Alexis HK - Les Affranchis

18/05/2009, par Benoit Crevits | Albums |
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ALEXIS HK - Les Affranchis
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ALEXIS HK - Les AffranchisCertains d'entre vous sont peut-être passés à coté des deux premiers albums d'Alexis HK. Jolies réussites, mais petit succès d'estime assez injuste. Ce nouvel album intitulé "Les Affranchis" est tout simplement impressionnant par la maîtrise et la malice de l'écriture. La musique est soignée, lustrée, sans rien de superflu et toujours très classieuse comme à l'habitude. A la croisée de Brassens et de Joe Dassin, anti-Murat par sa belle articulation et son verbe haut, l'album commence très fort avec un titre qui vaut vraiment le détour. Ray-Ban sur la tête, costard sur mesure et chaîne en or qui brille : la mafia est ici la métaphore de la belle chanson française où chacun s'adore et se congratule... Le clip est tout aussi étonnant car il réconcilie chanteurs à textes, gourous du milieu, vedettes kleenex de la télé-réalité, rappeurs et monstres vivants : Aznavour et Jean-Louis Foulquier sont les plus convaincants en crapules de la Cosa Nostra. Le deuxième titre est tout aussi bluffant. Ici ça claque, le phrasé oscille entre slam et hip hop et les mots sont biens choisis. Alain Rey et Claude Hagège, les défenseurs de la langue française doivent être dans tous leurs états face à la richesse du champ lexical des gallinacés dans cette chanson. On parle encore ici de racailles mais des hautes sphères, pas des basses-cours. L'allégorie d'un combat de coqs décrit ici avec finesse et humour le milieu politique. Pour le coup, on est loin de l'Omertà, ça balance... Peut-être en hommage au "Fossoyeur" de Brassens ou à celui du "Fossoyeur de Pacy sur Eure" de Gainsbourg, Alexis HK dans "La Fille du fossoyeur" invente de bric et de broc une petite histoire fraîche et sans prétention. C'est peut-être ça le talent d'Alexis HK : raconter des histoires simples sans prétention mais avec les bons mots, en ancien français s'il le faut, comme pour nous conter l'histoire d'un gueux amoureux. On retrouve dans l'écriture on ne sait quoi de Jeanne Cherhal - d'ailleurs Lise Cherhal, sœur de Jeanne, a participé au disque - pour scruter les galères du quotidien, le cocon familial, les souvenirs d'enfance : "Zouzou" magnifique chanson, où tous les papas se reconnaîtront, "C'est le printemps" sur l'absence, ou encore "La Paix des étoiles" rappelant à tous les mauvais coups essuyés dans la cours de récré par de grandes gigues. Sur ce véritable album-plaisir, Alexis HK s'est assurément régalé et, espérons-le, cette fois-ci introduit définitivement dans le clan des caïds de la chanson française.

Benoit Crevits


Les Affranchis
Chicken Manager
La Fille du fossoyeur
Maudits Anglois
La Maison Ronchonchon
Zouzou
C'est le printemps
Là, c'est moi
Thanks For The Add
La Paix des étoiles
Les Sages
Pardon vieux camarade


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