TH Da Freak – Track by track

20/03/2019, par | Track by track |
  • Facebook
  • Twitter
| permalien

THDF
Cheveux bleu-vert et sweat à capuche, le Bordelais Thoineau Palis, alias TH Da Freak, semble tout droit sorti des grandes heures du rock slacker des nineties. Loin de se contenter de singer ses glorieux aînés (dont il ne nie pas l’influence, certes), ce garçon très productif livre une musique qui séduit par sa fraîcheur et son sens mélodique. Adepte du DIY, il s’est entouré d’un groupe de potes (dont son frère) pour enregistrer “Freakenstein”, un nouvel album sans prétention mais dont la relative variété de styles laisse à penser que son auteur a plus d’une corde à son arc. Il nous le commente titre par titre.

Thrill ! Love ! Freakenstein !

L’intro de l’album a été composée par Siz, mon frère (et bassiste du groupe). On s’est inspiré de toutes les scènes creepy (mais pas trop) du film “The Creature From the Black Lagoon” de Jack Arnold. C’est généralement des scènes où on voit la main du monstre avec un zoom hyper lent et une musique un peu stressante avec des cuivres, on trouvait ça assez cool alors on l’a repris.

Nutty

“Nutty” parle d’être dénué de tout sentiments, d’être complètement mort à l’intérieur et de jalouser les autres gens qui arrivent à tomber amoureux si facilement. Malgré le texte carrément triste, le morceau est joyeux et est assez varié dans la structure avec des cassures à l’intérieur et une fin triomphale. Il représente bien l’album dans son ensemble et il donne le ton en ouverture du disque. Il y a un clin d’œil à “It’s so hard to fall in love” de Sebadoh à la fin (mais je préfère la reprise de Superchunk en vérité).

Surrender

J’ai composé ce morceau à l’été 2016 après avoir sorti mon premier album “The Freak”. Il parle de Rafael (guitariste du groupe et mon meilleur ami) pour qui tout est facile dans la vie et qui trace sa life en mode autoroute (à l’image du morceau qui sonne un peu twee-pop à la Bootchy Temple et qui trace surtout dans les refrains). Je dis dedans que pour moi c’est hyper dur de faire comme lui et que j’y arriverai pas, donc j’abandonne toutes les choses que j’entreprends. Pauvre bébé.

Mars Attacks !!

Mars Attacks a été composé en mai 2017 quand Howlin Banana a ressorti mon album “The Freak” en K7 un an après sa parution initiale. Il parle de l’amour inconditionnel, en gros ça dit que si les aliens venaient sur Terre pour tous nous buter et ben je m’en fous je resterai avec toi forever à mater la fin du monde sur la plage avec un cocktail. Grosse inspiration de R. Stevie Moore pour la partie chant.

Kurtains

Bon là l’hommage à Kurdt Donald Cobain est évident. C’est un morceau très personnel dans lequel je dis que je crois que je lui ressemble beaucoup mais finalement que je hais plutôt ça, et j’essaie de me mettre en opposition avec lui. Je dis énormément de choses personnelles sur plein de thèmes comme la honte, l’autodestruction, et l’ironie de cette situation.

Peeling The Onion

Marrant parce qu’on jouait ce morceau avec le groupe en 2017 quand on a commencé les concerts. C’est un morceau assez tragique qui parle d’être timide et de vouloir s’affirmer en mode « hé coucou je veux bien être ton copain » malgré un cruel manque de confiance en soi. Je pense que la grille d’accords du couplet est le truc le plus recherché musicalement que j’aie composé de ma vie. Par contre, le clip a été fait en 48h du tournage au montage !

Freakenstein !!

Ce morceau est un mix de deux chanson qu’on a sorties avec Rafael en 2015 sur un EP collaboratif : “Froozenstein” et “Le Congo d’Alexis”. On parle d’une créature démoniaque qui s’empare de notre esprit et qui nous pourchasse jusqu’à la mort. Donc c’est en mode psych goth avec des accords de guitare surf/spanish, esthétique qu’on a grave bossée sur la prod’ avec Johann (avec qui j’ai mixé l’album à Lyon) notamment sur la batterie qu’on voulait faire sonner My Bloody Valentine période “Isn’t Anything” pour le côté goth.

Never Enough Beer

Assez simple à comprendre celui-là vu qu’il est très littéral, c’est tout simplement une ballade folk qui parle de la décadence de notre belle jeunesse française à travers les yeux d’un mec dégueulasse qui rentre chez lui complètement saoul à 10h du matin avec une fille dont il a même pas envie (et elle non plus d’ailleurs n’a pas envie de lui). Très inspiré de Pavement, j’imagine souvent des violons et tout un orchestre philharmonique sur les refrains quand je l’écoute.

Hospital

Cette chanson parle de mon rapport avec l’hôpital : j’ai y ai bossé pendant un été (gros big up à mon collègue Bernard) et j’accueillais les malades qui allaient se faire opérer dans une sorte de salle d’attente, je leur donnais un bracelet, je notais des trucs dans un carnet et je leur posais des questions protocolaires. Il y a des patients qui se faisaient opérer du cerveau, etc., et qui étaient vraiment très très stressés et qui pensaient qu’ils allaient mourir et certains m’agrippaient même le bras en pleurant, ça m’a assez marqué. En fait je devais les “soigner” et les mettre en confiance en leur parlant alors que j’avais zéro expérience dans ce domaine et que j’étais clairement un branleur qui allait à la moindre occasion fumer des cigarettes dans les sous-sols de l’hôpital. C’est ce que je dis dans le morceau. La deuxième partie est plus personnelle et parle d’un ami qui avait eu des problèmes et auquel je rendais visite à l’hôpital. Musicalement c’est assez chaotique, épique, voire parfois mécanique pour illustrer tout ce que je viens de dire.

Adios Freakos

L’histoire de ce morceau est assez rigolote : Siz, mon frère (et qui était aussi l’un de mes colocs l’année dernière), jouait ces arpèges de guitare dans le salon sur sa guitare accordée bizarrement. Je voulais chanter par-dessus, et en même temps on a chanté la même mélodie, exactement la même mélodie ! En plus de ça, pour rajouter encore plus de magie à ce morceau, mes amis Tristan et Thibault qui ont fait un mix 2.0 et le mastering de l’album à Nantes ont rajouté cet orage et cette pluie qu’on entend à la fin du morceau. Je leur ai demandé s’ils connaissaient le film “Freaks” de Tod Browning (1932) car à la fin du film les freaks rampent dans la boue avec des couteaux dans la bouche sous la pluie et l’orage pour tuer la femme qui leur a fait du mal. Donc grosse référence et coup de génie d’avoir rajouté l’orage… mais ils n’avaient jamais vu le film !

Les dates de la tournée sont sur la page "concerts".

Photo : Mathieu Faguier.

 

les derniers articles


»» tous les articles
»» toutes les chroniques de disque
»» tous les posts du blog
»» tous les CR de concerts et festivals