Villette Sonique - Interview d'Etienne Blanchot

20/05/2009, par Luc Taramini | Interviews |
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VILLETTE SONIQUE

Quelle est la ligne directrice de la programmation 2009 et pourquoi ?
Ces dernières années, on a vu apparaître un grand nombre de groupes centrés autour du batteur (ou de l'aspect percussif). On avait envie de se faire écho de cette génération de groupes en en réunissant quelques-uns parmi les plus excitants (Deerhoof, Lightning Bolt, Monotonix, Liars, Tussle, Nisennenmondai). On a par ailleurs cette année après moult tentatives, réussi à convaincre, les New-Yorkais Liquid Liquid, de revenir à Paris. Ce groupe a été si révolutionnaire dans son approche rythmique qu'il justifie à lui seul le sous-titre. On entend aussi, bien sûr, la notion de tambour dans sa connotation intemporelle, universelle, festive et propagatrice.

Etienne Blanchot (Villette Sonique), par Julien Bourgeois

Le fait de moins fonctionner avec l'actu, est-ce un vrai gain de liberté supplémentaire ?
Sans doute, mais c'est aussi à chaque fois une prise de risque. Difficile d'évaluer en amont le potentiel public d'un groupe culte certes mais qui n'a jamais joué en France. Ça demande également à chaque fois un important travail de promo pour remettre au centre de toutes les attentions (médias et publics) ce type de groupe.

Menez-vous des actions particulières avec les artistes en dehors des concerts : résidences, créations, actions culturelles... ?
On fait depuis l'année dernière des ateliers pour enfants. Cette année, les Scratch Massive et David Fenech initieront entre autres les enfants à la notion de sampling.

Avec la crise actuelle et l'exigence de votre programmation, ressentez-vous la pression du "résultat" ?
La Villette, qui produit intégralement l'évènement, est un établissement public (directement lié à l'état donc). Cela donne les moyens d'offrir une programmation de plein air généreuse et nous permet de rester dans une tarification très raisonnable pour ce qui est des concerts payants maintenant... À la différence du plein air, les concerts payants obéissent à des objectifs d'équilibre classique, on doit se donner les moyens de vendre beaucoup de billets pour les rendre possibles. Ce sont pour la plupart de véritables paris.

De quels festivals vous sentez-vous proche (en France et à l'étranger) ? Qu'est-ce qu'on trouve à la Villette Sonique et nulle part ailleurs ?
ATP encore aujourd'hui en Angleterre et le trop vite décédé Aquaplaning en France font partie pour nous des vraies réussites en la matière, en proposant un dépaysement total tant au niveau de la programmation (exigeante et éclectique) qu'au niveau du décor (le Village de Vacances d'ATP, la Côte d'Azur désuète et hors saison d'Aquaplaning).

Pour terminer, quel est ton meilleur souvenir / anecdote notable qui décrit l'esprit "La Villette Sonique" ?
Parmi beaucoup d'autres, la soirée hip-hop de l'année dernière, confrontant le son grime anglais de Dizzee Rascal au duo électro hip-hop américain parrainé par Pharrell Williams, les Clipse. Le concert en plein air de P-funk métal des Chrome Hoof, la classe de Shellac. Plus en arrière, en 2007, le final atomique des Japonais fans de Devo, Polysicks et la soirée en 5.1 (diffusion en quadriphonie) à la Géode avec Jamie Lidell, Pentile et Bernard Parmegiani.

Propos recueillis par Luc Taramini
Photos de Julien Bourgeois
Merci à Adrien Durand

 

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