Glasser - Interview

23/02/2011, par David Larre et Luc Taramini | Interviews |
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GLASSER
Une nouvelle fée clochette de la pop, à l'univers singulier et à la musique ambitieuse. Glasser, aka Cameron Mesirow, a débarqué dans le paysage avec le single "Apply", et puis, dans la foulée, le foisonnant "Ring". Peut-être un peu trop. Un peu diva, la demoiselle, après avoir refusé une séance de photos à Paris, s'est rattrapée en répondant par mails à nos questions. Un caractère bien trempé sous l'image glasser.

Glasser


Ta musique est parfois (en fait souvent) comparée, c'est un compliment, à celle de Bat for Lashes (pour la voix) ou de Juana Loops (pour les boucles). Les connais-tu ? Quelles sont tes influences ?
Je m'intéresse beaucoup à la musique pop mainstream comme celle de Michael Jackson parce que j'aime le côté catchy. Mais j'aime aussi la musique qui contrebalance ce besoin de résolution et de satisfaction. J'aime des choses différentes chaque jour. Un jour je peux écouter Sam Cooke, le lendemain, Steve Reich.

"Ring" est-il un concept-album, ou est-ce que le titre n'est qu'une façon de reconnaître un type de composition que tu aimes ?
"Ring" est une oeuvre musicale conceptuelle. Je l'ai arrangée dans le style répétitif des compositions qu'on retrouve dans la tradition orale pour parvenir à une organisation symétrique des thèmes de l'histoire. Une histoire qui est mon histoire et malgré le fait qu'il y ait plein de zones assez floues dans ma vie, une chose est sûre, j'ai de l'amour à donner et envie d'être aimée.

Rythmes tribaux, musique ethno combinés avec des synthétiseurs et une liberté vocale (du rétrofuturisme, quoi) est-ce la formule magique de ce disque ?
N'importe qui peut faire de la musique en combinant les mêmes éléments que j'utilise, sauf qu'il fera un disque probablement très différent. La singularité ne peut surgir que si le musicien est vraiment lui-même. Et cette musique est survenue après que j'ai choisi les sons que j'aimais en me sentant vraiment libre de pouvoir expérimenter.

Comment as-tu enregistré ce disque, seule ou avec l'aide d'autrui ? Je veux dire, as-tu besoin de garder le contrôle sur tout le processus d'enregistrement ?
J'ai d'abord enregistré des démos toute seule sur mon ordinateur. Ensuite je suis allée en studio et j'ai travaillé avec Ariel Rechtshaid et Van Rivers & The Subliminal Kid. Ils m'ont aidé à développer ce que j'avais créé seule. D'une certaine manière, j'étais plus qu'heureuse de lâcher du lest parce que je savais exactement comment je voulais qu'il sonne.

Ta musique a déjà fait l'objet d'éloges de la part d'artistes comme The XX ou Jonsi ; comment perçois-tu ces compliments ? Est-ce qu'ils te mettent la pression pour le prochain album ?
J'apprécie que les autres artistes aiment ma musique, mais la pression vient plutôt de tous ces gens qui attendent le prochain album alors qu'ils ne mesurent pas forcément ce que ça implique de faire un disque.

Penses-tu déjà au prochain disque ? Es-tu du genre à planifier les choses en amont ou à laisser l'inspiration couler ?
J'ai quelques idées sur lesquelles je travaille mais rien de suffisamment abouti pour en parler.

Comment transposes-tu ta musique multiforme (à couches multiples) sur scène ? Je t'ai souvent entendu jouer seule. Est-ce un choix ?
Je n'ai jamais joué sur scène seule. Jusque-là, j'utilisais un iPod, des choristes et un guitariste. Maintenant j'ai un groupe de musiciens qui jouent des instruments-midi. Ça fonctionne bien, j'essaie en permanence d'améliorer les concerts.

Avec quel autre artiste rêverais-tu de partager la scène ?
Joni Mitchell.

Est-ce que tu t'intéresses à tous les aspects périphériques à la musique qui peuvent définir un style personnel ; le graphisme, la vidéo ?
Oui, je crois au pouvoir des images. En tant qu'artiste et en tant qu'auditrice, c'est vraiment important d'avoir un accompagnement visuel de la musique.

Ecoutes-tu de la musique française ?
Une de mes découvertes préférées du moment, c'est les Rita Mitsouko.

Propos recueillis par Luc Taramini et David Larre
Photo : Aliya Naumoff
Merci à Jean-Christophe

 

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