Venetian Snares - Rossz Csillag Alatt Született

29/04/2005, par Gabriel Marian | Albums |
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VENETIAN SNARES - Rossz Csillag Alatt Született
(Planet Mu / La Baleine)

VENETIAN SNARES - Rossz Csillag Alatt SzületettOn a retrouvé l'enfant naturel d'Aphex Twin et de Sofia Gubaidulina ! Pour une fois, le père était plus facile à identifier, alors que la mère est à chercher parmi les compositeurs du rayon "musique contemporaine" chez tout bon disquaire. Aaron Funk (de son vrai nom) rejoint aujourd'hui de façon inattendue toute une tradition musicale qui part sans doute de Stravinsky, traverse le sérialisme dodécaphonique et aboutit à cette "compositrice" d'origine russe (géorgienne ?). Depuis son début en 1999, on reconnaît et on range les disques assez inclassables de Venetian Snares à l'aide de constantes : le choix des rythmes jungle et la fidélité à l'univers electronica. Lui affirme que le nouvel album est conçu pendant un voyage à Budapest, où la rencontre avec l'esprit et des musiques d'Europe de l'Est semble avoir déclenché des synergies insoupçonnées. Présenté ainsi, on craint les collages de violons hongrois et les chanteuses à la Deep Forest - "Bohème". Après écoute, on soupçonne plutôt qu'il a subi là-bas tout un cours de rattrapage sur la musique symphonique du XXe siècle. Ce qui est sûr, c'est qu'il a entrepris une véritable recherche, qu'il s'est offert un petit orchestre et qu'il a aussi appris à jouer lui-même du violon et de la trompette. Et le résultat dépasse toutes les attentes. Ce n'est sûrement plus de la "jungle", et même pas de l'électro : j'ose dire que c'est tout simplement l'une des meilleures surprises du printemps 2005, tous rayons confondus. Pourtant, c'est loin d'être un disque facile d'accès. Peu de chances qu'on le retrouve jamais dans une pub télé. Même avant, sa musique n'était pas vraiment confortable, mais là, on ne peut plus l'écouter en faisant autre chose, il sollicite et accapare toute l'attention. Les rythmes synthétiques, plus discrets, se fondent parfaitement dans un dialogue avec les instruments classiques, parfois même ils disparaissent ou il n'en reste qu'un squelette abstrait. Jamais superflus, jamais là par hasard : cette maîtrise des moyens et de leur nécessité, c'est le savoir-faire d'un vrai compositeur. Dans la trame de l'orchestre, il enchâsse ici une voix jazz rétro dasn le style années 30 (piste 2, dans une ambiance très Portishead) là des récitatifs poétiques, mais pas de chanteuse hongroise, sauf peut-être une voix d'opéra. Même s'il ne connaissait pas Bartòk avant, c'est sûr que les hongrois le lui ont fait écouter, et on croit reconnaître son esprit sur plusieurs morceaux, dont le sixième. En fin de compte, on n'y retrouve pas vraiment d'atmosphère hongroise, à part les titres des morceaux et certaines mélodies d'une douceur trompeuse dans des montures d'une sévérité inattendue. EN revanche, ce jeu sur les analogies entre déconstruction électro et déstructuration orchestrale fait comme un écho, à rebours, aux recherches d'un Pierre Henry conquis par les sonorités électro-acoustiques après des études au Conservatoire. Après un pareil disque, Aaron Funk mérite bien de se retrouver en si prestigieuse compagnie.

Gabriel Marian

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