Albums - Prince Valium, Library Tapes

01/02/2007, par David Larre | Albums en bref |
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Prince Valium - AndlausPRINCE VALIUM - Andlaus
(Resonant / La Baleine) - acheter ce disque

Disque repêché dans les eaux parfois grises de l'année 2006, "Andlaus" propose une musique hybride, oscillant entre l'electronica dentelée et des lambeaux de bure noisy. Ces compositions non identifiées font en tout cas honneur au credo du label qui les héberge : échos stratosphériques et guitares cristallines comme dans les bons vieux Cocteau Twins (circa "Treasure"), boucles hypnotiques, la résonance est partout. Son maître d'œuvre, Thorstein Ólafsson (par ailleurs membre de sk/um), sait instiller des ambiances indécises, débusquer des humeurs entre chien et loup, faire pleurer les mandolines, parsemer ses compositions de petits effets délicats, ou encore ouvrir sa chambre à une mélodie pop ("Crying Hearts", seul morceau chanté - et très gracieusement - de l'album). Alternant, comme le recto verso de sa pochette, embellie soudaine du ciel ("Redecoration in Four Dimensions") et sol plombé ("Burning My B.A.", ou "Goofy Takes a Bath" et sa basse suicidaire), il livre un album maîtrisé, qui déjoue à la fois de l'emphase et du misérabilisme, et creuse un sillon intrigant entre post-rock et ambient.

Library Tapes 6 Feelings for Something LostLIBRARY TAPES - Feelings for Something Lost
(Resonant / La Baleine) [site] - acheter ce disque

Plus austère, mais nettement plus identifiable, la seconde livraison du groupe suédois Library Tapes mêle captation de sons pris dans l'environnement (roulis de train, chants d'oiseaux, craquements, bruit de la pluie) et minimalisme mélodique, dans une lignée qui irait du néo-classique Max Richter (même précision du piano, le romantisme en moins) à Portrait of David (une désolation univoque). Les morceaux semblent parfois joués dans des pièces vides sur un gramophone et enregistrés in situ. Il en résulte une sorte d'effet de brouillage entre vieillissement du son et, là encore, soin maniaque de sa résonance. Curieusement, à une ou deux exceptions près (l'interlude 5), ce sont les émotions, pourtant signalées par le titre du disque, qui se volatilisent, phagocytées par l'effet sonore. On admire les décors, les ombres projetées, mais on cherche en vain les personnages en chair et en os qui nourrissent la scénographie.

 

 

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