The Notwist - Neon Golden

album de la semaine du 16/01/2002, par Thierry V. | Albums |
  • Facebook
  • Twitter
| permalien

THE NOTWIST - Neon Golden
(City Slang / Labels)

THE NOTWIST - Neon Golden"Neon Golden", c'est donc le titre du cinquième essai du (tranquille) groupe allemand, attiré tour à tour par un grunge honnête et mélancolique ("The Notwist"), une pop plus intimiste ("12", petit succès aux Etats-Unis), et plus récemment une trajectoire plus ouvertement expérimentale. Certains musiciens du groupe sont d'ailleurs membres de formations plus jazz ou électro (Lali Puna, plébiscité notamment ces derniers temps par Radiohead).

Chronique d'un succès annoncé ? "Neon Golden" a été précédé par l'excellent single "Pilot", lancé en éclaireur sur certaines ondes. Si le disque ne trahit pas l'orientation privilégiée depuis "Shrink", à savoir l'utilisation de l'électronique, de boîtes à rythme mêlées aux guitares au timbre si reconnaissable du groupe, et à la voix élégiaque de Markus Acher, il marque cependant un progrès supplémentaire dans la démarche musicale singulière pour le groupe. Des violons ("One Step inside..."), un piano ("Consequence", titre magnifique et single potentiel cloturant l'album) se font entendre, tandis que les détours franchement jazzy de l'album précédent (on pense notamment à "Moron" et "Your Signs") n'ont pas été ici renouvelés. Rythmiques et percussions se font de façon générale plus présents("This Room", "Solitaire").

Au final, que penser de ce disque ? Que les musiciens de Notwist peuvent décidément se targuer d'un écletisme sans doute tout aussi remarquable que celui dont se targue Radiohead récemment, bien que moins relayé par les médias. On pense effectivement à la formation d'Oxford, à certaines productions du label Warp, sans que le groupe ne perde son identité, et sa quête clairement indépendante d'originalité. On songe également pour la première fois, à l'écoute des ouvertures de morceaux, à Eels ("Solitaire"), à Venus ("One Step inside"...). Le groupe élargit son répertoire; pour la première fois, Markus n'hésite pas à monter (de façon autrement plus discrète et élégante que Matthew Bellamy), bien que la chose reste rare, ou à employer un effet sur sa voix caractéristique (véritable point de reconnaissance pour un groupe qui a manié successivement tant de genres musicaux différents). Seul peut-on regretter l'aspect plus "commercial" de certains morceaux, sans qu'on puiss réellement les qualifier de vendeurs.

Un excellent disque donc, fruit d'un travail de près de quatre ans, voué - on l'espère - à une reconnaissance à la fois juste et tardive pour un groupe au cheminement sincère et atypique. Souhaitons que des singles comme "Pilot" et "Pick up the phone" permettent au groupe de se faire connaître un petit peu avant une tournée en France prévue pour avril 2002.

Thierry Valeyre

One Step Inside Doesn't Mean You Don't Understand
Pilot
Pick Up The Phone
Thrashing Days
This Room
Solitaire
One With The Freaks
Neon Golden
Off The Rail
Consequence

les derniers articles


»» tous les articles
»» toutes les chroniques de disque
»» tous les posts du blog
»» tous les CR de concerts et festivals