Albums - Alfie, Bigger Lovers, Dance Disaster Movement

18/02/2004, par mr modular | Albums en bref |
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ALBUMS par Mr Modular

THE BIGGER LOVERS - How I learned to stop worryingTHE BIGGER LOVERS - How I learned to stop worrying
(Munich Records/Socadisc)

The Bigger Lovers sont de gros amoureux, indeed. Je ne veux pas parler d'un Roméo ou d'une Juliette clients précoces chez McDo. Non, non. Je veux simplement dire que The Bigger Lovers vénère aveuglement la pop qui fait des bulles et donc chante des mélodies grosses comme un gros cœur de gros amoureux. Et c'est souvent magnifique. Pour schématiser, disons que The Bigger Lovers offre deux versants. Le premier, plutôt power pop, dépote joyeusement sans toutefois trop froisser la coiffure de Claire Chazal ("Catch and release", "Threadbare"). Le second plus gentillet donne envie de battre la mesure jusqu'au bout de la nuit en tapant dans les mains et en dodelinant de la tête sottement, tel un Gilbert Montagné sur le plateau de Guy Lux ("I'm here"). En somme, The Bigger Lovers sait se faire une place entre le classicisme de Teenage Fanclub ou de Fountains of Wayne et la douce folie de Guided by Voices. Au fait, ce disque disponible depuis plusieurs semaines a été enregistré en 1999. C'est tout de même pousser le bouchon de l'anachronisme un peu loin !

DANCE DISASTER MOVEMENT - We are from nowhereDANCE DISASTER MOVEMENT - We are from nowhere
(Dim Mak/Chronowax)

DDM n'est finalement pas l'acronyme de Double Depeche Mode (ah ?), mais bien celui de Dance Disaster Movement, groupe US creusant dans le sillage du revival early eighties une tranchée nettement plus profonde que celles de Radio 4 ou des Strokes. Une tranchée très en profondeur donc, jusque là où il n'y a presque plus de lumière. Parce que, voyez-vous, pour ce qui est du sens mélodique, DDM s'en moque comme de son premier slip kangourou. Pourtant, par moments, ce disque à la dynamique puissante nous donne envie de danser, moi et mon slip kangourou, mais on fait que se cogner la tête dans ces chansons au plafond trop bas. Marre de se prendre des bosses. En définitive, entre Radio 4 et Blonde Redhead, DDM n'arrive pas à choisir. Dance ? Celle du cannibale avant le repas dominical. Disaster ? Que DDM s'achète un chanteur avec une voix et on s'en éloignera. Movement ? Z'en avez pas ras-le-bol de déterrer le New Order circa 1981 ?

ALFIE - Do you imagine things ?ALFIE - Do you imagine things ?
(Regal/EMI) - [site]

Alfie n'a vraiment pas de chance car "Do you imagine things ?" est sorti à peu près en même temps que le premier album de Parsley Sound. Et la forêt touffue merveilleusement aménagée par Parsley Sound fait franchement de l'ombre à ce bonzaï patiemment ciselé par Alfie. A la manière de The Beta Band, leurs confrères au sein du label Regal, Alfie construit sur une base pop des morceaux alambiqués et aériens, accrochés au fil d'une voix fragile toujours à la limite du déraillement. Les déraillements, Alfie les provoque volontiers au niveau de la structure de ses morceaux. Parfois, la formule est agaçante lorsqu'elle prévisible ("Mollusc" vraiment gluant ou "Isobel" vraiment tête-à-claques). A d'autres instants, le génie pointe le bout de son nez comme sur l'introductif "People" ou sur "No need" et sa trompette qui débarque sans crier gare.

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