Welcome Wagon - Welcome to the Welcome Wagon

12/12/2008, par David Larre | Albums |
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WELCOME WAGON - Welcome to the Welcome Wagon
(Asthmatic Kitty / Differ-Ant)

WELCOME TO THE WELCOME WAGON - S/tPour sûr, une fois encore, le cadeau de Noël de Sufjan Stevens aura un air de minuit chrétien. Après le coffret de Christmas Carols de 2006 qui prend peut-être déjà la poussière sur votre étagère, vous allez recevoir cette année la visite d'un révérend presbytérien et de sa femme venus chanter la gloire de Dieu, tout ça grâce à notre ami américain qui a produit leur disque et les a signés sur son label. De loin, cela ressemble à une farce que les fans de Stevens, mi-inquiets mi-amusés, pourraient goûter avec modération. On ne peut pas dire que le rock chrétien en général, la période de converti de Dylan en particulier, aient foncièrement amélioré la qualité de la musique populaire américaine. Mais voilà, au pays d'Oncle Obama, les lyrics du musicien ordinaire sont pénétrés d'évangile et les chrétiens ont fatalement écouté beaucoup de musique folk-rock, et certains très attentivement.
Alors, qu'on croie ou non au rêve américain, une chose est sûre, ce disque a des allures de petit miracle. Miracle de fraîcheur et de goût musical tout d'abord : les psaumes, les airs traditionnels ou charismatiques (Lenny Smith) présentés ici sont revisités dans des arrangements gospel-folk très orchestrés qui portent la patte du producteur : enrobage aéré de piano, cordes, cuivres, chœurs montés en (boules de) neige, suspensions gracieuses, tout y est plaisant. Pour ne rien gâter, ledit révérend, Vito Aiuto, et sa femme Monique, ont des timbres délicats qui se marient bien et cherchent moins l'ostentation, ou l'inflammation gospel prosélyte, qu'une justesse exquise, justesse de la ferveur à n'en pas douter, justesse de l'intention musicale toujours. Le traditionnel "He Never Said a Mumblin' Word" prend ainsi de doux accents americana (banjo, guitare slide, violon) le temps des couplets presque susurrés par Vito, avant que le chœur ne retentisse en écho du refrain. Enfin, pour mettre la touche finale à l'improbable réussite du projet, Vito, sa femme et leurs potes s'offrent le luxe de reprendre deux morceaux de groupes cultes, pas forcément les plus attendus dans ce répertoire : certes le "Jesus" du Velvet Underground ne dépare pas dans l'ensemble, mais il est exécuté avec bonheur. Plus surprenant encore est la reprise de "Half a Person" des Smiths : entre la fragilité des accords, des voix (le timbre de Monique rappelle ici celui d'Isobel Campbell) et la vigueur gospel du chœur, l'exercice d'équilibre tient parfaitement ses promesses, à l'image de tout ce disque précieux, déboulant comme une joyeuse surprise de fin d'année.

David Larre

Up on a Mountain
Sold ! To the Nice Rich Man
Unless the Lord the House Shall Build
He Never Said a Mumblin' Word
Hail to the Lord's Anointed
But For You Who Fear My Name
You Made My Day
Half a Person
Jesus
I Am a Stranger
Deep Were His Wounds, And Red


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