oui, exactement. Mais aller aux Etats-Unis, je ne savais pas à quoi cela allait ressembler. Au premier concert que nous y avons donné, il y avait environ 200 personnes dehors. Je ne le réalisais pas. C'était vraiment génial, une grosse surprise.

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