St Augustine - Interview

30/11/2011, par | Interviews |
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St Augustine

Quelque part, le fond influe sur la forme...
Ah oui, totalement. D'ailleurs, cet EP a un côté très dépouillé, parce que c'est ce que j'ai écrit de plus intime. Sur le premier album, il y avait plein de chansons qui parlaient de moi, mais je trouvais des allégories, des images qui me permettaient de cacher la réalité. Là, les textes sont assez directs, la musique aussi, j'ai gratté jusqu'à l'os, j'ai enlevé tout ce que je pouvais enlever, parce que ça correspondait au contenu, donc oui, j'ai tenté d'accorder le fond et la forme.

Tu penses que tu aurais pu faire un disque comme ça sur un autre label que Kütu Folk ? Finalement, c'est "anti-commercial", un disque aussi cru...
Non, je pense pas en effet. De toute façon, je n'ai jamais pensé aller ailleurs que chez Kütu, j'ai eu des approches, par exemple suite aux découvertes du Printemps de Bourges en 2008, mais j'avais envie de monter Kütu sous une forme professionnelle, on était déjà un collectif, et là, je me suis dit qu'aller voir ailleurs, ça ne m'intéressait pas. Je préfère vendre trois albums en faisant ce que je veux, dans le label que j'aime, avec des amis, plutôt qu'aller en vendre pour des gens que ça n'intéresserait qu'à moitié.

Le futur de St Augustine, c'est quoi ? Tu évoquais un album...
Oui, je rentre en studio la semaine prochaine (interview réalisée le 30/09, ndr), avec Christophe Adam, comme sur mon album et l'EP, pour faire le deuxième album, qui devrait sortir fin février. Il devrait être assez à mi-chemin entre ce que je fais en groupe, et ce que j'ai fait sur l'EP. C'est-à-dire un côté beaucoup plus uni que l'album, mais moins dépouillé que l'EP. Je vais essayer de jouer de tout.

C'est une volonté économique, ou une envie de contrôler ?
Volonté de passionné avant tout, car j'adore jouer en groupe sur scène, mais je n'ai pas envie que disque sonne comme moi sur scène, c'est compliqué à retranscrire en studio de toute façon, je préfère passer par autre chose en studio. Les disques que j'ai aimés ces dernières années, ce sont souvent des disques de gens comme ça, qui font leur truc un peu seul, ce qui n'empêche pas justement de les jouer sur scène, de les y transformer.

Petit quizz pour finir... Imaginons : je vais chez toi, quel est le disque le plus surprenant que j'y trouve, celui que les gens ne s'attendent pas à trouver chez St Augustine.
Hmmm. Brassens, j'ai l'intégrale, je suis vraiment un grand fan.

Quel est ton meilleur souvenir de concert en spectateur ?
Elliott Smith, à la Coopérative de mai, à Clermont, en 2001.

En tant que musicien ?
Ce soir, j'étais extrêmement bien. Sinon, au mois de mai, j'ai fait un concert àa la Coopérative de Mai, et tout s'est passé comme ça devrait toujours se passer.

Quel est le premier disque que tu as acheté ?
C'est une cassette, parce que je suis vieux (sourire). C'était une compilation de Madness.

Cela ne préfigurait pas beaucoup St Augustine !
En effet, à part un côté pop peut-être...

Te souviens-tu de la première fois que tu as fait écouter ta musique à tes proches ?
Ouais, je jouais dans un groupe où je n'étais que guitariste, j'ai joué un morceau. Le bassiste de l'époque (qui a joué avec moi jusqu'en mai, c'est un très bon ami) m'a dit "il faut que tu continues", et il a organisé un concert à Clermont en 2005. C'était mon premier concert, j'ai du trouver un nom pour l'occasion, donc St Augustine. c'était dans une cave, il y avait une soixantaine de personnes et il y avait Leopold Skin, Alex (The Delano Orchestra) qui jouait un de ses premiers concerts, et Cocoon, qui était dans le même cas. Une belle soirée !

Vous êtes tous apparus à la même époque en quelque sorte.
Oui, tout à fait, à peu de choses près, c'est le cas.

Visiblement, l'air de Clermont est inspirant.
Oui, entre The Delano Orchestra, Zak Laughed, Leopold Skin, maintenant Garciaphone et Dempster Highway, il y a une émulation entre nous, on est amis, on a de forts liens. C'est très stimulant pour chercher la meilleur formule pour exprimer ce qu'on a à dire. On a beaucoup de soutien là-bas, grâce à la Coopérative, c'est vraiment un bon endroit.

Merci à François-Régis pour sa disponibilité. Photos : Mickaël Choisi

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