Yuksek - Interview

23/11/2011, par | Interviews |
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Après un concert qui n'a pas tout à fait tenu les promesses nées de l'excellent "Living on the Edge of Time", rencontre avec Yuksek dans les coulisses du Rocher de Palmer, la salle labyrinthique de l'agglomération bordelaise. C'est un Pierre-Alexandre Busson affable et dissert qui me rejoint dans une loge.

Yuksek

Alors, content du concert ?
Cool, ouais c'était cool. On fait une tournée de salles en province en ce moment, on aurait volontiers fait une date un samedi, mais on a beaucoup joué à l'étranger, et il faut bien trouver des dates. On n'allait pas faire 3000 personnes un mardi, mais c'était bien.

D'ailleurs, à propos de l'international, vous avez fait des dates en Chine non ?
Oui, mais ça faisait partie des dates que l'on a faites avant l'été, pour répéter. On a fait Shanghai, Macao.

Et là, le fonctionnement du groupe sur scène, il vous convient ?
Ouais ouais, carrément.

Ca a été un long travail de trouver une formule qui marche bien, tous les trois ?
Honnêtement, je ne trouve pas, ça a été plutôt rapide. Le truc, c'est que cet été, je n'ai pas voulu faire les festivals car c'était prendre des engagements assez tôt sans avoir l'assurance d'être parfaitement prêt, donc on avait juste pris des dates en juin, histoire d'essayer le truc, avec possibilité d'annulation si ça n'avait pas marché. Mais ça a fonctionné, du coup, on a eu un petit regret sur les festivals, mais bon, on les fera l'an prochain.

Du coup, moi, je t'avais vu à Garorock et aux Eurockéennes en 2009, et là, tu es désormais plus en avant...
Alors que je ne suis plus tout seul (sourire) !

Oui, avant, tu avais tes machines.
C'est vrai...

Tu te sens à l'aise dans cette mise en avant ?
Ouais, carrément. Beaucoup plus qu'avant, parce qu'à l'époque, ça avait quelque chose d'assez technique le live, beaucoup de machines, d'effets, je gérais tout. Là, je joue du clavier, je gère deux trois séquences, je chante, mais c'est mieux réparti. Je dois me concentrer sur le chant avant tout, et du coup, je retrouve une dynamique de groupe que j'avais abandonnée il y a une dizaine d'années.

Ca te manquait, cet esprit de groupe ?
Oui oui.

Ce sont des amis ?
Oui. Avec Clément (Daquin), à la basse et aux claviers, ça fait six-sept ans qu'on se connaît, c'est un de mes plus vieux potes dans la musique, on a déjà fait pas mal de trucs ensemble, un autre groupe, des projets divers et variés, on partage ausi le même studio à Reims. Ce qui était assez cool avec lui, c'est que quand je lui ai dit "j'aimerais que tu viennes sur la route avec moi", on n'avait pas travaillé l'album ensemble, mais on partage le studio en deux pièces collées, donc il m'a dit "Ah ouais, tu veux que je te joue "Always"" et me l'a joué direct au clavier, il connaissait les morceaux aussi bien que moi. Quant à Léonie (Pernet - batterie), je la connaissais depuis un certain temps mais on s'était un peu perdus de vue. Elle était quand même dans mon réseau de connaissances.

En fait, tu as fait le disque seul.
Oui.

Mais tu avais déjà en tête de redevenir un groupe.
Complètement. Même avant de faire le disque, je ne savais pas ce qu'il serait ni ce qu'allait être la formule live, mais l'envie était là et je savais que je ne serai pas seul.

D'avoir en ligne de mire cet objectif de redevenir un groupe, ça a changé des choses dans l'écriture de l'album ?
Non, je ne pense pas vraiment. A la fois, j'avais envie de refaire un groupe sur scène, mais en même temps de me sortir ça de la tête pour ne pas me dire "ah, et est-ce qu'on pourra jouer ça ? Et ça ?" et me figer. Mais après coup, je me suis rendu compte que j'avais écrit une partie du disque comme un groupe l'aurait fait, mais tout seul. J'ai la chance d'avoir un grand studio, dans lequel j'ai toute ma collection de vieux synthés - je suis un vrai addict de tout ça, des vieux Moog... - mais aussi une pièce avec guitares, basse et aussi une batterie, tout ça disponible en permanence. Dès que j'écrivais un truc de voix, je chopais un truc de basse, ah ce serait cool, puis j'allais à la batterie. Je sais à peu près jouer de tous les instruments. Je suis un mauvais batteur, mais ça suffit pour faire une boucle, je sais jouer du clavier et de la basse, un peu de guitare. Du coup, j'ai un peu fonctionné comme un groupe, dans l'instant. Après, il y a de la prod, mais c'était pas un truc de producteur, derrière un ordi, c'était très live donc, y compris dans l'enregistrement.

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