Sébastien Schuller - Evenfall

album de la semaine du 10/06/2009, par Christophe Patris | Albums |
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SÉBASTIEN SCHULLER - Evenfall
(Greed United Music / PIAS) [site] - acheter ce disque

SÉBASTIEN SCHULLER - EvenfallAttention, voilà un disque qui pourrait bien faire mal aux yeux. Non tant par les images pastorales qu'il évoque d'un bout à l'autre que par la luminosité exacerbée qui s'en dégage. Quatre ans après son premier album "Happiness", le parisien Sébastien Schuller a traversé l'océan et, posé à Philadelphie, nous livre aujourd'hui "Evenfall", à la fois témoignage et motif de ce grand écart. Fortement influencé par la nouvelle organicité sonore américaine (Arcade Fire, Animal Collective, Sufjan Stevens) Schuller se débarrasse de son étiquette neurasthénique et parvient à gonfler ces nouvelles mélodies et leurs arrangements d'une lumière nouvelle, tantôt voilée ("The Border"), tantôt aveuglante ("Open Organ"). "Evenfall" est un album qui s'écoute comme on regarderait se lever le soleil, tel un prisme réfléchissant des lumières et des couleurs merveilleuses. Impressionniste, le disque est tissé d'une émotion brute et tendue qui ne cherche à aucun moment à susciter attendrissement ni compassion. La grandeur de l'album est ainsi d'installer un état de triste et lancinante torpeur sans pour autant jamais courir derrière l'effet mélancolique - effet dans lequel ont peu à peu fini par s'embourber Perry Blake et Jay Jay Johanson (desquels on a trop souvent rapproché Sébastien Schuller). Débarrassé de (presque) toute sonorité électronique, Schuller assume enfin sa voix haut perchée et son chant semble devenu pour lui (et donc pour nous) un acte moins douloureux. En s'inscrivant dans une tradition de musique répétitive chère à Wim Mertens (l'inaugural "Morning Mist") ou Michael Nyman ("Balançoire", "New York"), les chansons d'"Evenfall" se succèdent en nous plongeant dans un état de transe, créant progressivement une sensation enivrante de vitesse, telle une traversée aérienne surplombant des territoires vierges et désolés comme pouvaient en évoquer les premiers albums de Sigur Rós, à l'image du dense et profond "Awakening". Un disque qui donnerait presque envie de s'endormir, pour l'unique plaisir de pouvoir se réveiller en l'écoutant.

Christophe Patris

A lire également, sur Sébastien Schuller :
l'interview (2005)
la chronique de "Happiness" (2005)

Morning Mist
Open Organ
Balançoire
Awakening
The Border
New York
Battle
Last Time
Midnight
High Green Grass

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