Garbo and the Adjectives - Garbo and the Adjectives

18/08/2005, par Frédéric Antona | Albums |
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GARBO AND THE ADJECTIVES - Garbo And The Adjectives
(Hypokamp) [site]

GARBO AND THE ADJECTIVES - Garbo And The AdjectivesAh, Garbo & the Adjectives... avec un nom pareil, comment ne pas être séduit ? Cela fait déjà trois mois que j'ai croisé leur route à Lille, dans un Stax'o'Soul malheureusement clairsemé, où le trio toulousain avait administré un set amphétaminé et très évocateur. On retrouvait ça et là les influences de Television, de Gang of Four, Joy Division ou New Order, mêlées à une attitude scénique évoquant les Kinks, les Who (surtout le batteur, von Plastic, très proche de Keith Moon dans l'attitude générale) ou encore les Jam. Garbo est donc placé dans cette lignée de groupes aux références solides, lassés du marasme ambiant dans lequel baigne toute une frange de l'industrie musicale. Je me souviens de cette petite discussion au bar avec le guitariste-chanteur, Pat Bakélite, sur leurs héros, le concert qu'ils avaient donné avec les Parisians la veille, la difficulté de trouver des groupes rock dignes de ce nom à Toulouse, l'admiration portée à certains héros punks... Je lui faisais remarquer l'as de pique tatoué sur son avant-bras, lui indiquant que ça avait un côté très Johhny Thunders, ce à quoi il répondit, sourire en coin : "Ouais, born to lose..." C'est rassurant de voir que l'on n'est pas seul à écouter ce genre de disques... Et un gars se tatouant ça sur le bras sait. Forcément. Comme une "lipstick trace" qui indique qu'il s'agit bien de la même lignée, de la même histoire. Une histoire qui se résume aux mots de Lou Reed "my life was saved by Rock'n'Roll".

Le groupe sillonne donc l'Hexagone et la perfide Albion avec en poche un CD 7 titres qui constitue l'essentiel de leur set, qu'ils agrémentent de reprises choisies dans le répertoire éternel. Les influences sont encore évidentes, comme Clash ou Cure, dans des morceaux vraiment bien construits. "Train to the Moon" aurait pu figurer sur un des deux albums des Libertines, avec les voix de Pat et Nico qui s'entremêlent, entre falsetto et plaintes déchirées. Pete Doherty & Co sont définitivement les New York Dolls de cette nouvelle scène musicale, sorte de parrains de la révolution à venir. Les contre-chants du bassiste sont parfois un brin stressants (sur "Foostep's shadow", en particulier, qui reste peut être le morceau le moins réussi - bien qu'ils en aient fait leur single - car il joue avec des éléments que l'on retrouve un peu trop chez les groupes du moment, comme Bloc Party : rythmique métronomique, guitare syncopées, voix sous amphets...), mais le trio a un sens très développé de la mélodie accrocheuse. "That street" est, à cet égard, un bon exemple, avec une ligne de basse très fluide et agréable, entre Cure et New Order, des chœurs coo(oo-oo-oo)ls et une voix à la Richard Hell. "Yellow Town", composée par référence au cimetière du Père-Lachaise, se trouve au croisement des Jam et de Wire. Que demander de plus ? Voilà un premier essai transformé pour Garbo & the Adjectives, l'album débarque en septembre dans les bacs. Tout comme l' EP des Naast. Tout comme un certain nombre d'albums vitaux attendus depuis un certain temps par nombre d'entre nous. Il y a comme dans l'air du temps un goût de renouveau. A Paris, Toulouse ou Lille. "‘Cause the times they are a changin'..."...Remember 1977 ?

Frédéric Antona

Train to the moon
Footstep's shadow
The motel
For a walk in hell
Radio
That Street
Yellow Town


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