Festival Chorus 2008 (20 ans) - Thomas Fersen, Arman Méliès, Keren Ann, Alain Bashung

23/04/2008, par Christophe Dufeu | Festivals |
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FESTIVAL CHORUS 2008 (20 Ans)

Vendredi 4 avril 2008 : Arman Méliès (+ La Maison Tellier) au Théâtre de la Ville, Neuilly.

Bon, évidemment, il est facile d'ironiser sur le fait d'aller voir un concert (plutôt rock qui plus est) à Neuilly et de constater que dans le hall du petit mais élégant Théâtre de la Ville, il y a plus de gens à prendre des billets pour aller voir "Disco" (le film) que pour le concert de ce soir ; facile de noter que, pour cette soirée où le mot "folk" a dû être glissé dans le programme, c'est un disque de Peter, Paul & Mary qui nous accueille (pour être honnête, le fond sonore va évoluer - un Johnny Cash récent, ...) mais l'affiche qui nous attend ce soir semble avoir en commun un amour pour le cinéma (western pour les uns, tradition européenne pour l'autre) et l'on ne peut que se réjouir de ce choix de programmation du festival Chorus.

La Maison Tellier

Assis dans les fauteuils confortables, le public est plutôt clairsemé et, étrangement, de tous âges (quelques enfants, quelques mamies !!!) L'un après l'autre, les membres de La Maison Tellier montent sur scène avec barbe ou barbichette de rigueur : un contrebassiste joue quelques notes en boucle, bientôt rejoint par un trompettiste (au style très Miles Davis sur ce premier titre), un batteur exubérant mais très efficace sous son chapeau de paille, un guitariste/joueur de banjo qui donne à ce morceau des airs de BO de film de Sergio Leone et enfin, un chanteur s'accompagnant d'une guitare folk. Et, chantée en français ou en anglais, la musique de La Maison Tellier nous fera traverser les Etats-Unis : de New York et son folk urbain à la Californie de Gram Parsons, joliment évoqué, ou de Rage Against the Machine (formidable reprise country-boogie de "Killing in the Name" que l'on ne reconnaît qu'après une ou deux minutes) en passant par la frontière mexicaine (et cette trompette qui rappelle Calexico) ou la country du Midwest (qui inspire le très sympathique premier rappel). Malgré une salle aux trois quarts vide, la Maison Tellier montre une belle énergie, échange avec le public et donne lieu à de beaux moments comme la "La Maison Tellier", chanson aux mots crus, joliment interprétée en solo.

Armand Méliès

Celui que l'on attend alors a le vent en poupe : défendu par Dominique A depuis quelques années, complice de Bashung sur un duo récent ("Ivres") et à l'écriture sur deux (très beaux) titres du "Bleu Pétrole" de ce dernier - difficile de trouver plus belle carte de visite, surtout lorsque celle-ci comporte aussi quelques albums dont "Néons blancs et asphaltine" ou "Les Tortures volontaires" (sans compter "Casino" qui doit sortir ce mois-ci). Et c'est un Arman Méliès assez rock, gilet élégant et moustache tombante, qui monte sur scène avec ses trois acolytes (un batteur à la précision redoutable, un guitariste et un homme aux claviers). Les guitares sont superbes et sonnent magnifiquement ; celle de Méliès, granuleuse à souhait, assure une rythmique tranchante pendant que l'autre guitariste s'occupe de tous les petits riffs qui, avec les synthés, font la richesse du son d'Arman Méliès. Après un instrumental, on retrouve la voix douce du chanteur qui porte le lyrisme de ses morceaux et ses paroles sophistiquées ; et en effet, les morceaux sont là, un peu plus rock pour la scène, mais gardant leur force et leur cohérence. Cependant, quelque chose cloche : sont-ce les conditions (public pas forcément acquis, clairsemé et assis), un trac envahissant ou les compères de Méliès, un peu trop statiques (malgré les efforts du chanteur), on a du mal à croire que le groupe qui joue en face de nous s'amuse beaucoup... Et du coup, cela gâche un peu notre plaisir (réel) de le voir sur scène. Sans compter les trop nombreux accordages de guitares, sur fond de nappe de synthé un peu kitsch, qui brisent le rythme du concert. Trop de perfectionnisme ? Dommage car il suffirait de peu pour que l'on soit 100% conquis par un artiste que l'on a envie d'aimer et par des morceaux comme "Néons blancs et asphaltine" ou ce magnifique "Fuir", superbement interprété ce soir-là.

Christophe Dufeu
Photos : Rod | Le-HibOO.com

Dans le cadre du festival Chorus 2008 :



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