Montgomery - Interview

29/11/2006, par | Interviews |
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C'est dans une salle annexe de l'Antipode de Rennes que s'est déroulé cet entretien des prometteurs Montgomery. Mathieu, Yoann, Cédric et Benjamin (il ne manquait que le guitariste Thomas) se sont prêtés bien volontiers à cet exercice pour défendre leur premier album sorti cet automne.
Montgomery partagera l'affiche avec Olivier Mellano dans cette même salle pendant les Transmusicales.

Quelle est l'histoire de Montgomery ?
Cédric : au début il y avait Mathieu, Benjamin et moi qui étions dans un groupe mayennais (Sold Out), puis on a rencontré Yoann et Thomas par la suite sur Rennes. Montgomery n'a en fait que deux ans d'existence. C'est un groupe du 21ème siècle.

Donc vous avez sorti votre album en septembre ; je le trouve très proche des Super Furry Animals avec un son plus bruitiste à la Sonic Youth.
Yoann : Super Furry ??? On ne connaît pas trop, mais Sonic Youth, oui. Thomas, notre guitariste, apprécie beaucoup, cela fait partie d'une des influences.
Mathieu : mais ce n'en est pas une en particulier. Parce que les histoires d'influences, finalement, ce sont les gens qui écoutent qui prêtent des influences par rapport à leur culture à eux. Cela arrive souvent qu'on nous prête des influences sur des groupes qu'on ne connaît pas...
Y : ou des groupes que tu n'aimes pas ! (rires, sous-entendu d'une référence à Charlélie Couture lue dans la presse)
C : en tout cas c'est sûr qu'on se rapproche plus d'influences anglo-saxonnes, voire américaines car on n'écoute pas beaucoup d'artistes français.
M : à partir du moment où tu classes des groupes comme Daft Punk ou Cassius comme des groupes français... Les artistes français aujourd'hui, c'est la chanson française.
C : on fait partie de la scène française parce qu'on y est...

Alors ce choix du chant en français ?
Benjamin : c'est une question qui ne s'est pas posée. C'est vraiment naturel. L'habitude est venue comme ça. Il n'y a pas d'intention politique (sourire). En plus, je n'ai pas un super accent en anglais. Il faudrait demander chaque fois à quelqu'un de m'aider, ce serait emmerdant. Mais ce n'est pas évident, car quand on compose, il y a une sorte de yaourt, il n'y a pas de paroles et alors faut trouver les paroles. Il y a une barrière technique, du coup, c'est vachement dur de faire du français sur du yaourt.
M : c'est plus facile de mettre du bulgare sur du yaourt...
B : après, les paroles c'est l'instant, trouver un moment quand ça sort. C'est du hasard, il n'y pas de thèmes précis, essayer de choper des mots jolis. C'est un peu comme le principe d'avoir trouver le nom Montgomery, on trouvait ça joli. Le premier sens des paroles, c'est le son. C'est avant tout musical.

Personnellement, je trouve votre album ambitieux, mais assez déstabilisant pour la scène indie et plutôt attractif pour un public plus large.
M : c'est assez curieux, c'est assez juste ce que tu dis, car cela se retranscrit dans notre recherche de concerts. On a du mal à intégrer le réseau indie et on est peut être trop indie pour le réseau grand public, cela complique un peu les choses. Alors après si c'est ambitieux, je ne sais pas, la seule ambition était de faire quelque chose de joli et qui nous plaise. En tout cas c'est cool que tu trouves ça ambitieux. Cela prouve que ça a un intérêt.

L'album part un peu dans tous les sens, c'est volontaire ?
C : la plupart des morceaux étaient déjà là avant qu'on enregistre, et puis au cours de l'enregistrement on a découvert des instruments, de petites sonorités. On s'est alors enfermé avec nos petits cahiers et on a réfléchi.
Y : l'effet foutraque n'est pas calculé mais, en quelque sorte, c'est quand même réfléchi.
B : on ne calculait pas grand chose, on n'avait pas de schéma, pas de barrières, c'est la force et la faiblesse de l'album. On a fait quelque chose de déstabilisant aux premières écoutes mais qui montre des facettes différentes sur la longueur. Quand on voulait être agressif, on était très agressif et quand on voulait être léger on faisait très léger. On voulait pas faire un album comme, comme euh...
Y : Noir Désir ! (rires)

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