Tindersticks - Falling Down A Mountain

03/02/2010, par Benoit Crevits | Albums |
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TINDERSTICKS - Falling Down A Mountain
(Beggars / Naïve) [site] - acheter ce disque

TINDERSTICKS - Falling Down A MountainOn n'aurait pas misé une piastre, pas une cacahuète sur un retour gagnant des Tindersticks, groupe ayant atteint les cimes pour beaucoup inaccessibles, et ce, dès la première expédition, avec la sortie en novembre 1993 d'un disque éponyme tourbeux, ouaté, classieux, qui imprégné de soul-music, chargé d'un héritage walshien-nickcaviste, avait ramené le cadre mélodique dans le chant de la comédie d'alcôve se terminant en drame à la Zola. Les autres albums furent, dans la plupart des cas, tout aussi flamboyants. "Falling Down a Mountain" est encore un grand disque. L'arrivée de nouveaux musiciens (Jo Fraser et Andy Nice aux instruments à cordes, Terry Edwards aux cuivres, ainsi que David Kitt à la guitare) donne un panel plus étendu, plus frais à l'ensemble. Ainsi, le premier titre qui est aussi celui de l'album, s'ouvre sur une ligne de basse entêtante sortant des brumes de Cimmérie. A la manière d'un début de répét', les voix s'échauffent, les instruments balbutient se répondant de façon policée. Tout y est retenu mais sous tension, prêt à s'étendre dans les limbes avant de retomber sur "Keep You Beautiful", hymne édénique, où la ferveur nous prend à nous imaginer danser avec notre moitié sous un tilleul une nuit d'été. Magnifique. L'autre point culminant de cet album est ce duo rêvé Stuart A. Staples et Mary Margaret O'Hara, artiste au talent fou mais qui depuis 1988 n'apparaît que sporadiquement en tant que contributrice à divers projets. Totalement dépouillé "Peanuts" semble être le point culminant d'un éloge de la simplicité, misant tout sur une sensibilité nue et naïve grâce à des voix uniques. Les compositions plus sobres, à l'unité plus marquée, fonctionnent tout autant, comme ce "She Rode Me Down", chevauchée fantastique aussi fringante qu'un veston Louis Vuitton. D'ailleurs, le groupe a dernièrement joué pendant un défilé de la marque. Toutefois, le disque perd un peu de sa superbe en fin de parcours, en raison d'instrumentaux qui auraient mérité l'appui nasillard de Stuart A. Staples, ainsi que par le fait de morceaux à la magie moins évidente. Pourtant, Dieu que la montagne est belle.

 

Benoit Crevits

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A lire également, sur Tindersticks :
la chronique de "The Hungry Saw" (2008)
la chronique de "Waiting for the moon" (2003)
la chronique de "Trouble Every Day" (2001)
la chronique de "Can Our Love ..." (2001)
la chronique de "Simple Pleasure" (1999)
la chronique de "Donkeys 92-97" (1998)

Falling Down a Mountain
Keep You Beautiful
Harmony Around My Table
Peanuts
She Rode Me Down
Hubbards Hills
Black Smoke
No Place So Alone
Factory Girls
Piano Music

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