Xavier Plumas à la Flèche d'Or

22/01/2009, par Catherine Guesde | Concerts |
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L'autre soir, malgré le froid, le vent, et une incessante envie d'hiberner, je suis sortie de chez moi pour aller jusqu'au fin fond du XXè. L'objet du voyage : voir Xavier Plumas, le loup des steppes, chanter de sa voix envoûtante son premier album solo. Le premier groupe était constitué de deux français et donnait envie de faire demi-tour. Des anecdotes chantées sur un ton provocateur, la manie de monter systématiquement la voix en fin de phrase, un accompagnement monotone... Le premier groupe s'appelait Vérone et donnait envie de faire de mauvais jeux de mots. Quelques bières plus tard, la belle Madjo et son équipe de choristes-bruitistes nous fait regagner le sourire. Chants entraînants, entre folk et jazz, bonne humeur communicative ; la salle est convaincue, et moi je me dis que je ne vais finalement pas rentrer dormir. Elle a une voix qui rappelle celle de Rosemary Standley (Moriarty), des grelots aux chevilles pour scander le rythme ; ils sont cinq sur scène et n'ont qu'une guitare, mais ils emplissent l'espace de leurs voix et de leur enjouement. Et puis, après cette petite montée de gaieté, Xavier Plumas se pointe. Deux bougies, deux hommes assis sur scène ; ça commence par une simple mélodie des deux guitares. On est moins nombreux, la moitié de la salle est partie, et nous voilà assis en tailleur autour de la scène, comme des enfants qui attendent qu'on leur raconte des histoires. Et des histoires, Plumas sait en raconter. Des histoires d'amour qui finissent mal, des histoires de désir ("Ne demanderai rien") et de fascination ("I call your name"). Il chante de sa voix envoûtante, sensuelle au possible ; deux guitares, l'une acoustique et l'autre électrique, sous le contrôle de Thierry Plouze, accompagnent ces chants doux-amers. Nous voilà bercés, suspendus à ses lèvres ; et avant qu'on n'ait eu le temps de s'en rendre compte, le concert prend fin comme il avait commencé, tout en douceur. On rallume les bougies qui avaient laissé la place aux projecteurs ; après les bougies, l'obscurité ; ça y est, la session de comptines au coin du feu est terminée. Il va falloir retourner dans le froid, mais ces quelques chansons valaient le voyage.

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