Arlt - Interview

17/11/2010, par | Interviews |
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Avez-vous l'impression de faire partie d'une "scène" informelle, d'une sorte de réseau, aux côtés d'autres musiciens, en France ou à l'étranger, avec lesquels vous avez des affinités ?
Sing Sing : C'est difficile à dire. Des gens comme Bertrand Belin, Bastien Lallemant, JP Nataf, qui travaillent ensemble et dont nous sommes proches, ont sans doute des choses en commun. Ils apprécient ce que nous faisons et nous ont toujours beaucoup défendus ; néanmoins, j'ai toujours un peu peur, non de m'inclure dans une famille, mais d'en définir une malgré les gens qui seraient censés la composer. Je ne voudrais pas décider à leur place que je fais partie de la même confrérie qu'eux. Après, on a beaucoup voyagé et tourné avec Sport Murphy, Eric Chenaux, Josephine Foster, qui sont déjà des musiciens très différents les uns des autres. On pourrait dire que ce qui les lie, c'est que ce sont des outsiders, des gens hors système, mais dans notre cas ce sont simplement des coups de coeur, des gens avec qui on a envie de partager des choses : en plus de ceux que j'ai cités, il y a David Garland, Manuel Bienvenu, Richard Robert, Red, Colleen... Des personnes toutes très différentes, plus ou moins insituables, mais qui ont en commun une sensibilité, une approche de la musique, un éventail de goûts, une grande curiosité...

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Votre public, généralement, c'est un mélange de gens qui vous suivent et sont familiers de votre musique et d'autres qui vous découvrent par hasard ?
Sing Sing : On a donné récemment un concert gratuit aux Trois Baudets et je pense qu'il y avait surtout des gens qui ne nous connaissaient pas. Ceux qui nous connaissent nous ont déjà vus cinquante mille fois dans les pires conditions possibles et ils ont assez entendu parlé de nous ! (rires)

Vous avez l'impression d'avoir un public très diversifié ?
Sing Sing : Effectivement, il est toujours extrêmement varié, composé de gens qui ont des goûts différents et des visions très personnelles de ce qu'on fait. Je ne sais pas si ça fait de nous un groupe particulièrement oecuménique, mais en tout cas c'est quelque chose qu'on apprécie beaucoup. En revanche, ça n'aide pas les gens qui essaient de travailler avec nous, ils ont du mal à nous inclure dans un circuit précis. C'est pour ça qu'on a dû très tôt inventer notre propre réseau, qui n'est ni celui de la chanson française, ni celui de la pop indé, ni celui de la musique expérimentale. Ce serait difficile de monter une tournée dans un réseau défini.
Eloïse : On constate que quasiment dans tous les réseaux, il y a des gens qui nous aiment et d'autres qui ne nous aiment pas. C'est assez chouette, finalement !
Sing Sing : Du coup, il faut inventer des choses, trouver des lieux, et que vienne qui veut...
Eloïse : C'est très touchant de voir des gens de différents âges, touchés par des choses différentes dans notre musique, qui vont parfois nous parler de leur vie... C'est une chance, cette diversité. Et depuis le départ, on accepte que certains, soit ne comprennent pas ce qu'on fait, soit n'aiment pas du tout. On a un public... bizarre, en fait. (sourire)

Au départ, l'album est une autoproduction. C'était un choix de votre part, ou c'est simplement que personne ne voulait vous signer ?
Eloïse : C'est un peu les deux. On a eu plein de très belles réponses de labels. Même Rough Trade s'est intéressé à nous, ça a été la plus belle correspondance.
Sing Sing (narquois) : C'était merveilleux, ils nous ont écrit des mots d'amour... Non, c'est vrai, il y a eu un échange, même si à la fin ils ont fait le mort. (rires)
Eloïse : En fait, on croit fortement à l'autoproduction, on s'est toujours débrouillé comme ça et on a envie de continuer. Mais c'était aussi parce qu'on n'avait pas trouvé les bonnes personnes au départ. Là, on a fini par les rencontrer et on est très contents !

Vous préparez un deuxième album ?
Sing Sing : On a quelques nouvelles chansons qu'on joue sur scène, mais je considère qu'elles ne sont pas encore finies. Je ne me sens pas prêt à les enregistrer. En tout cas, ce serait bien qu'on ne refasse pas la même chose. "La Langue" n'a pas été vraiment conçu comme un album, dans le sens où l'on s'est contenté d'enregistrer les chansons qu'on avait composées depuis le début de Arlt. On n'a pas encore vraiment fait de pause et pris le temps de se remettre en question.
Eloïse : Le deuxième album, ce sera la grosse remise en question (sourire). Y aura une fanfare tchèque...
Sing Sing : ... une chorale gospel...
Eloïse : Et des violons tsiganes.
Sing Sing : Qu'on sera sans doute obligé d'aller chercher en Roumanie... On pourrait d'ailleurs y rester, tiens.

Propos recueillis par Vincent Arquillière
Photos par Julien Bourgeois



A lire également, sur Arlt :
la chronique de "La Langue" (2010)

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