Chicros - Interview

22/07/2009, par Luc Taramini | Interviews |
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Avez-vous déjà été approchés par le milieu de l'art ou fait du design sonore ?

Mathieu : Du design sonore, non, mais on aimerait bien. Comme tous les musiciens un peu nerd, on pense que les sons et les textures peuvent être aussi importants que les mélodies elles-mêmes. Romain Turzi a déjà fait des trucs comme ça. On a travaillé à Pompidou avec l'artiste Christoph Büchel pour l'exposition "Dionysiaque". Mais même si on peut s'amuser à travailler les sons et à étirer des parties, on reste avant tout un groupe de pop.

Ce qui est amusant avec votre disque, c'est qu'il a un air de "déjà entendu" sans qu'on puisse pour autant identifier une source précise ?

Mathieu : C'est la pop ça. La pop c'est quand t'écoutes une chanson pour la première fois, que tu crois reconnaître un autre morceau et puis qu'en fait non. Ça veut dire que c'est un bon morceau, bien écrit.

Arnaud: Quand les influences sont multiples et bien digérées, ça permet aussi de créer quelque chose de nouveau qui sonne familier à l'oreille.

 

Parlez-moi de votre reprise des Dead Kennedys, "Straight A's" ?

Mathieu : Les paroles de cette chanson sont extraordinaires. C'est un des premiers morceaux que l'on a enregistré pour le disque avec "What's New Today On TV?". On a écrit pas mal de paroles qui sont des commentaires sur la société, les médias et l'image que la société se renvoie à elle-même. C'était à l'époque où un type dans une fac en Virginie a fait un carnage. Ce morceau existant nous semblait coller au thème de l'album parce que même si on ne s'en rend pas forcément compte, il y a un thème sur ce disque. Ce texte est magnifique comme la plupart des textes de Biafra, malheureusement, quand il les joue avec son groupe, on ne comprend rien. A la base, c'était une idée de Philippe de prendre le texte et de le réciter lentement. Au départ, on avait prévu beaucoup plus de reprises mais vu l'enfer des demandes d'autorisation, on a laissé tomber. Pour Jello Biafra, on lui a écrit directement par mail, il nous a répondu le lendemain en disant ok. Il correspond vraiment à l'image qu'on a de lui, un mec cool, proche de ses fans. La classe quoi, alors que c'est un demi-dieu dans la musique punk américaine.

 

Pouvez-vous m'expliquer le nom Chicros et la perte du "Los" ?

Philippe : Ben avec "Los", les gens nous demandaient si on était un groupe de ska ou de musique cubaine et puis ce n'est pas facile à prononcer...

Mathieu : Chicros c'est un peu un délire entre nous...

Olivier : Dans la banlieue d'où l'on vient, c'est une expression qui désigne les mecs qui n'ont jamais rien et qui taxent tout. Quand on enregistrait nos premières maquettes, on passait notre temps à taxer du matos à tout le monde. On était un peu les crevards de service, d'où l'expression Chicros.

Nicolas : Quand on part en tournée, personne n'a de gel douche, ni de serviette, tout le monde essaie de se taxer une brosse à dents ou un slip...

Mathieu : C'est aussi une belle métaphore de notre parcours, tu pars avec rien et à l'arrivée tu as des belles chansons bien écrites, bien arrangées avec les moyens du bord.

Philippe : On sait très bien que ce n'est pas en habitant en banlieue avec un smic par mois qu'on va réussir à sortir avec Nicole Kidman. Donc on essaie de remplacer les gros moyens par les bonnes idées !

Propos recueillis par Luc Taramini
Photos par Julien Bourgeois

Merci à JB



A lire également, sur Chicros :
la chronique de "Radiotransmission" (2009)
la chronique de "Sour Sick Soul" (2007)
la chronique de "Too Cool For School" (2005)

 

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