Des artistes rares au BBmix 2019

11/11/2019, par | Festivals |
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Affiche

Il y a les gros festivals qui ratissent large et tentent d’attirer le plus de monde possible en alignant grosses machines et noms à la mode (et reconnaissons d’ailleurs que ça peut être plaisant). Et puis il y a ceux qui, dans une économie nettement plus modeste, misent sur la rareté, la découverte, le plaisir du partage. Le BBmix, qui fête ses 15 ans, en fait partie. Dans la quiétude de Boulogne-Billancourt, d’abord au centre Georges-Gorse puis au Carré Belle-Feuille, à 200 m de là, l’événement automnal aura depuis 2005 fait jouer quantité de formations culte (James Chance & the Contortions, Young Marble Giants, Swans, The Raincoats, Silver Apples, The Monochrome Set, Faust, The Pop Group, Half Japanese, Wire…), qui pour certaines certaines amorçaient alors un come-back inespéré. Sans oublier un travail considérable de défrichage dont auront bénéficié des artistes français et étrangers bien éloignés du mainstream.
Ce festival irremplaçable nous offre encore une bien belle affiche cette année, les 23 et 24 novembre, à des prix défiant toute concurrence. Nous avons demandé aux programmateurs Jean-Sébastien Nicolet et Marie-Pierre Bonniol de nous présenter quelques-uns des artistes qu’ils ont choisis, dont les très rares Billy Childish et Midori Takada, et avons sélectionné quelques vidéos. La programmation intégrale est ici.

Jean-Sébastien

« Ceux qu’on appelle les trublions du label Born Bad, Le Villejuif Underground (samedi 23 novembre), sont assurément des sales gosses talentueux. J’avais eu l’occasion de rencontrer Nathan Roche, leur songwriter d’origine australienne, avant la création du groupe lors d’un concert en première partie qu’on lui avait organisé à Paris. Coup de cœur immédiat pour son écriture (très Kerouac) et pour le personnage un peu dégingandé. Sur la route en permanence (avec même un passage à Rock en Seine cette année, voir ci-dessous), Le Villejuif Underground renoue avec la quintessence de l’esprit rock dans ce qu’il a de plus drôle, attachant et farfelu parfois aussi. »


« La venue de la compositrice et percussionniste japonaise Midori Takada (dimanche 24 novembre), au même titre que pour Billy Childish, est un peu un “life achievement”. Nous avions presque réussi à la confirmer il y a trois ans au Bbmix, mais ça ne s’était finalement pas fait. Son disque “Through the Looking Glass” (1983) est un pièce maîtresse qui mêle polyrythmies africaines et minimalisme exotique, et pourrait être affilié aux “musiques du quatrième monde” théorisées par Jon Hassell, Don Cherry ou Brian Eno. J’attends ce moment avec une certaine impatience… pour ne pas dire une impatience certaine ! »

Lire notre chronique de la réédition de l'album.

 Midori Takada

« Carla Dal Forno (dimanche 24 novembre) nous vient, elle, d’Australie, mais cela fait une bonne dizaine d’années qu’elle vit en Europe, tournant sous son nom propre ou avec le groupe Tropic of Cancer, par exemple. J’aime les paysages sonores qu’elle peint car ils ne débordent pas de technicité imbuvable tout en n’étant pas si simples non plus. Carla se nourrit de beaucoup de choses qui dépassent la musique (la littérature, l’art-thérapie, le bricolage lo-fi...) et ce qu’elle a produit sur ses derniers albums m’émeut beaucoup. »

 

Marie-Pierre

« C'est surtout la venue de l'hyperproductif Billy Childish (samedi 23 novembre) qui nous fait trépigner, moi la première ! Je travaillais au Nouveau Casino quand il avait été accueilli dans le cadre des soirées Gloria de Cedrico et David Barat, lors de son dernier passage parisien il y a plus de 10 ans. Je l'ai revu entre-temps à Londres. Il fait partie pour moi de ces musiciens pour lesquels j'ai énormément de respect, pour leur unicité, dans une tradition anglaise dans laquelle je mets aussi The Rebel, Ivor Cutler et Glen Baxter même si les esthétiques sont différentes. Je ne devrais pas être très loin de la scène le samedi soir ! »

« Laida Lertxundi est une réalisatrice d'origine basque qui a longtemps vécu en Californie et dont les films très beaux et énigmatiques, dans la lignée de la grande figure du cinéma expérimental Maya Deren, font un usage remarquable de la musique : ici une chanson de Robert Wyatt, là une impression de ciel triomphant avec un hymne qui tourne en boucle. Je suis très heureuse que trois de ses films soient présentés le dimanche après-midi à BBmix, leurs diffusions sont rares ! »

Crédit affiche : Maria Luque

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