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TINARIWEN - Bordeaux, Le BT59, 7/10/2009

Pour être plus précis, le groupe des Touareg jouait au BT59, salle de Bègles (banlieue bordelaise). Le public a répondu présent à cette affiche qui réunissait donc Tinariwen et 17 Hippies, groupe allemand qui existe depuis un long moment. Il était prévu que les deux groupes bénéficient du même temps sur scène, et ça s'est vérifié.

Tinariwen

Avant de revenir sur Tinariwen, qui a joué en premier, je glisserai quelques mots rapides sur 17 Hippies, formation composée de 13 musiciens et qui brasse allègrement rythmes venus des Balkans et touches tziganes, mais leur musique ne m'a réellement touché que lorsque les rythmes effrénés laissaient place à une forme de mélancolie, avec le ralentissement que cela suppose : on sentait alors qu'il y a des histoires derrière tout ça, j'étais plus pris par l'ambiance et la subtilité qui s'en dégage. Si le concert avait plus été dans cette veine, nul doute que j'aurais été conquis. Mais fort heureusement, je l'avais été avant par Tinariwen...

Il y avait 6 membres sur scène lorsque le concert a commencé, dans une chaleur torride qui semblait d'ailleurs faire souffrir les membres du groupe, vêtus de façon traditionnelle. Mais loin d'être figée dans les coutumes et les racines Touareg, la musique de Tinariwen est un vrai ravissement, tant elle est riche, variée et forte émotionnellement. La barrière de la langue (chant en tamasheq) n'en est finalement pas une : aux paroles se substituent la mélodie des mots, et qu'importe si personne (ou presque) ne les comprend. On peut alors se rattacher aux émotions véhiculées : souffrance, mais aussi dignité, ferveur par instants, qui laisse place au recueillement. Musicalement, Tinariwen tire ses racines du blues, mais y incorpore des touches funk par instants, tout en maintenant en permanence l'électricité et la tension au premier plan. Mon collègue Julian a parfaitement décrit la musique du groupe, et des titres comme "Tenhert", "Lulla" ou "Imidiwan Afrik Tendam" sont aussi accessibles que profonds : ils prennent directement aux tripes, et l'on ressent le vécu de ces hommes. Pourtant, et c'est sans doute ce qui a expliqué la réaction très favorable du public, le groupe a un vrai sens du partage, de communion avec le public : le public est appelé à taper des mains, certains parmi celui-ci dansent (plus ou moins...) et au bout d'une heure de très haute volée, c'est sous un tonnerre d'applaudissements que les 8 musiciens se retirent, l'air heureux tout comme la centaine de spectateurs présents ce mercredi.

Mickaël Choisi


A lire également, sur Tinariwen :
la chronique de "Imidiwan : Companions" (2009)