La Route du Rock - Édition 2004 : Mojave 3, CocoRosie, Velma, Phoenix, TV on the Radio, Air, Laura Veirs, Nouvelle Vague, Fennesz, Murcof, Blonde Redhead

24/08/2004, par Guillaume Sautereau | Festivals |
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Pour ce dernier après-midi, le palais du Grand Large porte bien son nom : installé derrière son laptop et sa table de mixage, Murcof bougera à peine un sourcil du concert, mais fait voyager très très loin le public au son de son électronica onirique, dont il dépose les strates les unes après les autres, méthodiquement. Ce mélange d'éléments électroniques minimalistes et de bribes classiques est parfois un peu systématique sur la longueur d'une prestation scénique qui n'apporte pas grand chose par rapport à l'album, mais ravit l'auditoire, qu'il soit pleinement attentif ou encore en phase de récupération.

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La musique de Fennesz peut quant à elle faire un peu peur a priori, insaisissable et en perpétuelle évolution. La mine très sérieuse, l'Autrichien s'affaire derrière son laptop, sa (gigantesque) table de mixage, égrène quelques notes de guitare dont on ne comprend l'intérêt que quelques minutes plus tard, superpose sans cesse aplats bruitistes et pluie de mélodies au sein d'une forme toujours mouvante. Dehors, une averse diluvienne vide la plage, des grandes flaques se forment, les nuages défilent dans le ciel et chassent le soleil : ça ressemble assez à la musique de Fennesz ce jour-là. Là encore, le public en redemande, et cela fait plaisir de sentir que ce n'est pas par snobisme.

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Contrairement aux deux soirs précédents, c'est un groupe ayant déjà fait ses preuves qui assure l'ouverture : Mojave 3, Anglais rêvant de grands espaces américains. Malheureusement, la délicieuse Rachel Goswell est absente, ce qui nous laisse face à un groupe 100 % mâle. Comme sur les disques, la musique est magnifique, mais Neil Halstead et ses musiciens manquent un peu de présence. Le public aussi, d'ailleurs, encore assez clairsemé... Un hors-d'œuvre de choix, quand même.
Auteurs d'un premier album plutôt convaincant, les Belges de Girls in Hawaï se révèlent également un excellent groupe de scène, au son plus mordant que sur disque et à l'enthousiasme communicatif. S'ils s'éloignent un peu de leurs multiples influences, parfois un peu trop prégnantes, l'avenir leur appartient.
Jusqu'ici, tout va bien... Mais le ciel vire de plus en plus au gris violacé, promesse d'une bonne radée. Qui ne tarde pas à arriver, particulièrement forte, et dont Blonde Redhead fait les frais. Tandis que les New-Yorkais, en grande forme, continuent comme si de rien n'était, on court se mettre à l'abri à l'espace VIP où, bientôt, les lumières s'éteignent... Les festivaliers payants, eux, n'ont d'autres choix que de quitter le Fort ou de rester stoïquement sous l'averse. Finalement, le concert est interrompu au bout d'une bonne demi-heure pour des raisons de sécurité : toute l'installation électrique doit être vérifiée.
On attend donc au moins une heure avant que Dionysos prenne la scène d'assaut, sous une pluie un peu plus supportable. On ne repérera qu'une seule nouvelle chanson - pas mal - dans leur set, toujours excitant mais sans grande innovation.
C'est l'un de leurs groupes préférés, The Blues Explosion (désormais, le nom de Jon Spencer n'apparaît plus), qui leur succède, au sec. Un concert étonnamment sage de la part d'une formation qu'on a connu nettement plus sauvage. Il est vrai aussi que la pluie et l'interruption qui a suivi ont un peu cassé la dynamique de la soirée, qui promettait une belle montée en puissance. Dommage.
Trempé et crevé après ces trois journées bien remplies, on ne reste pas pour les Troublemakers. Le lendemain, on apprend en lisant "Ouest France" sous la pluie que les organisateurs sont satisfaits de la fréquentation (plus de 20 000 spectateurs sur les trois soirs, contre 14 000 l'année précédente) et qu'ils envisagent une version hivernale (en salle, on suppose). En attendant, on prend d'ores et déjà rendez-vous pour l'été prochain : d'ici là, on aura acheté un ciré et retrouvé les bottes du millésime 2002.

 

Compte-rendu par Jan (Fort de Saint-Père, vendredi), Vincent (Fort de Saint-Père, samedi et dimanche) et Guillaume (Palais du Grand Large).
Photographies par Guillaume.

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