Albums - The Keys, Polder, Blackpool

28/05/2007, par Christophe Dufeu | Albums en bref |
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ALBUMS par Christophe Dufeu

The Keys - Outside/In the Wild/For a While
(Dead Bees) [site]

The Keys, c'est le groupe de Boris ; groupe, c'est d'ailleurs probablement exagéré puisque, à l'exception de la chorale maison qu'il embauche sur quelques titres, il y fait quasiment tout tout seul. Et Boris fait du folk, seul avec sa voix décalée, sa guitare et son harmonica, sans jamais se laisser aller à un pénible narcissisme ; si "The Sea is a Song" ou "The Noise of Your Fingers" sont calmes, elles laissent aussi place à des chansons énergiques comme "She's not the One", sous influence Violent Femmes, ou "My Friend Jed", amusante ballade informatique. Lorsque la guitare acoustique laisse place à sa consœur électrique, le folk vient revisiter le blues sur le très réussi "Pills for Thrills" et ses riffs en boucles ou sur "The Keys", titre le plus rock de ce court album. Privilégiant les mélodies ("Lock/Lost"), les harmonies vocales et la spontanéité, The Keys nous montre de manière tout à fait sympathique que minimalisme n'est pas toujours synonyme d'ennui.

Polder - This Tree Won't Bear Fruit for Three Years
(Autoproduit)

Dans une veine folk tout aussi fraîche, Polder nous offre ce touchant premier cinq-titres. La voix presque chuchotée de Thomas Seron traverse la belle mélodie de "Volga" sur des arpèges mélancoliques ou rend hommage à "Neil", accompagnée d'une guitare acoustique, d'un harmonica, d'une batterie et de lignes de guitare et de basse entêtantes - comme un Pavement qui aurait soigné le son. "Shadow Bay", un peu plus enjoué, creuse le même sillon. Sur "Violette", on se laisse emporter par Julie Konieczny qui évoque, en laissant l'émotion s'insinuer dans les trémolos de sa voix, l'impeccable Beth Gibbons. Clairement plus rock, "Feeler" côtoie honnêtement Sonic Youth, Grandaddy ou Sparklehorse. Et s'il faudra encore tracer la route au milieu de ces références, Polder y amène un petit air frais, qui - espérons-le -, les mènera loin.

Blackpool - Up North!
(Autoproduit)

On change de registre et de son avec Blackpool, quintet français qui semble déterminé à remettre au goût du jour un rock dansant et pour le moins efficace. Groove'n'rock'n'roll : nous voilà aussitôt replongés dans le Manchester des Happy Mondays, Charlatans et autres groupes de l'époque baggy avec des morceaux comme "Human Bin", "Two Kids", "OK" ou "TV Show" : une voix incisive qui mène le bal et fait tourbillonner des guitares aux rythmiques pêchues (vous vous souvenez des Soupdragons ?), une batterie remontée comme un pantin à ressort et un clavier qui s'amuse, comme la mouche au début d'"Il était une fois dans l'Ouest", à tourner dans tous les sens autour de la tête de l'auditeur. Mais difficile ici de rester aussi impassible que Clint Eastwood : "Up North!" vous incite plutôt à vous débarrasser de vos fourmis dans les jambes.

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