Un coup d’œil sur l’édition 2015 du festival BBmix

26/11/2015, par | Festivals |
  • Facebook
  • Twitter
| permalien

Comme les fidèles lecteurs de POPnews le savent sans doute, le BBmix, qui a lieu chaque automne à Boulogne-Billancourt (du vendredi 27 au dimanche 29 novembre cette année), est un festival auquel nous sommes particulièrement attachés. Plusieurs raisons à cela : une atmosphère conviviale, des conditions d’écoute optimales, des tarifs démocratiques, et bien sûr une programmation de qualité, mêlant groupes culte et artistes moins connus, œuvrant généralement aux franges du rock, parfois franchement expérimentaux.

Affiche

Si, les années précédentes, nous avions demandé aux programmateurs de nous présenter les têtes d’affiches, nous avons cette fois-ci sollicité les artistes. Sylvain Chauveau nous parle ainsi de sa relation à Depeche Mode, dont il reprendra la répertoire de façon très personnelle vendredi. Les trois Niçoises de Thee Dead Clodettes rendent, elles, hommage à Jad Fair et à son mythique groupe Half Japanese, qui sera comme elles sur scène le samedi. Enfin, quelques liens vous permettront de retrouver des articles et interviews parus sur POPnews, en lien avec la programmation.

 

Vendredi 27 novembre

 

Chicaloyoh (France)

Last Ex (Canada)

Sylvain Chauveau & Ensemble Nocturne (France)

Chauveau

 Sylvain Chauveau nous parle de Depeche Mode :

« Je ne suis pas un fan de Depeche Mode et ne l’ai jamais été. J’ai à peu près cessé de prêter attention à leur musique après “Violator”, en 90. J’ai souvent trouvé leurs looks repoussants. Leurs prestations scéniques me semblaient un simulacre. Autre hérésie totale envers les fans : j’ai toujours préféré la voix céleste et le vibrato parfait de Martin Gore – le héros en retrait, l’auteur-compositeur discret qui délègue la gloire et les projecteurs – au timbre caverneux et brut de Dave Gahan. Durant mon adolescence dans une petite ville, dans les années 80, Depeche Mode c’était un peu la honte. Même pas de guitares ni de batterie, mais juste des machines qui font tout à leur place et des coiffures interdites sur des tronches pas gagnées. Et pourtant...

Et pourtant, le jour où j’ai pensé à faire un album entier de reprises de chansons pop, c’est leur répertoire qui s’est imposé à moi. La longévité du groupe, son nombre impressionnant de singles marquants, l’évidence mélodique, l’efficacité des arrangements, la noirceur romantique de ses morceaux : tous ces paramètres m’ont fait sentir que c’était là qu’il fallait piocher. Car en secret, certaines de leurs chansons avaient depuis longtemps fait vibrer une corde sensible chez moi.

Dans la brume adolescente de mes années 80, j’écoutais la nuit l’album “Black Celebration” sur mon fidèle Walkman à cassettes et je m’y perdais avec délectation. Avec “Music for the Masses”, il était difficile de résister à la succession de tubes sombres et martiaux, au superbe noir et blanc granuleux des clips d’Anton Corbijn. Et quand, pour les besoins d’un reportage télé, Gore et Gahan ont joué un “Strangelove” désarmant avec une simple guitare acoustique et une voix, j’ai su que leurs chansons avaient une puissance de songwriting innée et qu’elles ne tenaient pas qu’aux arrangements et aux rythmes électroniques.

Plus tard, “Enjoy The Silence” enfoncerait le clou. Que je le veuille ou non, ce répertoire fait partie de mes émotions musicales pour toujours. Il justifiait de passer huit années à fomenter un disque de reprises de ce groupe en musique de chambre. Et d’y revenir dix ans après sa sortie pour une sortie de l’album en vinyle et un concert à Boulogne-Billancourt. Je ne suis pas un fan de Depeche Mode, et pourtant je n’oublierai jamais l’évidence noire des mélodies de Martin Gore. »

 

A lire également, la chronique de l’album “Down to the Bone”.

 

Samedi 28 novembre

 

Sofia Bolt (France)

Thee Dead Clodettes (France)

Nots (USA)

Moss Lime (Canada)

Half Japanese (USA)

 Dead Clodettes

Thee Dead Clodettes sur Half Japanese :

Un moment de grâce

En 1974, à Austin, Texas, dans ce qu’on imagine être une chambre d’adolescents, un garage ou peut-être un living­-room, les deux frères Jad et David Fair débutent, dans la maison familiale, un groupe de musique rock. Environ 30 albums plus tard, l’histoire de famille qui n’est pas sans rappeler celle des Shaggs et qui aurait simplement pu en rester au fantasme naif d’un après-­midi enthousiaste, a (excusez du peu) influencé de nombreux artistes. Parmi ceux-ci, on ne cite plus Kurt Cobain qui les invitera sur les premières parties de la tournée I​n Utero,​ en 1993, et qui comme on le sait portait un tee­-shirt de Half Japanese au moment de sa mort. Sonic Youth fera partie des conquis, comme Yo la Tengo, Neutral Milk Hotel, Teenage Fanclub, Pavement et bien d’autres. Peu importe, la liste est longue et ne cesse de s’allonger.

Chansons de monstres et chansons d’amour

Il y a les monstres, ceux des films de zombies, d’horreur, de science-fiction des années 70 regardés en famille le week-end depuis le canapé du salon. Et il y a l’amour, le pur, le beau, le vrai. « M​e and you, and you and me, we are like peaches in an apple tree » (Stuck on you, 2015), point de vue qu’ils partagent d’ailleurs avec R. Steevie Moore ou Daniel Johnston, ami avec qui ils ont également collaboré sur album comme sur scène. « L​a seule corde que je connaisse est celle qui relie la guitare à l’ampli, je n’accorde pas ma guitare et je répète très rarement »​, Jad Fair donne le ton. A l’époque qualifiée de non­conventionnelle et c’est peu dire, la musique de Half Japanese est totalement spontanée, autodidacte. Lorsqu’ils lancent le projet, David et Jad n’ont jamais joué d’aucun instrument. HJ a donc la fraîcheur candide et l’enthousiasme de l’amateur, mais également l’audace de l’avant-garde, autant dire que le mélange est subtil et délicieux.

Half Japanese

Merci

Alors, on remercie les deux frères Fair d’avoir eu cette brillante idée un jour de faire du rock’n’roll, et surtout de l’avoir menée jusque-là. D’avoir rendu plus de choses possibles en ouvrant la voie, et de nous avoir offert 1​ 000 000 000 kisses,​​ I have a secret, ​C​alling all girls,​ Identical Twins​... et bien d’autres morceaux admirables. On ne se lasse pas du fabuleux Live in Hell​ de 1985, où le groupe joue dans une grotte en feu, et de la façon de danser de David Fair – attention fulgurance –,­ entouré de squelettes et autres créatures. Pour notre plus grand bonheur, ils continuent de se produire merveilleusement accompagnés de Jason Willett, Gilles Rider, John Sluggett et Mick Hobbs, et on trépigne d’impatience de les voir sur scène prochainement au festival BBmix, pour une soirée qui s’annonce palpitante. Grâce à tout ça notre vie est mieux, alors on dit merci !

 

A lire également, une interview de Jad Fair.

 

Dimanche 29 novembre

 

Tomaga (UK)

Disappears (USA)

Wire (UK)

 Wire

A lire, une interview et un compte rendu de concert de Wire. Vous pouvez retrouver ici l'ensemble des articles et news sur le groupe.

les derniers articles


»» tous les articles
»» toutes les chroniques de disque
»» tous les posts du blog
»» toutes les interviews