Crash Collect - Interview

02/02/2011, par Pierre Gourvès | Interviews |
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CRASH COLLECT

Après une courte pause, le duo new-yorkais d'Elle Lefant – rebaptisé pour le coup Crash Collect – nous revient en forme pour un second EP ("Smolder"), dont le rendu très différent fait du premier ("Pulse") une histoire ancienne. Le récit de leurs retrouvailles et d'une vision pour le moins originale du partage de la musique...


Comment tout a commencé ? J'ai lu que vous vous êtes rencontrés à l'université.
Nous nous sommes rencontrés l'été 2008 alors que nous travaillions ensemble sur un projet de théâtre que Max a co-fondé, No Fog West. À partir de ce moment là, nous sommes devenus amis et quelques mois après, nous faisions de la musique ensemble. À Vassar (ndlr: l'université où le duo a étudié), il nous arrivait de nous exercer au sein de jam sessions dans lesquelles Nijae jouais du banjo et Max du piano. C'est seulement une année plus tard que nous avons commencé à enregistrer.

Pour un premier EP (Pulse), la qualité des mélodies et de leurs arrangements est impressionnante. Vous semblez bénéficier d'une longue expérience musicale, comment travaillez-vous la composition des morceaux ?
Nous n'avons pas réellement été formés pour l'enregistrement ou l'arrangement. Je ne chante par ailleurs que depuis quelques années seulement. Ceci étant, il apparaît que nous avons été en mesure de composer rapidement une musique de qualité et accessible au public. Nijae commence tout d'abord par écrire les paroles puis compose une ébauche de mélodie qu'elle communique à Max qui l'écoute plusieurs fois et décide du rendu qu'il souhaite donner au morceau. Max ayant désormais son diplôme universitaire, nous nous retrouvons dans son studio d'enregistrement aménagé dans son appartement de Brooklyn et retravaillons le morceau selon ses propres directives, à la manière d'un producteur professionnel. Nous espérons qu'un jour nous aurons la possibilité d'en faire notre métier mais nous sommes contraints, pour le moment, de trouver du temps libre pour enregistrer et partager nos compositions dans la mesure du possible. Nous restons néanmoins confiants pour la suite des évènements. Avec le peu de matériel dont nous disposons, nous avons été capables de créer et distribuer notre musique qui a été accueillie de façon très positive. Il aurait pu en être tout autrement, et nous sommes reconnaissants de la tournure qu'ont prise les choses.

Les influences au travers des six morceaux sont multiples. Quelles sont celles qui vous inspirent le plus ? Faire preuve d'originalité vous apparaît comme une réelle contrainte au sein du paysage musical actuel ?
Nous sommes tous deux de grands admirateurs de Bon Iver, Robyn et de Lykke Li mais nous essayons de toujours nous nourrir d'un maximum d'artistes, afin de conserver notre propre identité sonore. C'est la découverte de nouvelles influences musicales qui nous donne l'inspiration pour créer quelque chose de sans cesse différent. C'est ainsi que nous gardons les pieds sur terre. Si vous avez la conviction de faire de la musique en restant fidèle à vos intuitions, l'originalité ne devrait aucunement être problématique. Elle est compromise lorsque vous tenez à suivre une tendance initiée par quelques groupes dont la notoriété est reconnue. Nous nous efforçons, lorsque nous composons, de restituer un sentiment humain, amoureux, dont l'empreinte nous est propre. Ce qui est important lorsque vous faites de la musique, c'est l'enthousiasme que vous y mettez car c'est principalement celui-ci qui déterminera le résultat final.

Le public vous a découvert par Jamendo (ndlr: la plus importante ressource de musique sous licence copyleft du web). En tant qu'artistes, pensez vous que l'Internet est simplement une nouvelle plate-forme de distribution ou, au contraire, un tournant dans l'industrie musicale ?
Le Web est tellement riche ! Il vous offre la possibilité de partager votre musique plus loin que vous ne l'auriez imaginé. Nous avons reçu des utilisateurs de Jamendo un nombre incroyable de messages, venant des quatre coins de la planète, et qui nous poussent chaque jour à continuer sur de nouveaux projets. Le monde vous semble tout à coup beaucoup moins vaste avec Internet. Vous communiquez avec de parfaits inconnus mais avec un sentiment de proximité très paradoxal. Il est indéniable que le Web est une chance unique de se faire connaître et permet d'entretenir une relation privilégiée, presque intime entre vous et le public. Cette réalité humaine est quelque chose propre à notre génération et nous tenons à la communiquer lorsque nous composons.

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