Transmusicales de Rennes - Edition 2009 : Cercueil, The Whitest Boy Alive, VV Brown, Beast, Abraham Inc, Hook & The Twin, TV Glory, Gablé, Cass McCombs, Fm Belfast, The Phantom Band, Detroit Social Cl

14/12/2009, par | Festivals |
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Vendredi 4

On reprend tôt le lendemain au 4 bis avec les Angevins pas très mûrs de I'm Fresh You're Pretty, suivis des délicats Poor Boy et des décevants Nimh. Donc autant s'attarder sur les explosifs Lillois de TV Glory qui remportent la palme du meilleur concert de l'après midi. A l'instar de James Murphy, Tony Verloc et ses comparses fusionnent avec brio l'énergie du rock et de l'electro disco, sans oublier de garder un songwriting de qualité. Le crâneur "Haroc Avise" est agité et rentre-dedans comme il faut. Le public est séduit, ça tombe bien, ils sortaient leur EP juste aujourd'hui.

TV Glory

 

Un peu désolé de n'avoir pas pu voir le set de Gablé en entier l'an passé, c'est avec un sacré soulagement que je pus prendre le dernier ticket pour la Cité. Car le concert des Caennais fut tout de même une des attractions du week-end. J'avoue avoir mis quand même un peu de temps à me demander si ce set était génial ou une escroquerie. Gablé est composé de joyeux cancres qui misent autant sur la forme que sur le fond et je les soupçonne de parfois camoufler quelques faiblesses par de joyeuses grimaces... Mais ce concert était tellement frais et débraillé ! Au trio de base venaient s'ajouter ce soir devant nous une violoncelliste et un batteur accompagné par moment d'une chorale d'une quinzaine de personnes. Les morceaux sont toujours aussi courts et prennent des directions inattendues. Gablé c'est la Danielson Family hexagonale, tout n'est pas toujours très réussi (la chanson sur Motus...) mais cela respire la bonne humeur et l'inventivité. La scène française (si ça veut dire quelque chose) possède elle aussi de joyeux freaks.

 

D'ailleurs ce n'était pas très gentil de les programmer avant l'élégant mais classique Cass Mc Combs, déjà que ses albums ont du mal à percer. Et on se demande bien pourquoi d'ailleurs. Le groupe de Baltimore n'a pas grand-chose à envier à Daniel Martin Moore. Cass Mc Combs a semble-t-il un univers plus fifties que ses collègues de pop folk sombre. Ses musiciens l'accompagnent d'une manière plutôt discrète dans son folk dépouillé.

 

On démarre au Parc Expo avec les Islandais de FM Belfast qui nous prouvent que c'est pas compliqué de faire le show : 5 paires de collants, un ordinateur et hop. Apparemment sans beaucoup de scrupules, ils nous offrent leurs morceaux d'electropop via un Mac soutenu par un clavier. Mais affublés de manière ridiculement drôle (et pour ainsi illustrer une déconvenue qui a amené leur tube "Underwear"), FM Belfast chante en chœur et à répétitions en dansant comme dans une sorte d'euphorie contagieuse. Comme toute bande de Scandinaves qui fout gentiment la banane qui se respecte, FM Belfast comprend lui aussi deux Bez, un à bicorne et un enveloppé à rayures, tous les deux armés d'un simple agogô.
Chansons pas trop fouillées, reprise rigolote des Rage et refrains à siffloter sous la douche, très bon moment !

 

Suite à l'annulation de Lost Valentinos, c'est Slow Joe qui reprend encore du service. Son set de rythm & blues semble carré et correct mais je préfère m'évader pour le rock brut et acéré des Ecossais de The Phantom Band. Par sa voix et sa consommation d'alcool, le chanteur nous fait penser à Matt Berninger, mais les influences de The Phantom Band ne se limitent pas à The National. Alternant rock paisible et posé avec shoegazing, kraut rock et electro 80's, les Britanniques nous offrent un des meilleurs concerts de la soirée. Les titres passent du sombre au lumineux, le jeu de scène est humble et correct. Ces Ecossais ont la classe.

 

On retrouve les Detroit Social Club qui ne sont ni des concitoyens de Sufjan Stevens, ni de Manchester comme le pourrait laisser supposer leur musique mais bien de Newcastle. Débutant un peu à la manière de Primal Scream, le set des Anglais absorbe vite les spectateurs mais, par la suite, on tombe dans une sorte de rock pénible où la subtilité et la retenue sont douloureusement absentes. C'est un peu la copie inverse de The Phantom Band. On se rappelle néanmoins avec nostalgie, nos vieilles écoutes passées de ces nombreux groupes rock anglais, on se dit mais pourquoi on aimait ça et puis on se dit mais pourquoi on reste écouter ça.

Mais se joue dans le hall principal un des spectacles les plus importants et attendus du festival, celui de la messe noire des Suédois de Fever Ray. Se cachant derrières des costumes étranges et des écrans de fumée, on les devine à peine. Les seules images, entrecoupées de faisceaux lasers et de lumières clignotantes que l'on distingue, sont pour le moins inquiétantes : le grand couvre-chef du clavier, des totems. Sur "If I Had A Heart", les beats sont froids, les incantations tribales sont pour le moins inquiétantes. Ce mélange à la fois moderne et primitif donne un aspect post apocalyptique. Sur "When I Grow Up" la voix (entre Kate Bush et Björk) de Karin Dreijer Anderson (The Knife), chevauche des nappes de guitare hypnotiques. Spectacle vraiment fascinant qui plombe un peu le reste de la programmation... d'ailleurs on ne reste pas.

 

 

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