The National - Interview

23/05/2007, par Guillaume Sautereau | Interviews |
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Matt : En fait, il a fait un film de deux heures sur l'enregistrement de "Boxer" ! Je pense qu'il va devoir le couper... On ne l'a pas encore vu, car il est plutôt secret comme garçon. Il a passé du temps avec nous en studio. On est très proche, et il est très talentueux en tant que vidéaste et photographe, et il a des idées très intéressantes et originales sur la façon de filmer la musique, avec ses "concerts à emporter" - celui qu'il vient de faire sur Arcade Fire est hallucinant.
Aaron : il sait comment mettre à l'aise un groupe. Pour ce que j'ai pu comprendre, il ne s'est pas contenté de documenter l'enregistrement de "Boxer", ou la vie de The National en tant que groupe, il y a ajouté sa vision artistique. On en est le sujet, bien sûr, mais ça pourrait être n'importe quel groupe.
Matt : en fait, on n'a pas encore vu le film !

D'ailleurs, cela vous dirait de composer directement pour un film ?
Matt : oui, d'ailleurs je crois que Clogs a eu l'occasion de le faire à plusieurs reprises.

C'est plus évident pour Clogs, dont la musique est instrumentale.
Matt : oui, ça serait dur pour moi d'écrire des paroles. Je n'essaierai pas d'écrire en rapport avec la musique. Ce qu'on fait Simon & Garfunkel pour "The Graduate" est intéressant par exemple, par exemple, même si ça colle avec le film, on sent qu'ils n'ont pas écrit en suivant le script.
Aaron : j'aime bien quand un film a manifestement été écrit avec la musique en tête, comme c'est le cas avec "Magnolia" par exemple, même si je ne suis pas trop fan d'Aimee Mann.
Matt : ça serait intéressant, en tout cas. Difficile, mais intéressant.

The National - Matt Berninger et Aaron Dessner - Photo par Julien Bourgeois

 

Matt, l'idée d'écrire pour un format autre que le format chanson t'intéresserait ? Quelque chose de plus sur la longueur, à l'image de ce qu'a fait Sufjan Stevens sur "Illinoise" par exemple ?
Matt : je ne sais pas. Pour ce qui est des disques, j'aime qu'ils soient courts. J'aime les albums courts qui tu peux écouter en boucle. Par exemple, j'adore Nick Cave, je suis un grand fan, mais je trouve souvent qu'il en fait trop. Je pourrais changer d'avis, mais je pense que j'aime bien la concision de nos chansons et de nos albums. Sufjan, c'est différent, il est obsédé par l'organisation et je pense que sa série sur les Etats-Unis, c'est une manière pratique de l'aider à organiser son esprit, à classifier ses idées. Alors que nous, on est cinq gars qui jouons dans un groupe, sans idée précise de là où on va, les accidents font partie de notre vie.
Aaron : il arrive que l'on se perde, et le fait de se retrouver fait partie intégrante de notre processus créatif, et le résultat a souvent peu à voir avec l'intention initiale. Ca exclut quelque peu ce genre de plan plus sur la longueur.

Cela vous arrive souvent de rester bloqués sur une idée qui ne fonctionne pas, ou vous savez passer tout de suite à autre chose ?
Aaron : il arrive souvent que le groupe ait une musique qu'on adore mais que Matt ne sache pas comment écrire des paroles qui aillent dessus, ou l'inverse. Par exemple, "Squalor Victoria, initialement, était basée sur une seul accord, je lui en ai ajouté un, mais cela restait très statique, et on restait très sceptique. Plus tard, on a ajouté la batterie, du piano, les arrangement de Padma et cela était devenue totalement autre chose. Mais pour chaque succès, il y a beaucoup plus d'échecs. Il m'arrive de réécouter les chansons qu'on n'a pas réussi à finir, et je me dis qu'il y a des idées qui restent sur le carreau.

Tu les gardes pour un album solo...
Matt : Aaron, tu prépares une carrière solo ?
Aaron : oui, il sort le lendemain de la sortie de "Boxer" (rires) ?

J'ai lu que Bruce Springsteen était un fan de the National...
Aaron : oui, je ne pense pas que nous soyons son groupe favori de tous les temps, mais nous l'avons rencontré et manifestement, il connaissait très bien notre musique, était très curieux et très enthousiaste. C'était très flatteur. En outre, c'est une personne charmante, qui a les pieds sur terre, très humaine, vraiment gentille. C'est un songwriter très talentueux, une superstar, mais il a su rester très accessible.
Matt : on a pu passer un peu de temps avec lui, boire quelques verres. J'avais l'impression d'être en train de discuter avec mon oncle à un barbecue, et en fait on était avec une superstar !

Photographies par Julien Bourgeois.
Merci à JB.

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