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THEE,
STRANDED HORSE
[page précédente]
Peux-tu m'expliquer le choix de l'anglais sur cet
album alors que sur Encre tu utilises le français,
plutôt adroitement d'ailleurs ?
J'ai
un rapport bizarre avec l'anglais. J'y suis venu, je m'en
suis éloigné et j'y suis revenu. Tout petit,
je baignais dans un environnement anglophile. Alors le fait
d'écrire en anglais sur ce disque, même si
ça surprend, c'est quelque chose de naturel pour
moi. En plus, je n'ai pas un style d'écriture différent
entre les deux langues.
Concernant
le chant, il y a un vrai travail sur l'accentuation et la
prononciation des paroles, peux-tu m'expliquer le but recherché
?
En
fait, je voulais essayer de creuser les accents. Je voulais
utiliser et accentuer des particularismes. Un groupe qui
m'a toujours fasciné, dont on n’a pas assez
parlé et qui a eu une influence très forte
sur le folk, c'est Tyrannosaurus Rex. Le groupe de Bolan
avant T-Rex. J'aime beaucoup leur manière de déformer
la prononciation en accentuant certaines parties pour créer
quelque chose de très animal. Il y a une espèce
de magie psychédélique là-dedans. Voilà,
c'est une recette que j'ai voulu appliquer mais de manière
différente.

Je trouve que ce travail sur le chant, c'est ce qui rythme
l'album, en as-tu conscience ?
C'est
marrant je n'y avais pas pensé. Mais c'est vrai que
ce jeu sur la prononciation apporte un niveau de narration
supplémentaire.
Avec ce projet, est-ce qu'on peut dire que la page
Encre est tournée ?
"Common
Chord", le disque enregistré en groupe,
était une façon de faire un bilan des disques
de Encre. Il est arrivé à l'époque
où j'ai déménagé parce que je
ressentais un immense ras-le-bol. Aujourd'hui, je ne sais
pas trop où j'en suis avec Encre. C'est sûr
que l'éloignement géographique ne va pas faciliter
les retrouvailles avec les autres. Chacun a ses projets
solos. De là à tirer un trait sur Encre, non.
Mais à l'avenir, j'irai vers quelque chose de plus
lumineux.
Le
fait de jouer de la kora t'a-t-il permis de faire de nouvelles
rencontres ?
Oui,
j'ai joué avec Ballaké Cissoko qui est l'un
des grands maîtres de la kora. Je suis très
fan du disque qu'il a enregistré avec Toumani Diabaté
"New Ancient Strings". Il y a quelques temps,
un festival de Dijon m'a proposé une création
avec un musicien de kora. J'ai dit oui sans savoir que c'était
Ballaké Cissoko ! On a joué ensemble, ça
s'est très bien passé. C'est quelqu'un de
très ouvert et très enthousiaste. Il n'a pas
été choqué par ma manière d'aborder
l'instrument.
Propos recueillis par Luc Taramini
Photos de Julien Bourgeois
Merci à Sean
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