Tunng - Interview

13/10/2010, par Jean-Charles Dufeu | Interviews |
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TUNNG

On les a connus en duo, puis en bande, les revoilà en duo à nouveau pour les besoins d'une interview réalisée au moment de la sortie de leur dernier album en date "And Then We Saw Land..." A défaut de Sam Genders, qui ne fait plus partie de l'aventure Tunng, c'est donc à Becky Jacobs et Mike Lindsay que revient la mission d'explorer l'identité d'un groupe, "toujours différent, toujours le même". A en croire leur propre définition.

Tunng

Avant de démarrer les questions, pouvez-nous nous éclairer un peu sur l'historique de Tunng, car l'évolution du groupe n'est pas tout à fait linéaire, il me semble…
ébut, Tunng était juste un duo composé de Sam Genders et moi-même. On enregistrait un peu de musique ensemble, de façon un peu expérimentale. Finalement, ça a rapidement évolué vers un premier album, qu'on a dû alors défendre sur scène. C'est comme ça qu'on a rencontré Becky et les autres membres du groupe. Et puis, pour le second album, Sam a décidé de ne pas s'impliquer sur les concerts, que nous assurions à cinq, sans lui. Il est revenu pour le troisième album "Good Arrows", pour lequel il y a aussi eu une tournée. Et pour ce dernier album, Sam a décidé de faire autre chose. On a donc écrit ce nouvel album sans lui. En réalité, l'histoire de Tunng n'est pas si compliquée que ça. Mais il est vrai que c'est un peu surprenant que Sam, qui est à l'origine du groupe, ait décidé de ne pas participer aux concerts à un moment donné. Ça aurait très bien pu être la fin du groupe d'ailleurs, à ce stade. Mais on a voulu continuer, même sans lui, parce que Tunng était sans doute la meilleure choses qui nous soit arrivée et on voulait voir jusqu'où ça pouvait aller.

J'ai l'impression que l'énigme fait partie de l'identité du groupe, de son histoire, mais aussi d'une certaine posture esthétique, allant du nom du groupe au tracklist très laconique de "Bullets"…
Becky : Je pense qu'on est très directs en fait, je ne nous vois pas comme des gens très compliqués. Mais j'imagine qu'évoluer dans un groupe et créer ensemble, voyager, devenir proches les uns des autres biaise un peu ce point de vue. Pour moi, il n'y a pas spécialement de prédisposition au mystère dans l'attitude de Tunng.
Mike : Les gens ont souvent eu du mal à comprendre qui était dans le groupe et qui n'y était pas et ça a souvent été interprété de façons diverses, d'autant qu'on ne donnait pas énormément d'interviews au départ. Ça et le nom, évidemment, qui ne veut pas dire grand-chose, ça ouvrait la porte à pas mal d'interprétations. J'imagine que certaines de nos chansons sont un peu énigmatiques également, dans les paroles, même si elles ne traduisent pas forcément quelque chose de très personnel. Je ne sais pas… mais en tant que bande de mecs, nous ne sommes pas si mystérieux. (Rires) Ça n'a jamais été quelque chose qu'on a cherché à cultiver en tout cas. Il se trouve que les gens sont toujours enclins à ce genre d'interprétations. Il se trouve que personne ne sait épeler notre nom correctement, ce genre de choses. Personnellement, ça me plaît plutôt, mais ce n'est pas exactement quelque chose qu'on cherche à entretenir.

Justement, je voulais vous montrer ce CD promo, sur lequel le nom du groupe est écrit de deux façons différentes (Tunng sur la pochette, et Tungg sur la tranche)… Je me suis demandé si c'était intentionnel.
Mike : Ah non. On a remarqué ça au Danemark. On allait à un festival. Il y avait un type qu'on venait de rencontrer et qui était impliqué dans la promotion de l'album et ce genre de choses. Il venait de les recevoir, et il était super content à l'idée de nous montrer ces disques. Et évidemment la première chose qu'on a vu c'est ce… "Tungg". Bordel de m… Donc oui, même les gens qui travaillent avec nous ne savent pas comment s'écrit le nom du groupe. Mais c'était une simple erreur, rien de plus. A vrai dire, c'est plutôt marrant, ça donne un peu de cachet au disque. Peut-être qu'on va commencer à faire ça régulièrement maintenant.

Au sujet du titre de votre nouvel album "...And Then we Saw Land", que se passe-t-il avant ?
Becky : Avant qu'on voie la terre ? C'est un peu un clin d'œil à l'une des paroles du disque "When I see land", sur le premier titre "Hustle". Je pense que ça illustre aussi l'univers un peu aventureux du disque, qui explore différents thèmes. Mais comme souvent il n'y a pas de vraies raisons de fond qui ont fait de cette phrase-là le titre de l'album. C'était assez accidentel. Mais en un sens, c'est aussi une métaphore de l'enregistrement d'un album. C'est un énorme projet, mais quand en en voit le bout, quand on aperçoit la terre, c'est fini.

Mike : Oui. A l'origine, ça devait être un écho à une chanson intitulée "Adventurous Spirit", qui n'apparaît finalement pas sur le tracklisting. Mais on a décidé de garder ce titre parce que ça collait parfaitement à l'enregistrement de l'album, qui s'est révélé être beaucoup plus émulateur, beaucoup plus exigeant que ce à quoi on s'attendait. Plutôt dans le bon sens d'ailleurs. Il y a eu quelques difficultés à surmonter, liées au départ de Sam entre autres. Mais, pour répondre à la question, avant de voir la terre, je pense qu'on était en train d'enregistrer cet album en fait. (Rires)



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