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THE NATIONAL
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J'ai lu dans une chronique de votre premier disque que vos chansons parlaient "de l'alcool, des femmes et des joies et difficultés de ces deux choses". Qu'est-ce que vous pensez de cette formule un peu réductrice ?
Matt : quelques chansons sont effectivement à propos de ces deux thèmes. Beaucoup d'entre elles sont écrites à propos des femmes en picolant (rires). Mais ce n'est pas un objectif. Il semble que j'ai souvent à l'esprit ces deux thèmes.
Scott : tu écris à propos de ce que tu connais (rires)...
Matt : et les choses que je ne connais pas, j'essaie de les imaginer... sur le deuxième album, il me semble que j'essaie d'avoir une approche moins intime à propos des relations avec les femmes, mais ça revient souvent, je n'essaie pas de l'éviter. Nous avons pas mal de chansons d'amour et je n'essaie pas d'éviter d'en écrire d'autres parce que nous l'avons déjà fait avant. J'écris sur ce que je ressens, et ça pourra être dix fois à propos des femmes... et de l'alcool... mais je ne pense pas que j'écrive à propos de l'alcool seulement !
Scott : non, il y a toujours une femme impliquée...
Matt : c'est souvent une blague entre nous, toutes ces chansons qui parlent de coeurs brisés, nous pouvons prendre un peu de recul par rapport à elles, nous moquer un peu de nous mêmes, parce que certaines d'entre elles sont vraiment mélodramatiques prises au pied de la lettre, mais je pense aussi que c'est pour cela que les chansons fonctionnent si bien, parce qu'elles sont vraiment passionnées.

Il y a aussi un peu d'humour dans vos chansons ?
Oui, nous sommes souvent décrits comme sombre et mélodramatiques, et c'est en partie vrai, mais il y a aussi un peu d'humour. "Cardinal Song" est une chanson très très triste.... mais elle est tellement triste qu'elle en devient presque parodique. C'est une réflexion sur le fait d'avoir le coeur brisé à un point ridicule. Nous en plaisantons souvent, car cette chanson peut aller jusqu'à l'absurde, jusqu'à la comédie noire...
Scott : parfois, effectivement, les chansons peuvent être vraiment drôles, à force de les écouter, mais surtout, elles sont toujours sincères, ce ne sont pas des blagues.
Pas de risque de décalage ou d'incompréhension avec le public alors ?
Matt : les gens ont réagi aux thèmes des chansons, parce que ce sont des thèmes universels, mais les chansons sont sincères, ne sont pas du chiqué.
Scott : nous sommes plutôt des gens heureux en général.
Matt : moi je suis sombre et ténébreux...
Scott : oui, c'est pour cela que tu es le songwriter...
Pourquoi avez-vous appelé l'album "Sad Songs For Dirty Lovers", que voulez-vous dire exactement par "Dirty Lovers" ?
Matt : "Dirty Lovers", c'est un amoureux, comment dire, très sexuel. Nous ne sommes pas creusés la tête pour le trouver, en nous demandant "pour quel type d'amant cela peut-il bien être ?"
Scott : là aussi c'est de l'humour, les chansons sont déjà bien assez tristes comme ça, cela ne nous correspondrait pas de faire quelque chose de monolithique, il faut un peu d'humour.
Un peu comme la pochette de votre premier album ?
Scott : c'était Bryan... c'était...
Bryan : .. un peu homo-érotique !
Matt : c'est pareil, c'est pour cela que Bryan est sur le couverture du premier album... pour dédramatiser un peu, et puis c'est une jolie photo.
Vous avez été associés à de grands noms dans les chroniques de vos disques, qu'en pensez-vous ?
Matt : c'est souvent très flatteur.
Quand les journalistes ont parlé de Leonard Cohen, des Tindersticks, de Wilco, ils avaient vu juste, ce sont des gens qui vous ont influencés ?
Scott : nous n'avions jamais écouté les Tindersticks par exemple
Bryan : en fait, nous avons découvert les Tindersticks à cause des comparaisons que nous avons lues dans les chroniques. Ok, le gars a une voix grave et profonde, mais cela sonne plutôt comme de la soul américaine jouée par un groupe anglais, le philly sound circa 1967 quoi
Matt : je pense qu'on a été influencés par les mêmes artistes. Et puis on a des voix comparables. C'est aussi pour cela qu'on parle de Nick Cave, de Leonard Cohen à mon sujet, et ils ont clairement eu une grande influence sur moi. Mais nous écoutons tous des choses très différentes, donc je pense qu'il est difficile de nous rapprocher de quelques artistes en particulier.
Justement, qu'est-ce que vous écoutez ?
Matt : beaucoup de musique, Joy Division par exemple...
Scott : combien de temps te reste-t-il sur ta cassette ?
Bryce : moi je joue une musique qui s'apparente au classique avec Clogs, c'est là d'où je viens... sinon j'écoute beaucoup de folk américain, Bob Dylan, Neil Young.
Aaron : nous écoutons des groupes récents aussi, des groupes de New York... Elk City... Interpol...
Bryan : Interpol, tu es sûr ?
Matt : la scène de New York est quelque chose de très excitant, ok nous n'avons jamais été associés à elle...
Mais aucun journaliste ne peut s'empêcher de l'évoquer quand il parle de vous...
Oui, c'est vrai, peut-être un peu plus maintenant... peut-être plus avec le nouvel album...
Scott : un de nos potes est sorti avec Karen, des Yeah Yeah Yeahs, il y a trois ans, c'est notre seul lien avec la scène new yorkaise (rires).
Matt : nous n'avons pas de lien en particulier, mais on a apprécié les groupes, leurs concerts, les Liars, the Walkmen, The Raptures, Black Dice... ce sont de très bons groupes...
Bryce : d'un côté de notre studio de répétition, il y avait Black Dice, de l'autre Interpol. Quand ils étaient tous les deux en train de répéter... c'était bien avant qu'Interpol n'explose, ils étaient déjà bons.
Matt : ils en ont profité pour tout nous piquer !
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