Jérémie Kisling - Paris, L'Européen, 16 janvier 2004

04/02/2004, par David Larre | Concerts |
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JÉRÉMIE KISLING - Paris, L'Européen, 16/01/2004

JÉRÉMIE KISLING - Paris, L'Européen, 16/01/2004.La dernière fois que j'ai mis les pieds à l'Européen, c'était pour y écouter Vincent Delerm qui venait de sortir son album. La rumeur montait, le chanteur charmait, seul derrière son piano, avec ses chansons douces-amères et ses intermèdes burlesques : de petits récits malins pour introduire les morceaux, une bande-son enregistrée déroulant pendant les pauses le monologue intérieur du chanteur qui découvre son public. Jérémie Kisling, dont l'album ("Monsieur Obsolète"), pourtant sorti en octobre, commence seulement à percer sur les ondes, est un peu dans la même situation pour une première approche du public parisien. Les comptes rendus du premier concert évoquaient une timidité bien naturelle et quelques approximations instrumentales. Ce vendredi, je n'ai encore rien lu et je viens sans a priori, porté par le souvenir agréable du disque et curieux de voir quelle transposition scénique pourra faire honneur aux textes pour le moins intimes et étranges de leur auteur. Après une première partie folk menée avec courage et humour par son compatriote suisse, Grégory Wicky (alias Pendleton), Jérémie entre en scène, épaulé par quatre musiciens parmi lesquels on en reconnaît qui ont participé au disque : Raphaël Noir, dit M. Bidouille, aux claviers, qui assure la partie "entertainment" du concert, avec sa tenue de Lord anglais sortie tout droit de la pochette de "Sergent Pepper", ses cheveux crantés, son air ahuri et ses interventions de clown, Lukas Stalder à la trompette. Derrière, guitare et batterie donnent une certaine puissance sonore à des morceaux qui prennent tour à tour des accents bossa nova - mambo fifties, pop ou funk.

Jérémie Kisling


Si, grâce à ce traitement, la plupart des titres de l'album prennent de l'ampleur, ils noient un peu la voix de Kisling et c'est alors avec plaisir qu'on retrouve ce dernier, seul à la guitare ou au piano, sur les morceaux les plus délicats : "Carambar", "La marmotte", "Le bon moment". Ponctué par la projection de petits courts-métrages qui viennent ironiquement illustrer le chant, par des reprises assez inattendues (Téléphone, Diane Tell), par un exercice de mauvaise foi assez piquant dans l'inédit "J'suis plus jaloux, j'm'en fous", le set devient de plus en plus chaleureux. Le public réagit bien, réclame des chansons, applaudit généreusement le plaisir qu'il reçoit. Bonne entrée en matière, Monsieur Kisling.

David

photo par Gabriel

PS : concerts à suivre du 17 au 21 février (première partie de Carla Bruni aux Bouffes du Nord, et oui) et le 27 mars (tête d'affiche au Nouveau Casino).

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