Thee Stranded Horse - Interview

25/04/2007, par Luc Taramini | Interviews |
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Peux-tu m'expliquer le choix de l'anglais sur cet album alors que sur Encre tu utilises le français, plutôt adroitement d'ailleurs ?

J'ai un rapport bizarre avec l'anglais. J'y suis venu, je m'en suis éloigné et j'y suis revenu. Tout petit, je baignais dans un environnement anglophile. Alors le fait d'écrire en anglais sur ce disque, même si ça surprend, c'est quelque chose de naturel pour moi. En plus, je n'ai pas un style d'écriture différent entre les deux langues.

Concernant le chant, il y a un vrai travail sur l'accentuation et la prononciation des paroles, peux-tu m'expliquer le but recherché ?
En fait, je voulais essayer de creuser les accents. Je voulais utiliser et accentuer des particularismes. Un groupe qui m'a toujours fasciné, dont on n'a pas assez parlé et qui a eu une influence très forte sur le folk, c'est Tyrannosaurus Rex. Le groupe de Bolan avant T-Rex. J'aime beaucoup leur manière de déformer la prononciation en accentuant certaines parties pour créer quelque chose de très animal. Il y a une espèce de magie psychédélique là-dedans. Voilà, c'est une recette que j'ai voulu appliquer mais de manière différente.

Je trouve que ce travail sur le chant, c'est ce qui rythme l'album, en as-tu conscience ?
C'est marrant je n'y avais pas pensé. Mais c'est vrai que ce jeu sur la prononciation apporte un niveau de narration supplémentaire.

Avec ce projet, est-ce qu'on peut dire que la page Encre est tournée ?
"Common Chord", le disque enregistré en groupe, était une façon de faire un bilan des disques de Encre. Il est arrivé à l'époque où j'ai déménagé parce que je ressentais un immense ras-le-bol. Aujourd'hui, je ne sais pas trop où j'en suis avec Encre. C'est sûr que l'éloignement géographique ne va pas faciliter les retrouvailles avec les autres. Chacun a ses projets solos. De là à tirer un trait sur Encre, non. Mais à l'avenir, j'irai vers quelque chose de plus lumineux.

Le fait de jouer de la kora t'a-t-il permis de faire de nouvelles rencontres ?
Oui, j'ai joué avec Ballaké Cissoko qui est l'un des grands maîtres de la kora. Je suis très fan du disque qu'il a enregistré avec Toumani Diabaté "New Ancient Strings". Il y a quelques temps, un festival de Dijon m'a proposé une création avec un musicien de kora. J'ai dit oui sans savoir que c'était Ballaké Cissoko ! On a joué ensemble, ça s'est très bien passé. C'est quelqu'un de très ouvert et très enthousiaste. Il n'a pas été choqué par ma manière d'aborder l'instrument.


Propos recueillis par Luc Taramini
Photos de Julien Bourgeois
Merci à Sean

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