Rock en Seine - Edition 2010

01/09/2010, par , , Christophe Despaux et David Larre | Festivals |
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Samedi 28 août

Sur la Scène de la Cascade, introduit par un human beat box fédérateur, Plan B endosse le rôle du blues-lad, engoncé dans son costume serré (il a quand même eu le bon goût d'éviter le style mac), assez impressionnant vocalement (voix de tête, de gorge, flow hip-hop) et assure l'essentiel du show devant un groupe un peu lourdingue et en retard. Un engagement certain mais une prestation qui a divisé les rédacteurs de POPnews et n'a vraiment rassemblé le public que le temps de dégainer les percutants "She Said" et "What You Gonna Do" (DL). Selon (CD), Plan B a un physique d'Eminem trumeau, à mi-chemin entre Charlie Winston et The Streets pour l'organe. Cela fait beaucoup pour un seul homme.

plan_b

Bon, on n'a pas été (mais alors pas du tout) convaincus par la prestation des précoces Quadricolor : de la technique, une volonté audacieuse de mêler les styles, et un public visiblement emballé. Mais difficile de comprendre où ils veulent en venir, entre petites percus Vampire Weekend, rock anglais aux structures peu cohérentes et reprises ratées ("Stylo" des Gorillaz). Sans doute beaucoup de potentiel et des compétences, pour la performance on attendra encore un peu. Laissons-les se roder. (DL)

Après ce moment un peu pénible à passer, Two Door Cinema Club, catchy, tubesque, mignonnet tout-plein. Beaucoup de vague-à-l'âme dans la voix du chanteur, très Jimmy Sommerville à mèche. Un peu de maturité et de variété dans les compositions devrait densifier tout ça. En attendant, les filles dansent et quelques garçons même pas sensibles… (CD)

A lire également sur Two Door Cinema Club :
La chronique de "Tourist History"

two_door_cinema_club

Sur la scène de l'Industrie, Martina Topley-Bird, venue à l'origine pour chanter avec Massive Attack plus tard dans la soirée, remplace au pied presque levé le groupe Où Est Le Swimming Pool, dont le chanteur s'est suicidé en sautant d'un pylône au récent festival Pukkelpop (pas de jeux de mots de mauvais goût sur le nom du groupe, on les a réservés pour nos statuts Facebook). L'ex-muse de Tricky aura d'ailleurs quelques mots très dignes pour ses jeunes compatriotes. Malchanceuse à la dernière Route du rock, où une méchante radée avait dispersé le public après quelques chansons, Martina peut cette fois-ci profiter du soleil, qui sied bien mieux à sa magnifique voix. Seulement accompagné d'un batteur déguisé en ninja (!), qui prend parfois la guitare, elle n'a aucun mal à nous charmer, présentant ses chansons déliées dans un français plus que correct. Joli moment. (VA)

martina_topley_bird

Jónsi, ou plutôt son tour manager, a fait souffler un vent d'angoisse sur le parc du domaine de Saint-Cloud, vite dissipé par l'annonce d'un concert acoustique en raison de l'absence des instruments électroniques, restés au Portugal. L'anxiété chez les musiciens par rapport à cette nouvelle donne ne dure qu'un temps, et la nôtre aussi. Ce sont cinquante minutes enchanteresses que le quatuor va offrir, comblant donc par une débauche d'inventivité l'absence des apparats synthétiques. La musique du chanteur de Sigur Rós est toujours aussi luxuriante, vivifiante, pleine d'une fougue qui semble à la fois enfantine, à cause des galipettes vocales et sonorités fraîches, et très mature, parce que l'inventivité des arrangements (vibraphone, xylophone, en sus d'un batteur très inventif et d'un Jónsi à la veste chamarrée) témoigne d'un groupe solide et sûr de son fait. Il faisait déjà sombre et gris à Saint-Cloud, mais se désolidarisant de son volcan, l'Islandais nous a amené un peu de légèreté et de lumière (MC).

A lire également sur Jónsi :
La chronique de "Go"

jonsi

Un festival n'est jamais qu'un lieu où les gens transitent, regardent leur programme en se demandant quand est-ce qu'ils vont pouvoir manger, boire ou juste se poser. Stratégiquement, la team POPnews décide de se sustenter quand les bûcherons américains de Queens of the Stone Age prennent possession de la grande scène. Effectivement, pas besoin d'être en première ligne pour en prendre plein les oreilles, avec un rock stoner qui déménage mais n'oublie pas d'être relativement catchy. La prestation de Josh Homme est sans faille, la setlist aussi, avec des titres aussi explosifs que "Sick, Sick, Sick", "Burn the Witch", "Go With the Flow" ou encore "No One Knows", et le concert offre ce qu'il était prévu qu'il offre : du gros son pas con, par une des valeurs sûres du rock dur américain (MC).

A lire également sur Queens of the Stone Age :
La chronique de "Era Vulgaris"

J'ai raté (mais pas mes comparses) "Get Innocuous", le morceau inaugural du set de LCD Soundsystem, pour boire une coupe de mauvais champagne entre deux éminences, JD Beauvallet et Jean-Paul Huchon, dont le principal point commun, les bienheureux, est d'ignorer mon existence. Clopinant jusqu'à la scène de la Cascade, je me retrouve mal placé pour jouir du concert très convaincant malgré le son un peu cafouilleux. Efficace, emballant (notamment sur les imparables "All My Friends" ou "Tribulations"), mais peut-être un peu forcé par moments (le final "New York I Love You", que je continue à trouver sans intérêt) (CD).

A lire également sur LCD Soundsystem :
La chronique de "S/T"
La chronique de "This Is Happening"

lcd_soundsystem

Franchement mis en garde par les solides prestations de LCD Soundsystem et Queens of the Stone Age, Massive Attack en tête d'affiche, et en rival de Jello Biafra (toujours aussi mordant et engagé, mais un brin assommant au bout de quatre ou cinq morceaux), n'avait pas la partie facile pour convaincre. Qu'à cela ne tienne, le son serait presque aussi technoïde et rythmé que LCD pour l'entame, et l'air aussi saturé en larsens que chez QOTSA dès que les guitares de "Mezzanine" pointeraient leur manche. Puissance de feu, saturation visuelle du lightshow, slogans mi-engagés, mi-opportunistes, ça ressemble à une grosse machine qui va son chemin, ressuscitant parfois le trouble des genres (glacis des sonorités, profondeur des basses, chaleur ou angoisse des voix). Martina Topley-Bird s'en sort très bien sur "Teardrop", de même que Deborah Miller sur "Safe from Harm", et Horace Andy fait son boulot, mais il manque franchement un "Unfinished Sympathy", un "Karmacoma", un "Protection", pour emporter l'affaire. Certains morceaux récents ("Splitting the Atom" par exemple) percent bien, mais les extraits de "Mezzanine" se taillent indéniablement la part du lion, et laissent regretter que depuis ce troisième album, Massive Attack, contrairement à Portishead, n'ait pas su se réinventer. Après ça, il est temps de rentrer, les quelques sons de 2 Many DJ's n'incitant pas à s'attarder sur le site. (DL)

A lire également sur Massive Attack :
La chronique de "Mezzanine"
La chronique de "Singles 90/98"
La chronique de "Collected"
La chronique de "Heligoland"

massive_attack

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