Albums - Ben Gibbard & Andrew Kenny, Postal Blue, V/A Les Banlieusards

29/04/2005, par Pimousse | Albums en bref |
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BEN GIBBARD & ANDREW KENNY - Home EP BEN GIBBARD & ANDREW KENNY - Home EP
(Morr Music / La Baleine) - acheter

Certains artistes ont ce quelque chose que d'autres n'ont pas et qui leur permet de transformer tout ce qu'ils touchent en or. Ainsi en est-il de Ben Gibbard. Sorte de Lou Barlow de la pop - plutôt rock avec Death Cab For Cutie, plutôt pop-electro avec The Postal Service -, il accouche ici d'un superbe EP en compagnie d'un autre surdoué de notre drôle d'époque, Andrew Kenny (Americain Analog Set) et son post-rock pastoral minimaliste. Les deux hommes s'étaient déjà rencontrés par Styrofoam interposé puisqu'ils avaient tous les deux collaboré au passionnant "Nothing's Lost". Les voici donc réunis le temps de huit morceaux faits d'une pop à fleur de peau où l'essentiel tient en une poignée d'accords à la guitare acoustique, deux voix inoubliables et quelques touches de folk.
Si ces deux gaillards se retrouvent à nouveau sur le même disque, c'est cette fois-ci par le truchement d'un concept concrétisé par une série d'EP - celui-ci est le cinquième et en réalité une sortie initiale par le label américain Post-Parlo - réunissant deux artistes devant apporter trois inédits et interpréter chacun un morceau de son camarade. Si cette explication n'est pas claire, sachez toutefois que l'ensemble est d'une grande homogénéité et coule comme de l'eau de source. C'est beau, naturel et donc indispensable. (Fred)

POSTAL BLUE - International BreezePOSTAL BLUE - International Breeze
(Shelflife) - acheter

Les Brésiliens de Postal Blue proposent, avec "International Breeze", une pop indé empreinte de douceur et de mélancolie. Le falsetto du chanteur et guitariste Adriano Ribeira traverse suavement mais de façon persistante chaque morceau du disque. Pourtant, cette voix posée ne change jamais d'intensité, d'expression ou de timbre, elle est juste accompagnée, le temps d'un morceau, par celle de Laura Watling. Les arrangements manquent un peu de relief, comme pour mettre en évidence le timbre du chanteur. Du coup, si on n'aime pas sa voix, il ne reste plus beaucoup de charme dans cette production toute en demi-teintes. Cela fait penser à un groupe de jeunes gens sages et bien élevés, essayant de jouer dans le rythme et de chanter correctement, dans le respect des techniques vocales, de la bienséance folk et pop et de l'autorité des maîtres. Après trois ou quatre chansons, toute cette délicatesse devient lassante et donne l'impression inquiétante qu'on écoute un seul très long morceau entrecoupé de pauses. Seule innovation notable : des constructions rythmiques assez élaborées, accompagnées ici et là d'un soupçon de bossa, ce qui ne parvient pourtant pas à sauver de l'ennui cette mélancolie un peu convenue. "International Breeze" est un disque qui laisse l'impression de la plus totale ingénuité musicale, arrivé des années 60 à travers une faille temporelle. (Gabriel)

V/A - LES BANLIEUSARDSV/A - LES BANLIEUSARDS
(Sorry But Home Recording Records)

Les banlieusards de l'écurie Sorry But Home sont loin d'être tous logés à la même enseigne, mais dans le tiéquar on sait se serrer les coudes pour les causes communes, et l'inventivité pallie souvent le manque de moyens. On retiendra de ces onze titres l'indéniable impact libérateur sur la scène pop hexagonale actuelle des efforts de leurs aînés au début des années 90. Ici, Les Frères Nubuck et Punish Me With Frangipane se plaisent à se jouer des genres musicaux tels des Little Rabbits, là, Loner & Cyrz rencontrent Jérôme Minière. Reste que toute expérience n'est pas bonne à prendre tel ce "Marlène Jobert" qui semble tout droit sorti de la B.O. de Subway ou l'épuisant "Le Pire de peu" de Mon Ongle. "Le Monde entier", inédit de Superflu, l'est en effet totalement, superflu. Et, finalement, Brother Roger et Hotel*, qui ont eux opté pour le chant en anglais, sont ceux qui s'en tirent par le haut. En bref, pour trouver nos prochains épiciers en produits fins il nous faudra sûrement changer de quartier, mais pour faire office d'Arabe du coin, il n'y a pas de problème. (Pimousse)

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