| TURZI
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Quel
est votre rapport aux textes dans ce processus de composition
?
R
: le texte n'a jamais été une priorité
dans notre musique. On se sert de la voix comme d'un instrument
qui vient compléter la musique ou détourner
l'attention momentanément. Le texte est plus illustratif
que de l'ordre du discours.
Et
la prière universel "A notre Père"
?
R
: à la base, c'est une compo que j'ai fait tout seul
en deux heures. J'ai rajouté des voix et c'est sorti
comme ça. Après, on a essayé de la
refaire avec le groupe mais c'était moins bien car
le côté ritournelle avait disparu. Alors on
a gardé ma première version.
Quel
est l'apport du producteur Nick Stones sur votre disque
qui est souvent présenté comme un sorcier
du son ?
A : je le connais depuis longtemps car on a fait
des petits projets ensemble. C'est un type assez spécial,
très tyrannique. Nos rapports ont été
conflictuels mais c'est ce qui les a rendus intéressants.
R
: l'idée, c'était de ne pas s'enfermer dans
le son vintage. On voulait que l'album sonne de façon
contemporaine. La tâche de Nick était finalement
assez complexe.
Etes-vous d'accord avec le fait de dire que votre
album comporte plusieurs portes d'entrée : electro,
krautrock, voire métal ?
A
: en fait, le côté métal ne fait pas
partie de nos influences. Il arrive par la densité
du son et le mixage.
R
: c'est marrant que tu dises ça parce que les Américains
aussi voient ce côté métal de notre
musique. En France, on est plutôt catalogué
dans le registre indé ou electro... Ceci dit, les
morceaux les plus rock sont un peu construits avec beaucoup
de fuzz.
D'un point de vue marketing, votre label arrive
à vous promouvoir facilement ?
A : ben oui, et pour une bonne raison c'est qu'on
est plutôt seuls dans notre genre pour l'instant.
Il y a assez peu de gens qui se revendiquent de la même
scène que la nôtre. Quelque part on fait le
lien avec une tradition française qui va de Air à
Michel Colombier en passant par Gong, Catherine Ribeiro
& Alpes...
R : ... et même Jean-Michel Jarre.
A
: c'est aussi pour ça qu'on a monté notre
propre label (Pan European Recording, ndlr) pour promouvoir
des gens qui font la même chose que nous mais dont
personne ne parle.
Et
vous avez déjà des signatures ?
A : oui plusieurs et notamment Aqua Nebula Oscillator,
je ne sais pas si tu les connais ?
Non !
R
: c'est une bande de hippies d'environ trente-cinq ans de
moyenne d'âge qui vivent dans une cave avec un imaginaire
complètement à eux. Ils tournent un peu partout
en Europe et ils intéressent même les Américains.
Il faudrait organiser un mini-festival en France
pour faire connaître tous vos amis...
R
: c'est ce qui va arriver ici au Point Ephémère
le 5 de juillet.
Avec ce genre d'univers musical qui n'a rien à
voir avec le songwriting, vous pourriez tout à fait
vous diversifier dans d'autres domaines comme la pub, le
design sonore, la musique de film... Est-ce que vous y avez
déjà pensé ?
R
: ouais, c'est le but recherché aussi. Récemment,
on a joué devant le film Metropolis. On a aussi fait
des essais pour des pubs. On répond à des
appels d'offres via notre label. Pour l'instant, c'est plus
dans les intentions que vraiment concret.
Et
côté concerts ?
R
: on a déjà joué en Province et pas
mal de fois à Paris. Suite à la sortie du
disque, il y aura aussi une tournée aux Etats-Unis.
L'intégralité de l'album pourra être
écouté en exclusivité du 28 mai au
15 juin 2007 sur leur site.
Propos
recueillis par Luc Taramini
Photos de Julien Bourgeois [site]
Merci à Sophie Neveu.
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