Vashti Bunyan - Lookaftering

album de la semaine du 02/11/2005, par David Larre | Albums |
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VASHTI BUNYAN - Lookaftering
(Fat Cat / Pias) - acheter ce disque

VASHTI BUNYAN - LookafteringDeuxième carte postale envoyée par Vashti Bunyan en plus de trente-cinq ans d'une non-carrière qui l'a vue pressentie pour le rôle - mal taillé pour elle - de Dylan au féminin, puis durablement oubliée avant que, de proche en loin, la rumeur n'exhume son "Just Another Diamond Day" (reparu en 2001) et ne l'intronise vénérable ancêtre de la scène néo-folk. Ce n'est pas un hasard si le lièvre à collier de la pochette, fait écho aux bestiaires fantasmatiques des albums de CocoRosie et Joanna Newsom, et indique le sens de la filiation. Car, à n'en pas douter, la musicienne a encore beaucoup à apprendre à cette troupe d'enfants turbulents, tant elle surclasse régulièrement par sa grâce vocale et la luminosité de ses compositions tous les efforts réunis des rejetons sur ce splendide album. Bien épaulée par la production et les arrangements de Max Richter (compagnon de label), mais surtout superbement servie par le jeu de piano de ce dernier ainsi que - plus discrètement - par la harpe de Joanna Newsom ou la guitare de Devendra Banhart, elle surprend par un folk intemporel et vibrant que sa voix, blanche et juste à désespérer tout apprenti chanteur, habite d'un bout à l'autre. Au cœur du disque, une poignée de morceaux joue assez magistralement des possibles offerts par les combinaisons instrumentales : piano-flûte sur "Hidden", harpe-guitare-flûte sur "Against the Sky", piano-flûte-hautbois-percussions sur "Turning Backs", sommet du disque, avec une voix comme au bord du sanglot. De façon constante, par sa douceur, sa volonté de retrait, une modestie tempérée par la justesse, la voix de Vashti semble exiger de la partition et de son exécution une totale adéquation : ne pas être à la hauteur aurait quelque chose d'indécent. Il n'est donc pas surprenant que la qualité de la musique égale en certains points les meilleurs disques parus cette année, le Sufjan Stevens dans la grâce mélodique, le Antony and the Johnsons dans l'émotion. Nul doute qu'à l'arrivée, ils se partageront les marches du podium.

David Larre

Lately
Here Before
Wayward
Hidden
Against the Sky
Turning Backs
If I Were
Same but Different
Brother
Feet of Clay
Wayward Hum


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