WYSIWYG - Four Cuts EP

24/07/2009, par Julian Flacelière | Single |
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WYSIWYG - Four Cuts EP
(Autoproduit) [site]

WYSIWYG - Four Cuts EPSur le papier, "Four Cuts" a tout du projet casse-gueule et prétentieux. "WYSIWYG cherche à recréer un univers qui dépasse le strict cadre musical" annonce solennellement le dossier de presse, ajoutant sans rire que "la particularité de ce monde est que le tangible et l'imaginaire s'y entremêlent totalement". Note d'intention on ne peut plus vague, qui pourrait s'appliquer à n'importe quel produit culturel, comme on appelle maintenant un disque à l'Assemblée Nationale. Passé la logorrhée d'usage, "Four Cuts" est un EP composé de quatre titres extraits d'un futur album, "Pixelated Dream". Basé sur une histoire de Romain Dowska, le texte est récité d'une voix monocorde par Olivier Legrand, narrant les affres d'un personnage appelé Matt, "jeune homme lassé par la monotonie du quotidien et qui doit faire face à la réapparition de souvenirs douloureux". Thème ancestral... S'il est trop tôt pour juger de l'intérêt de l'histoire, la musique donne à priori une assez limpide indication sur la suite à venir : sentiment de solitude amère, ambiance apocalyptique, climats confus et torturés.

J'imagine Matt se frayer un chemin parmi les décombres d'immeubles terrassés, de tronçons d'autoroute délabrés, de nuages atomiques, de ruelles étroites empuanties par l'odeur de chiens errants, écoutant distraitement le discours de vagabonds nihilistes. J'entre immédiatement dans l'atmosphère chaotique de "Wake Up", avec un mélange de boucles, de traitements sonores en tout genre et de claviers glacés à la Unkle période "Psyence Fiction". L'écoute du développement hypnotique de "Lost in Time" me rappelle inévitablement à certains morceaux de DJ Shadow ou de Tricky, notamment lorsque la chanson s'accélère et lorgne astucieusement vers des sonorités jazzy. On franchit un bon palier avec la virevoltante "Drifting" et son ouverture très réussie aux violoncelles.

Globalement, la narration, claire, accompagne à merveille les digressions sonores du groupe parisien. Les intonations, nerf de la guerre poétique, sont on ne peut plus dynamiques. Contrairement à mes craintes, je ne me suis pas ennuyé une seule seconde. La maîtrise est presque totale. Parfait pour soutenir la lecture d'un bon vieux roman de Philip K. Dick.

Julian Flacelière

 

Wake Up
Lost in Time
Drifting
After All


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