La Route du Rock - Collection Été 2012

17/08/2012, par , Catherine Guesde et | Festivals |
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Samedi 11 août

C’est dans les confortables fauteuils du magnifique auditorium du Palais du Grand large que commence notre samedi. Prévu pour précéder Dominique A, Memoryhouse est en retard et passera donc après lui. Après l’effusion instrumentale de la veille, place au minimalisme d’un trio pour rejouer les chansons de “La Fossette”, aussi belles et troublantes qu’il y a vingt ans, mais transformées par la maturité et l’expérience de leur auteur. Là aussi, il s’agit du dernier concert de la formation, qui marque le coup en jouant en rappel, outre “Le Sens”, deux morceaux antérieurs à “La Fossette” (inclus sur la récente réédition de l’album). Belle idée.
Après un soundcheck exécuté derrière le rideau, Memoryhouse apparaît enfin devant une salle qui s’est un peu vidée. Les comparaisons avec Beach House semblent inévitables (même formule : un batteur, un guitariste, une chanteuse avec claviers), et pas forcément en faveur des Canadiens, à la musique plus sage, moins troublante. Leur dream pop parfois trop évanescente sur disque gagne toutefois en énergie au contact de la scène, et voir Denise Nouvion (au capital charme proche de celui de Zooey Deschanel, et vêtue avec autant de goût) en plus de l’entendre est un bonus appréciable.

Au Fort, la soirée commence avec Veronica Falls, qui remplace My Best Fiend (ce qui avait semble-t-il échappé à l’un de nos éminents confrères). Le quartette mixte a sans doute beacoupé écouté les Pastels, Vaselines, Shop Assistants ou Talulah Gosh, et même étudié le style vestimentaire des groupes C86. Voix à la limite de la justesse, guitares “jangly” et mélodies très pop : l’ensemble n’est pas déplaisant mais manque encore de personnalité. Ça viendra peut-être. (V.A.)

Le manque de personnalité, voilà un problème qui ne concerne pas Savages. Toute jeunettes qu'elles sont - pas un disque à leur actif, juste quelques vidéos ayant provoqué un mini buzz - les quatre sombres demoiselles démarrent sur les chapeaux de roues. Le charisme de Jehnny Beth (la moitié de John and Jehn), son chant sensuel à la Patti Smith permettent à la formation de réactualiser un post-punk à la Joy Division sans pour autant passer pour une pâle copie. Chaque titre est un tube en puissance, une machine implacable à faire danser. C'est donc face à un public en ébullition qu'elles exécutent leur final "Husbands", avant de laisser la place aux plus calmes Lower Dens. (C.G.)

Savages
Groupe issu de la riche scène de Baltimore et encore confidentiel, Lower Dens illustre bien la vocation défricheuse de la Route du rock. Soutenu par une pulsation héritée du krautrock, son indie-rock psyché à la fois atmosphérique et tendu sur laquelle flotte la voix androgyne de Jana Hunter s’avère prenant, malgré des structures plutôt complexes. Une belle découverte (pour l’auteur de ces lignes, et sans doute une bonne partie du public).
Lower Dens

Seule “grosse” tête d’affiche de cette édition 2012 (les places pour leur concert parisien de septembre sont parties en quelques heures), les Anglais de The XX étaient très attendus. Si leur concert n’a pas fait l’unanimité, il nous est apparu comme l’un des plus beaux de ces trois jours de musique. Un peu moins statique qu’à ses débuts, le trio a néanmoins résisté à la tentation d’étoffer pour la scène son r’n’b ralenti, asséché et déconstruit, servi ici par des voix parfaites et un son impeccable. D’où un contraste saisissant entre le public, dansant et tapant dans les mains, et la musique, restant toujours en retrait, même quand Jamie XX se lâche un peu derrière ses machines, notamment sur les rares nouveaux morceaux. Il y a quelque chose de résolument admirable dans ce refus de draguer le public, en préférant le séduire sur la durée. Magnifique.

the xx
Après l’étonnante performance de Willis Earl Beal sur la scène de la Tour (dotée d’une impressionnante voix soul, il chante sur des bandes passant sur un vieux Revox), c’est le sévèrement buriné Mark Lanegan qui investit la grande scène. Bien accompagné, il livre un concert d’alternative blues-rock très pro, mais qui peine à captiver en cette heure tardive. Ou peut-être est-ce simplement qu’on n’a jamais été tellement fan du bonhomme, malgré une voix exceptionnelle et un dernier album plus qu’honnête.
Breton

Heureusement, c’est à Breton - au nom prédestiné, même si c’est une référence à André – que revient la tâche de clôturer la soirée, et le groupe s’en acquitte avec une motivation qui fait plaisir à voir. Après une première phrase en anglais, le chanteur Roman Rappak se souvient soudain qu’il parle correctement français et décide de s’exprimer dans notre langue. Ses harangues au public n’en seront que plus efficaces, ce dernier trouvant encore la force de se déhancher sur leur électro-rock concassé, aux rythmiques rappelant souvent le hip-hop. Une bonne claque (et au lit).  (V.A.)
festivalier 2

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