> edito
accueil
> recherche
> deerhunter
microcastle
> adam green
interview
> the artyfacts
maybe everything...
> larkin grimm
parplar
> neil halstead
oh! mighty engine
> klima
interview
> broken...
something for all of us
> melodium
my mind is falling to...
> hobotalk
alone again or
> dark captain...
miracle kicker
> the organ
interview de katie...
> oldman
two heads bis bis
> fire zuave
sand fastened
> tha pumpsta
bass black treble white
> newsletter
> POPdépêches
les news fraîches
> POParchives
les autres articles
> POPinterviews
les interviews
> POPmusic
sélection de mp3
> POPvideo
les émissions
> POPshop
compilation et +
> POPoldies
les "vieilleries"
> POPscene
sélection de concerts
> POPlinks
les liens
> POPforum
discutaillons
> POPblog
blog
> POPredaction
contact & play-list
> fils RSS







> pub
maison de disque, labels, distributeurs: profitez de la publicité que peut vous apporter popnews. infos
rejoignez-nous :
myspace
last.fm
twitter
facebook
|
|
WILFRIED*
Avec son deuxième
album "D'Ailleurs",
Wilfried* nous offre un des disques de pop française
les plus inventifs et les plus jouissifs de ces dernières
années, un album-concept traversé d'un étrange
miroir dans lequel l'auditeur est invité à
venir contempler sa propre folie. Raffiné, élégant,
léger, drôle, intelligent : sur disque, tout
comme en interview, Wilfried* est plus que tout cela à
la fois.

Ton album est construit
autour du dédoublement et de la mise en abyme. En
tant que critique et musicien, as-tu l'impression de vivre
une double vie ?
Je trouverais très
triste de n'avoir qu'une "seule" vie. Je crois
que tout le monde vit une double, ou triple, ou quadruple
vie : le monde de l'emploi (la flexibilité)
nous oblige à multiplier les activités, les
fonctions, les postes, les identités ; on a de multiples
"avatars" sur internet ; sans parler de notre
"fou intérieur" qui demande de plus en
plus à s'exprimer, à mesure que la violence
politique et sociale agit sur notre psychologie. Après,
je manie la schizophrénie sociale avec imprudence,
en étant juge (critique rock) et partie (musicien),
mais je pense qu'il faut laisser " venir l'imprudence",
et le vent du soir décider. Dire oui à tout,
et le temps triera. J'aime l'adrénaline d'une vie
psychologiquement dangereuse.
À l'écoute
de ces chansons, j'ai l'impression que tu utilises le "je"
comme si tu étais spectateur de toi-même, ce
qui installe une ironie, une distanciation qui me fait penser
à "Ma rencontre" de Burgalat ("Si
je me rencontrais au coin de la rue, je me dirais : Bonjour
Bertrand"). C'est une influence, pour toi ?
J'assume
cet album comme un projet narcissique, une œuvre solipsiste.
Je ne suis pas sûr que le monde qui m'entoure
et les autres gens ne soient pas le produit de mon imagination.
Donc, j'applique les enseignements platoniciens ("Connais-toi
toi-même"), gnostiques ("Qui ne s'est
pas connu n'a rien connu, mais celui qui s'est
connu lui-même a déjà acquis la connaissance
de la profondeur du tout", dans le " Livre de
Thomas") ou de Henri Michaux ("Tu n'es pas encore
assez intime avec toi-même, malheureux, pour avoir
à communiquer"). Burgalat ("Ma rencontre"),
ou Katerine ("Moi-même"), sont moins des
influences (j'ai passé l'âge d'avoir
des influences) que des artistes qui explorent eux aussi
leur psyché scindée (et le "je"
peut être multiple, comme prononcé à
chaque fois par un nouveau personnage : c'est ainsi
que j'entends les "je" de "Robots après
tout" : les différentes interventions des membres
d'une secte post-apocalyptique, par exemple). Enfin,
la distanciation fait partie du concept de l'album
: observer son reflet, dans un décalage ou une diagonale,
puis faire coïncider son apparence avec son soi véritable,
ou quelque chose comme ça.
Ce concept est né à quel moment de
l'écriture de l'album ?
Le concept d'album-miroir
est une vieille idée (née dans les années
90 pour moi). "L'éducation anglaise" de
Katerine est un album qui obéit, semble-t-il, à
la même structure (deux fois 7 titres chantés
par les filles, séparés par un instrumental
central qui serait le moment d'apparition de l'auteur, reprise
et ouverture pour le 16ème titre). Je suis aussi
fasciné par la notion de perspective (le point de
fuite comme centre de la subjectivité) et Lewis Carroll
est mon maître ès réflexivité.
L'album a été organisé a posteriori
en fonction de ce concept (j'ai ressorti des vieux titres
pour l'occasion, pour travailler sur un "avant"
et un "après" de mon histoire personnelle).
Ce concept semble
particulièrement étudié et calculé.
T'a-t-il échappé à un moment de sa
conception, ou l'as-tu maîtrisé d'un bout à
l'autre ?
Les concept-albums
ne sont forcément que des "propositions"
de concepts. Même "Sergeant Pepper's Lonely Hearts
Club Band" est un concept-album larvé, avorté.
Le concept vient après l'écriture des morceaux
pour ne pas perdre la spontanéité de leur
composition. D'où l'avantage d'avoir un répertoire
étendu dan lequel puiser pour adapter les chansons
au concept. Après, les gens vont chercher eux-mêmes
leurs interprétations en fonction du concept proposé.
Et toutes leurs interprétations seront justes, comme
disait John Lennon.

As-tu le sentiment
d'être allé jusqu'au bout, ou est-ce que, avec
du recul, tu te dis que tu aurais pu aller encore plus loin
?
Ce qui est
fait est fait. Et donc tel que ça devait être.
C'est parfait ainsi.
[suite]
|