Elles sont cinq Canadiennes, réunies par un goût commun pour les guitares anglaises des eighties et les atmosphères grises que, de Robert Smith à Johnny Marr, ces dernières ont pu imprimer, morceau après morceau, dans bien des mémoires musicales. Vite repérées - et ce n'est pas un hasard - dans le sillage des frangins d'Interpol, elles partagent avec les New Yorkais, outre une nostalgie tenace pour les tensions romantiques du post-punk, une capacité réelle à faire sonner efficacement des recettes anciennes, et un incontestable leader en la personne de leur chanteuse, Katie Sketch. Cette dernière, auteure de textes qui gardent les marques indélébiles de l'adolescence, porte haut le lyrisme du groupe, d'une voix assurée, un peu métallique, entre la plainte et la rage.
Le temps des premiers
morceaux, la recette
prend indéniablement : l'imparable "Brother",
dont la structure, tricotée par des guitares estampillées "Seventeen
Seconds" et le fameux orgue éponyme, pousse la voix
dans une escalade d'intensité, suivi du non moins convaincant "Steven
Smith" à la progression linéaire et lumineuse.
Autant de raisons de
croire au miracle. Mais, vers
le milieu d'un disque
qui n'est pourtant pas
bien long (moins de trente cinq minutes au compteur), on ne peut
pas s'empêcher de trouver que l'application
des bonnes recettes tourne
un peu à vide et que les chansons
finissent pas se ressembler.
Récurrence de procédés,
uniformité des climats, chansons un peu plus faibles ? Difficile
de trancher. Reste à l'auditeur l'impression tenace d'un
potentiel qui pourrait,
dans le meilleur des
avenirs, inviter le groupe à plus d'originalité,
de distance à l'égard
des modèles, de prises de risques véritables.
David
Brother
Steven Smith
Love, Love, Love
Basement Band Song
Sinking Hearts
A Sudden Death
There is Nothing I Can Do
I am not Surprised
No One Has Ever Looked so Dead
Memorize the City
Memorize the City (remix)