Transmusicales de Rennes - Tunng, Buck 65, Serafina Steer, My Federation, French Cowboy, The Dø, Twisted Charm

25/12/2007, par Marie Gallic et | Festivals |
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TRANSMUSICALES DE RENNES - 8 décembre 2007 : , Kate Nash, Papier Tigre, The Whip, Dead Kids, Vedettes, Tiny Masters of Today, Fujiya & Miyagi, Calvin Harris, South Central, Prins Nitram.

Vendredi 8 décembre

Le vendredi, on reste encore sur notre faim. La très attendue Kate Nash, si elle remplit la Cité, ne convainc pas vraiment. Ses douces ritournelles et son phrasé particulier touchent mais ne font pas mouche. Accordons-lui un peu de temps pour se rôder à l'exercice scénique qu'elle maîtrise encore mal.

Comme on est plein de bonne volonté, on repart donc plein d'entrain au Parc Expo en commençant les hostilités avec les Nantais de Papier Tigre. Ce trio math rock expulse une énergie contagieuse, le chanteur déclame ses textes à tout va. Les Ligériens s'agitent beaucoup, expédient assez vite leurs morceaux mais ne s'épuisent pas. On pense naturellement à Fugazi, à Prohibition et on n'en rate pas une miette. Papier Tigre restera une des seules vraies bonnes prestations rock de ce week-end.

On continue avec les Anglais de The Whip, bonne surprise de la soirée. Leur rock dansant donne le sourire que les horripilants Dead Kids s'empresseront d'effacer.

Vedettes

La prestation des Vedettes ressemble plus à un spectacle qu'à un concert qui fonctionne plus ou moins bien. Présenté par un Monsieur Loyal tout droit sorti de Dikkeneck, les Vedettes arrivent sous l'orchestration de la Secte Humaine (les musiciens de French Cowboy). Sur des textes abscons de Katerine (qui, trop saoul, ne fera pas l'apparition surprise tant attendue), ces huit Belges alternent tenues de majorettes, tenues d'aérobic et robes de mariées mais n'arrivent pas à aller plus loin que le second degré. Cela devient vite insupportable, je file donc voir l'autre attraction de la soirée.

Car le petit événement annoncé du week-end restera le concert de Tiny Masters Of Today, trio hétéroclite porté par Ivan (13 ans), Ada (11 ans) et Russel Simmins, batteur du Blues Explosion. Le concert débute mal, visiblement impressionnés, les deux ont beaucoup de mal à se rendre audibles. Autant le dire tout de suite, ce n'est vraiment pas bon, mais les petits protégés de David Bowie enchaînent vite le brouillon "Kids", multiplient les reprises : tout d'abord le "Lucky Number One" des Moldy Peaches puis sont vraiment attendrissants sur le "Jump Around" de House Of Pain sur lequel Ada imite le sample de l'intro a capella. Alors on se met à les applaudir, amollis comme à un spectacle d'école, on commence à les trouver mignons puis soudain un éclair de lucidité et on se demande l'opportunité d'un tel concert aux Transmusicales.

Puis c'est au tour de Fujiya & Miyagi de reprendre le flambeau. Le trio de Brighton est accueilli à coup de "Fujiya Miyagi" (refrain entêtant de "Ankle Injuries", tube de l'excellent "Transparent Things") par une partie du public rennais. Les Anglais nous offrent une excellente prestation, mélangeant comme dans leurs albums, rap, electro, krautrock sur un tempo dancefloor minimaliste. Le rap chuchoté de David Best avec sa technique de raclage de r est tout simplement géniale. Fujiya & Myagi pratique une krautpop dancefloor sobre, efficace et tout en retenue. Quelle classe !

On ne peut pas en dire autant de leurs collègues écossais qui prennent la suite. Je ne sais pas si c'est le décalage de posture entre les deux groupes qui me vaut autant de dégoût ou la qualité intrinsèque des mélodies de Calvin Harris. Entouré de quatre musiciens qui jouent la bouche ouverte et égrènent leurs compositions simplistes comme s'ils soulevaient des haltères, Harris, encapuchonné, saute sur place à chaque montée de beat. Calvin Harris nous offre une pop dancefloor en essayant de surfer sur la vague Klaxons. Le public est massivement conquis, pour ma part je préfère aller voir les tout autant encapuchonnés de South Central.

Comme Fujiya & Myagi, ce quintet vient de Brighton. Dans une ambiance enfumée avec un son très fort, visages camouflés par des capuches, South Central offre un rock electro qui s'approche parfois des longues montées psychédéliques des concerts d'Animal Collective. Le mélange guitare/machines est toutefois bien plus efficace lors des parties seulement instrumentales que sur les parties chantées. Bonne surprise.

Dans le Hall 4, Prins Nitram nous accueille en pyjama/robe de chambre pour un set audacieux. Le Danois endosse le rôle de crooner lo-fi, multiplie les loops, change d'instruments, joue en guitare live sampling. Homme orchestre incroyable, il nous offrira en fin de concert un morceau basse/batterie/chant bluffant.

Etienne de Crécy

On est un poil déçu par la prestation d'Etienne de Crécy qui nous amusera plus par la mise en scène de son concert que sur son long live electronique qui ne restera pas dans les annales.

Les Norvégiens de Salvatore concluront ma soirée. Ce ne sont pas des petits nouveaux, mais les Scandinaves se font rares sur les scènes hexagonales. Ils nous offrent un set de rock instrumental, lorgnant vaguement vers le post rock et légèrement vers l'expérimental. Le set demeure statique mais on se laisse aisément happer par le rendu hypnotique des partitions de guitare saturées mêlées aux percussions rudimentaires, enjolivées de bidouillages électroniques.

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