Weli Noël - s/t

30/04/2009, par Julian Flacelière | Single |
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WELI NOËL - S/t
(Autoproduit)

WELI NOËL - S/tWeli Noël est un drôle d'oiseau de vingt-huit ans ayant roulé sa bosse de la Guyane à l'Amazonie, et ayant de nouveau atteri, après moult aventures, en région parisienne, et publiant aujourd'hui son premier disque, un EP autoproduit aux mérites insoupçonnées.

L'EP commence par plomber l'ambiance avec une chanson qui semble avoir été écrite pour déprécier plus sûrement encore nos tristes matinées dominicales. La voix de Weli Noël est moins cafardeuse que, semble-t-il, blasée par l'atmosphère délétère se dégageant de ses observations. Porté par un beat électronique groovy, la magie de la seconde chanson est de devenir de plus en plus fluide et légère à mesure qu'elle s'étoffe en instrumentation.
"L'antihéros" est magnifique et le doit certainement beaucoup à son dépouillement. L'univers de Weli Noël rappelle alors celui développé par Patrick Dewaere dans ses quelques titres disponibles. On rencontre le même timbre tendre et sensible, un humour musical exprimé avec subtilité ("Tu peux remballer ton arsenal/L'anti passe entre les flammes") et cette faculté de traiter sa propre condition de loser magnifique avec ironie : "Ah ! regardez comme il est beau l'antihéros..." S'amuser de se trouver petit est le meilleur moyen de devenir grand, selon mon grand-père. Le quatrième titre se déploie avec bonheur à l'aune de claviers minimalistes probablement inspirés par le formidable "Solo Piano" de Philip Glass, l'occasion de confirmer ce que les précédentes compositions laissaient présager : Weli Noël est un as de la programmation et un mélodiste prometteur.

"Big Blackout", juxtaposition de boucles bourdonnantes à la Portishead, d'instrument traditionnel, en l'occurence le kamalengoni, et de guitare électrique, clôt l'EP avec panache et inventivité.

Si un premier contact distrait est susceptible de laisser quelque peu perplexe, tant il n'existe presque rien de comparable dans l'hexagone, la fraîcheur de la découverte, la liberté de ton et la qualité musicale de cet EP sont suffisantes pour qu'on l'approuve sans mesure. Les salles parisiennes seraient bien inspirées en programmant ce jeune homme, dont le talent ne souffre aucun doute. Ceux pensant qu'il n'existe pas de place, dans notre République, pour de tels musiciens feraient mieux, ma foi, de se couper de suite une oreille et de la jeter aux chiens.

Julian Flacelière

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