Mother Mother - Eureka

06/04/2011, par Christophe Dufeu | Albums |
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Mother Mother - Eureka

Gardiens du Temple de l'Indépendance, Baliseurs des Chemins de la Pureté du rock, Ayatollahs de la Confrérie de la Pop et du Folk, passez votre chemin : Mother Mother ratisse large, très large - des rives du rock aux berges immenses de la pop. Mais si vous aimez les mélodies bien troussées, une bonne dose d'énergie et que vous n'êtes pas trop regardant sur les méthodes employées pour vous aguicher, cet "Eureka" peut vous séduire. D'autres, comme les Ting Tings par exemple, y parvenaient également il y a quelques années.

Et, de fait, le quintet canadien Mother Mother est une machine assez diabolique : un chanteur-guitariste assez charismatique mène le bal, deux chanteuses aux voix suaves (voire carrément enfantine pour l'une d'elles) officient aux claviers et une section rythmique performante assure les fondations de ce solide édifice. Et comme je le disais, les influences sont larges : des B-52's (parrainage flagrant sur le single "The Stand") aux Pixies en passant par Franz Ferdinand, MGMT ou les Strokes, les incontournables Beatles, des groupes plus pointus ("Getaway" évoque un Trembling Blue Stars arrosé de crème chantilly) ou des choses moins fréquentables genre Queen ou Fleetwood Mac. Mais ce qui frappe à la première écoute, c'est cet incroyable enthousiasme, cette volonté de faire danser, de tout emmener sur son passage. Attitude sincère ou posture démago ? J'ai la faiblesse de pencher pour la première réponse : l'album est si riche, tellement truffé de petites trouvailles que même lorsque celles-ci flirtent avec le mauvais goût, ou que les paroles se font kitsch, Mother Mother reste convaincant (et réussit dans un registre où Grand Duchy, le groupe de Frank Black et de sa compagne peinait à aboutir). C'est de fait le cas sur la première moitié de l'album, franchement énorme (écoutez "Baby Don't Dance", tube en puissance). La suite réserve quelques morceaux plus faibles mais dans l'ensemble - et en attendant qu'on s'en lasse -, cet "Eureka", s'il n'est pas signe d'une découverte impérissable, est diablement addictif.

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