The Posies - Interview

03/08/2005, par | Interviews |
  • Facebook
  • Twitter
| permalien

En France, "Dream All Day" a été un gros tube...
Ken : On est en train de le réaliser !

Ca a créé un contexte spécial pour vous en France ?
Ken : Ce qui est drôle, c'est ce qui est arrivé après. Nous avions un public énorme ici, et ça a décliné dès l'album suivant, nous avons joué dans des endroits de plus en plus petits. Je ne sais pas ce que sont devenus les gens qui avaient aimé "Frosting on the Beater". Ils doivent bien être quelque part... On aimerait les retrouver et attirer à nouveau leur attention. C'est un grand mystère pour nous.
Jon : A l'époque de "Frosting on the Beater", nous faisions des conférences de presse, et le jour d'après, dans les journaux, il y avait des articles avec la photo de chacun des membres du groupe.

Vous vous êtes retrouvés associés à la scène grunge à ce moment-là, c'est l'époque qui voulait ça, et le fait que vous veniez de Seattle aussi. Avez-vous dû faire un effort volontaire pour vous débarrasser de cette étiquette ?
Ken : Nous avons estimé que nous n'avions pas à faire cet effort, que c'était évident. Nous pensions - et nous pensons toujours - que nous faisions quelque d'assez personnel pour cela. Et à chaque fois que quelqu'un décidait que nous étions comparables à d'autres groupes de Seattle, cela nous paraissait quelque peu choquant, vraiment. Je pense que nos sensibilités sont assez uniques. Nous ne savions pas vraiment quoi répondre à ces gens, et c'est toujours le cas, même quand on nous compare à n'importe quel autre groupe.
Jon : Le fait que nous venions de Seattle a joué, manifestement. Beaucoup de gens ont utilisé ce raccourci.
Ken : Si nous étions originaires de Virginie, cela aurait été beaucoup plus facile pour nous.

Est-ce que vous seriez capable chacun de décrire ce qui caractérise le style d'écriture de l'autre ?
Ken : Hmmm... C'est une question très intéressante, je n'y ai jamais vraiment réfléchi avant. Je crois que je pense davantage à ce qui arrive après le mélange plutôt qu'aux différentes composantes de ce mélange. C'est donc une question intéressante, et je ne sais pas si je vais savoir y répondre. Je sais comment ça se passe quand nous travaillons ensemble - Jon et moi avons une longue et unique histoire commune de ce point de vue, nous sommes des amis très proches depuis très longtemps -, mais je serais bien incapable d'expliquer qui apporte telle ou telle chose.
Jon : Si tu essayais de faire une sorte de dissection de notre musique, dès que tu trouverais un exemple qui irait dans un sens, qui te ferait dire "ah, ça, c'est Ken", tu pourrais immédiatement trouver un autre exemple, dans une autre chanson, qui irait dans le sens opposé. Je pense que nous explorons tous les deux les mêmes choses, et puis nous venons des mêmes endroits, nous avons connu les mêmes choses et les mêmes influences, nous avons trop de choses en commun pour pouvoir répondre à cette question. Je n'ai encore jamais lu un seul article qui analyse précisément ça, et je pense que ce n'est pas demain la veille. Question vraiment difficile. Peut-être qu'avec certains groupes, c'est plus facile de faire la part des choses. Je pense que tous nos disques présentent des similitudes, mais ce sont des disques très différents tout de même. Même un groupe que j'adore, comme les Ramones, quand tu mets un de leurs disques, tu sais exactement à quoi t'attendre. Nous aimons être plus éclectiques, essayer différentes choses. C'est quand on ajoute nos parties vocales que cela donne la touche Posies, peut-être, mais sous ces parties vocales, on aime varier les styles.

Ken, tu étais à Londres le jour des attentats dans le métro (le 7 juillet, Ndlr) ? Tu en as parlé sur ton site web. Tu y parles aussi de la politique de ton pays...
Oui, tu sais, je me sens concerné par l'état du monde en général. Je ne suis pas le seul d'ailleurs.

Tu tiens ton journal sur ton site web, et tu y écris beaucoup.
Oui, j'essaie.

Tu essaies aussi d'exprimer ce que tu penses à travers tes chansons ?
Oui, mes paroles sont influencées par des faits sociaux ou politiques, selon ta définition de ces deux termes. Nous sommes toujours en train d'observer ce qui se passe autour de nous, et ça se ressent de manière directe sur ce qu'on écrit. Surtout peut-être pour ce disque, où tout a été fait plutôt rapidement, dont les paroles des chansons ont été écrites très spontanément. De ce point de vue, ça a été très honnête, car on n'avait pas le temps de revenir en arrière et d'arrondir les angles. Les choses sont sorties de cette façon-là.

Pouvez-vous m'en dire plus sur le nouvel album de Big Star auquel vous avez participé ? Quand va-t-il sortir ?
Jon : Il devrait sortir vers le 27 septembre, mais je ne sais pas si c'est une date de sortie mondiale ou seulement pour les Etats-Unis. On l'a enregistré à peu près au même moment que l'album des Posies, et à peu près de la même façon. Ken et moi avons été impliqués dans le processus d'écriture des chansons avec Alex Chilton et Jody Stephens. L'album a été enregistré au studio Ardent, à Memphis, là où tous les autres albums de Big Star ont été enregistrés. C'est un album très intéressant, très différent des autres albums du groupe. Je ne sais pas ce que les gens vont en penser, et je suis curieux d'entendre des réactions à son propos. Ca valait le coup d'être fait en tout cas, c'était très agréable. J'ai été surpris que ça ait été autant une collaboration. Nous nous sommes sentis très impliqués, comme si nous étions vraiment membres du groupes, plutôt que simples exécutants.

Vous aviez déjà enregistré une chanson avec Alex Chilton ?
Oui, il y a longtemps, au moment de la tournée pour "Amazing Disgrace" je crois, en 1996... C'était déjà au studio Ardent.

THE POSIES


Qu'attendez-vous de ce nouveau disque des Posies ?
Ken : On veut aller aussi loin que les choses doivent aller. Nous voulons montrer que nous avons progressé, comment nous avons évolué. Nous voulons partager les bonnes intentions qui ont présidé à l'enregistrement de ce disque. Nous voulons rencontrer autant de personnes que possible, nous voulons visiter de nouveaux endroits, retourner dans des endroits que nous avons déjà visités mais dans lesquels nous n'avons pas passé assez de temps, comme l'Italie ou l'Allemagne, pour essayer d'y développer un public que nous n'avons pas su gagner auparavant. Je pense que nous sommes impatients de voir où cela va nous entraîner... Et voilà. C'est dur de comparer avec le passé, les chose ont changé, aussi bien le monde en général que le monde de la musique. Je pense que nous avons par contre conservé notre foi en ce qui nous faisons, et si c'était tout ce qui importe, alors nous serions le plus grand groupe du monde ! Nous sommes vraiment fiers de ce que nous avons fait avec ce disque.
Jon : Nous sommes très impatients que le disque sorte et que nous allions le défendre sur scène. Ce soir (19 juillet, Ndlr), c'est le premier concert de la tournée européenne et le premier concert d'une tournée de, disons, six mois de concerts, et il nous tarde d'avoir quelques concerts dans les jambes et de jouer en tant que groupe. Nous avons déjà fait pas mal de concerts depuis qu'on a recommencé à jouer ensemble, mais là, c'est la première fois que nous avons la chance de pouvoir faire une vraie tournée, avec des concerts qui s'enchaînent.
Ken : Je pense que d'ici deux semaines nous serons un très bon groupe, peut-être plus tôt. Je suis sûr que ce soir, ça va être super, mais nous avons besoin d'échauffements.

Combien de chansons avez-vous...
Jon : Seize ?
Ken : Pour ce soir ? Dix-huit...

Combien de chansons avez-vous à votre disposition pour toute la tournée ?
Darius : On connaît environ soixante chansons, on en a appris beaucoup.
Jon : Je crois que 54 est le nombre officiel.
Ken : La semaine dernière, quand j'étais à Seattle, on a répété pour ces premiers concerts, et en particulier pour celui de demain, qui a lieu dans le cadre d'un festival et sera donc une sorte de balance géante ! On sait ce qu'on va y jouer, et on pense qu'on va s'en tenir à ces chansons pour les premiers concerts, ensuite, on verra.

Propos recueillis par Guillaume.
Merci à l'attaché de presse de chez Naïve.

les derniers articles


»» tous les articles
»» toutes les chroniques de disque
»» tous les posts du blog
»» toutes les interviews