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ZOMBIE
ZOMBIE
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Votre album est présenté
comme étant une bande son d'un film inexistant, plantez-vous
vraiment un décor visuel dans votre imagination quand
vous composez ?
E : Oui ! On avait
des images en tête, mais aussi des sons, des atmosphères,
comme ceux venant des films d'horreur, des instruments (rototom),
mais aussi des périodes historiques (les années
70 avec le déclin du rêve américain),
ensuite notre imaginaire à pris le dessus et les
morceaux sont apparu spontanément.
N : Oui, c'est toute cette contre-culture américaine
de la fin des années 70 qui a inspiré ce disque,
avec des films comme "Punishment Park" de Peter
Watkins ou "Texas Chainsaw Massacre" de Tobe Hooper,
qui décrivent une Amérique qui va mal. Ce
sont des films en réaction à la politique
américaine intérieure (le racisme, les drogues)
et extérieure (la guerre du Viêt-nam). Ceux
qui ne s'y soumettent pas et qui sont obligés de
montrer indirectement les horreurs de la guerre du Viêt-nam,
comme dans les films d'horreur ou indépendants de
l'époque, sont de véritables renégats,
Nous on est du côté de Jack Nicholson dans
"Easy Rider"!

Pour quel film d'horreur
auriez-vous aimé composer la bande son ?
E : Je préférerais
faire la bande son d'un film qui n'est pas encore apparu
! Mes réalisateurs fétiches sont John Carpenter,
Dario Argento, David Cronenberg et David Lynch.
N : J'ai donné notre disque à Dario Argento,
je lui ai laisse mon numéro de téléphone,
j'attends son coup de fil…
La frénésie
de vos concerts est incroyable, comment naît cette
transe ?
E : Je ne sais pas
trop, je fais de la musique depuis longtemps et je ne me
suis jamais mis dans un tel état ! Je crois que cela
vient simplement du plaisir que l'on a à jouer ensemble.
Après, on se laisse porter par le rythme et le volume
sonore qui nous poussent hors de nous même.
N : On recherche la sensation forte. Dans notre musique
c'est ça qui compte, on ne chante pas des chansons
avec un couplet et un refrain, c'est comme prendre des drogues.
Je vous ai découvert
au festival Mo'Fo, ne sachant rien de votre musique à
part que derrière Zombie-Zombie se cachaient des
membres de Married Monk et Herman Düne, il y a de quoi
être surpris, vous le concédez ?
E : Oui, bien entendu.
Je ne suis qu'un musicien au sein des Married Monk, je ne
compose pas, ce sont Philippe et Christian qui s'en chargent.
J'y rajoute seulement ma touche en live et quelques sons
en studio.
N : On a toujours aimé faire plein de choses différentes,
je crois que c'est bien de ne pas être focalisé
que sur un seul truc. Ce sont effectivement des projets
très différents mais qui se complètent
finalement.
Neman, dans ton salon
tu écouterais plutôt Herman Düne ou Zombie-Zombie
?
N : Ah ni
l'un ni l'autre, je consomme assez comme ça des deux
!
The Married Monk
sort un nouvel album, Herman Düne tourne toujours,
et "A Land For Renegades" fait son entrée
dans les bacs, vous allez concilier ça comment ?
E : Je ne sais pas,
on verra bien. A priori la première tournée
des Married Monk se termine début avril, donc pas
de soucis.
N : On va former encore un nouveau groupe pour mettre tout
le monde d'accord ! Finalement ce sont deux sports qui se
complètent très bien, même si on n'a
plus trop le temps de pratiquer notre swing sur les terrains
de golf. En attendant, je me contente de mes cymbales !
Qu'est-ce que ça
représente pour vous de jouer en première
partie de Silver Apples le 6 mars au Nouveau Casino ?
E : Jamais je n'aurais
imaginé que cela puisse m'arriver un jour ! C'est
un groupe tellement important pour moi... Quand je pense
que je vais partager des frites au repas avec Siméon
avant de monter sur scène ! (ils en servent toujours
au nouveau Caz…)
N : C'est grand honneur, on est très heureux ! En
espérant qu'on puisse jouer quelque chose ensemble
!
Vous avez des invités
sur l'album, si tout était permis, avec qui auriez-vous
rêvé de travailler ?
E : Sonic
Boom ! Timbaland ! Pierre Henry ! Pharoah Sanders ! Sonic
Youth !
N : Charlemagne Palestine, Doctor Dre.
Si vous étiez
disquaire, dans quel bac rangeriez vous "A Land For
Renegades" ?
E : Tecktonik
N : Il serait en facing en vitrine toute l'année,
pas besoin de bac !
Propos recueillis par Charline Lecarpentier, merci à
Sophie !
Photos de Julien
Bourgeois
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