Yellow 6 - Melt Inside

14/02/2006, par Frédéric Antona | Albums |
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YELLOW 6 - Melt Inside
(Make Mine Music) [site]

YELLOW 6 - Melt Inside Ahhh, un guitariste qui joue sur une Gretsch White Falcon ne peut être foncièrement mauvais. Cela ou une Danelectro baritone, voilà un homme de goût. Yellow 6, sur le papier du moins, est un duo qui part bien, entre textes "lost in the world without pity" (bien que parfois un peu simplistes) et ambiances ethérées et floydiennes, voilà un groupe qui avait toutes les raisons de m'emballer. Surtout en cette fin janvier, le froid et la mélancolie nous guettant tous, j'aurais pu faire de ce "Melt Inside" mon disque du soir...Sauf que...
Voici neuf titres évoquant les plaines désolées, un accord fantomatique égrené toutes les deux mesures, en suspension et dissonances. La part belle est faite aux résonances, réverbérations et échos d'un monde qui tombe. Des rythmes primaux appuient des constructions en abîme. Toutefois, le manque de diversité mélodique nuit à l'ensemble et donne une impression d'édifice musical assez indigeste. Les développements mélodiques sur plusieurs minutes constituent une bonne démarche en tant que telle, mais l'ennui peut vite apparaître si le morceau n'est pas doté d'une structure globale assez développée. Vous me direz, le Velvet Underground, sur "Heroin", arrivait à vous faire frémir pendant sept minutes sur deux accords. Sauf qu'il avait cette explosion de dissonances au milieu avec le violon furieux et épileptique de John Cale. Ici, tout reste relativement sage et contrôlé, et bien que l'ambiance générale soit intéressante et intrigante, on tourne vite en rond. C'est carrément écoutable, mais franchement pas inoubliable.
Certaines influences sont décelables, comme Mazzy Star, les Cowboy Junkies ou le Pink Floyd (sur "Pacific Rough", notamment, et son ambiance rappelant clairement "Set the Control for the Heart of the Sun" ), la voix d'Ally Todd évoquant pour sa part celle de PJ Harvey. Le disque passe et repasse, encore et encore, sur la platine, pour que j'y trouve un angle d'attaque positif, un prisme qui me ferait le voir autrement, mais il lui manque deux éléments essentiels : la surprise et le danger. Les deux piliers cruciaux d'un disque réussi. Et bien que le groupe parvienne parfois à soulever la curiosité, voire l'enthousiasme (l'excellent "Ten", qui clôture l'album), l'identité propre du groupe doit encore s'affirmer et les morceaux s'étoffer pour faire vivre les obsessions du duo.

Frédéric Antona

Pacific Rough
Between Two
Solone
Never Stay Too Long
As Seen From Above
STHLM
Long Saturday
On Returning
Ten


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