The Walkmen - Paris, le Batofar, 26/09/2006

11/10/2006, par Christophe Dufeu | Concerts |
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THE WALKMEN - Paris, le Batofar, 26/09/2006

Mardi 26 septembre - 19H30 un peu passées ; le public du Batofar est encore clairsemé mais un premier groupe est déjà sur scène : Jordan - c'est leur nom (et par ailleurs le seul véritable reproche que l'on puisse leur faire) - est un trio angevin guitare-claviers-batterie aux compositions punks assez stimulantes ; ces jeunes gens ont apparemment écouté les Clash, Suicide et les Pixies et pratiquent un rock efficace ponctué de blagues potaches assez amusantes (si l'on aime accumuler les degrés dans l'humour)... Avec une bonne présence sur scène - ce qui, évidemment, ne gâche rien - le groupe fait une entrée en matière succulente.

Quelques changements de matériel plus tard arriveront les membres de Tornado : un guitariste-chanteur ombrageux, un bassiste, une batterie, un clavier et une pedal steel guitar... Des Américains ? Et non, de "Montfermeil, 9-3" annoncent-ils. Mais tout dans les instruments (superbes), le micro de crooner années 50 et les postures du chanteur évoquent la musique d'outre-Atlantique, à la croisée des chemins des Doors (pour le charisme du chanteur et le développement des chansons), d'un Chris Isaak ou d'un Johnny Cash (pour l'aspect crooner donc) ou de Richard Hell (pour l'aspect punk et bruitiste). On peut bien sûr être agacé par les postures du chanteur qui, à quelques reprises viendra se confronter au public en descendant de la scène, et par une certaine arrogance du groupe mais, musicalement, ça tient plutôt bien la route : les chansons mélodiques réservent quelques tornades dévastatrices que ne renierait pas Neil Young lui même !

Nouveau changement de matériel sur la scène du Batofar et on sent le public impatient d'accueillir les Walkmen, la tête d'affiche de la soirée. Après les tenues assez rock'n'roll de Tornado, on est un peu surpris de voir les New-Yorkais débarquer en chemises bien propres, vestes ou chandails à col en V. Hamilton Leithauser, le chanteur a, quant à lui, l'allure d'un éternel étudiant : on le jurerait échappé d'une équipe de football américain, un quarterback dans une série B de M6. Mais attention, les premières impressions sont parfois trompeuses ! Le concert commence sur le formidable "All Hands and the Cook" et on se demande comment les cordes vocales du chanteur vont pouvoir tenir le temps d'un concert. Les guitares rugissent dans les aigus, l'orgue vrombit gaiement et le batteur, tel un lutin sur ressort, frappe avec une dextérité, une rapidité et une précision impressionnantes - la délégation envoyée par Batterie Magazine prend des notes. Organiste et bassiste s'échangent régulièrement leurs instruments. Leithauser, débonnaire, se bat avec des pieds de micros qui se cassent la figure aux quatre coins de la petite scène ; le tout a un petit air d'apocalypse réjouissante et les musiciens suent à grosses gouttes. Les titres - issus de "A Hundred Miles Off", leur dernier album, comme des précédents - défilent ainsi, avec la même énergie et la même urgence avant de finir en beauté sur un superbe "Louisiana" agrémenté de quelques notes de trompettes. Victoire incontestable des Walkmen par KO !


Christophe Dufeu

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