Mendelson - Interview

03/12/2003, par Refau | Interviews |
  • Facebook
  • Twitter
| permalien

 

MENDELSON


Il y a justement une reprise de Randy Newman sur le disque (ndlr : Lonely At The Top) ...
Randy Newman, c'est un génie pour moi... Un génie du sous-entendu...

Comment est venue l'idée de cette reprise ?
... On devait enregistrer pour un 45t de soutien à un disquaire à Nantes je crois. J'étais avec Fred, on devait enregistrer tous les deux. J'avais écouté Randy Newman la veille et j'ai soumis l'idée à Fred de faire une reprise... On l'a enregistrée mais elle n'est finalement pas sortie donc on l'a mise sur le disque... Mais c'est un version assez sordide, à la limite du... grotesque ! Je trouve ça assez hilarant.

Il y a parfois chez Mendelson un côté blague de potache assez surprenant. Je pense par exemple à ce morceau final "Mendelzöhn" où tu chantes 17 fois le mot "Mendelson"... Et, du coup, ça désamorce un peu la noirceur des autres morceaux...
Ca c'est l'avantage d'être son propre producteur. On s'empêche pas de mettre sur un disque un truc qui nous fait rigoler... En l'occurrence, ce morceau est issu d'une improvisation... Je crois que je venais de voir "Lost Highway" et y a un morceau de Rammstein sur lequel le chanteur chante "Rammstein" (ndlr : avec l'accent et l'intonation) (sourire)... Je suis rentré, je me suis rappelé de cette impro et j'ai rajouté le chant ! Une forme un peu absurde d'auto-célébration !

En parlant de production, pourrais-tu nous parler de la structure Rec-Son ?
En fait, j'avais besoin de monter une association pour gérer les droits du disque et donc Rectangle-Mendelson a donné Rec-Son...

C'est vraiment le fruit d'une collaboration ce disque...Il y a 5 logos sur le disque : Rec-Son, Rectangle, Prohibited, Mains d 'Oeuvres et Life-Live...
Oui, Rec-Son, Rectangle International, Prohibited Records... C'est des gens que je connais depuis très longtemps. Life-Live est le tourneur de Mendelson depuis 1998. Ca fait aussi un long moment qu'on bosse ensemble. C'est des gens très chouettes...Je me suis donc retrouvé qu'avec des gens avec qui je travaille depuis longtemps.

Quel rôle a joué Mains d'Oeuvres dans la réalisation de cet album ?
Sans Mains d'Oeuvres, on aurait tout simplement pas pu le faire. On a eu cette résidence, ce local et on a commencé à répéter. Et puis, un mec que j'ai rencontré, qui s'appelle Nicolas Becker, qui est bruiteur de cinéma, nous a prêté du matériel et on a commencé à enregistrer. Et puis Charlie O. a commencé à s'équiper...
Donc, non on aurait pas pu le faire... Ou sinon on aurait fait des maquettes cassettes. Mais pour moi, l'idée c'était de ne pas passer par l'étape maquette... Enregistrer un morceau, le répéter pendant trois ans pour enfin peut-être l'enregistrer définitivement, ça me disait pas. Non, je voulais passer un an à enregistrer autant que je voulais et puis prendre les meilleures versions...

Ca consiste en quoi une résidence à Mains d'Oeuvres ?
On te prête un local et c'est parti. Il y a une émulation incroyable là-bas. Y a plein de gens qui bossent. C'est très motivant ! Tu assistes au concert puis tu redescends bosser jusqu'à 2 h du matin... Ça n'est pas qu'un local. Il se passe tout le temps un truc. Ce qui fait que tu ne peux pas rester assis sur ta chaise et attendre.

Que penses-tu de la scène indépendante française actuelle ?
... Je trouve qu'il y a environ deux ans, il s'est passé beaucoup de choses mais qu'aujourd'hui, c'est un peu retombé. C'est dur. Il y a deux ans, Mains d'Oeuvres s'est monté, y avait un super programmateur à la Guinguette, au début du Nouveau Casino y avait des trucs pas mal... Il y avait une dynamique générale, du moins à Paris... Et aujourd'hui j'ai du mal à retrouver ça...

Mais selon toi, cette régression est artistique ou strictement économique ?
C'est un désastre économique ! Les salles ferment, les asso s'écroulent, les labels mettent la clef sous la porte...

Tu ne penses pas que ça va justement redonner un vrai sens à l'indépendance ?
C'est ce que je me dis. Dans les situations de crise, tout le monde s'y remet... Mais c'est vrai que c'est dur quand justement l'indépendant devient un argument de vente et qu'on nous fait avaler un énième groupe anglo-saxon à qui on a dit que les guitares étaient à la mode.
Mais bon, c'est vrai que les situations de crise ont des avantages... Tout d'un coup, y'a une vraie marge qui se met en place, une vraie entraide...

Que s 'est-il passé avec Lithium ?
Vincent, le patron a tout simplement pas accroché aux nouvelles chansons... Et donc je me suis dit "Sans rancune, on a plus les mêmes goûts"... Ça l'intéressait pas trop et moi j'y croyait vachement. C'est tout.

Ca n'a pas été trop dur de digérer cette divergence ?
Ben non, c'est qu'une histoire de goûts, c'est tout. Ce qui a été vraiment dur c'est de continuer tout seul. Trouver le financement pour enregistrer, etc...

Pour finir, peux-tu me parler de cette pochette à tiroirs ? Qu'est-ce que tu as voulu y mettre ? (On se met à "lire" la pochette de droite à gauche)
Alors, là c'est Hendrix (ndlr : coin bas à droite), ensuite, sur la table il y a "La ballade impossible" de Haruki Murakami. Ca c'est un fanzine qui s'appelle Hit Records (ndlr : sur la baffle de l'ampli Marshall) pour lequel j'avais écrit des textes. Ca c'est la pochette du premier album de JJ Cale qui est un chef d'oeuvre absolu. Au dessus, c'est le deuxième album des Talking Heads. Puis là, il y a le premier album de Can. Un peu caché y a un live de Leonard Cohen (ndlr : à gauche de la statue). Puis "Philophobia" d'Arab Strap (ndlr : sous l'ampli Fender). Caché derrière, il y a Miles Davis. Là il y a un casque (ndlr : sur la commode à gauche de Pascal), c'est un casque de chantier "Travaux Publics". Charlie O. a participé à toutes les compil de "Travaux Publics" et puis c'est aussi un hommage à Village People qu'il aime beaucoup (sourire). Là il y a Roxy Music (ndlr : au premier plan )... Et puis les photos de tous ceux qui ont participé au disque.
Ah ! Et puis là aussi, le petit bonhomme (ndlr : sous l'orgue), c'est le dos d'un maxi 45t de Mercury Rev à l'époque où ils étaient bons. La photo est issue d'un film qui s'appelle "Le ballon rouge", c'est le premier film que j'ai vu...


Merci à Pascal et Coup Franc.

les derniers articles


»» tous les articles
»» toutes les chroniques de disque
»» tous les posts du blog
»» tous les CR de concerts et festivals
»» toutes les interviews