Windsor for the Derby - How They Lost

30/07/2008, par Guillaume Sautereau | Track by track |
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WINDSOR FOR THE DERBY

Windsor for the Derby est enfin revenu ce printemps avec un magnifique nouvel album, "How We Lost". Mais on ne perd rien à sortir un disque pareil, c'est Dan Matz qui nous l'apprend en faisant le tour du propriétaire.

Let Go

Ce morceau est arrivé après un certain nombre d'expérimentations dans ma cave. J'enregistrais des claviers et je plaçais des guitares contre de grands ventilateurs pour essayer de créer des vagues de bruit. A l'origine, cette chanson était ensevelie sous de grosses vagues de ces bruits, je les ai mises un peu en retrait. La partie de batterie sur cette chanson semble également impossible et à côté du rythme. Je ne sais pas comment nous allons la reproduire live. Au niveau des paroles, la chanson parle du fait de me placer dans une situation inconfortable du point de vue de la créativité. Parfois on arrive à un point où l'on attend trop de soi-même. En commençant ce disque, je voulais exorciser mon passé créatif, en quelque sorte.

Maladies

"Maladies", c'est une de ces chansons qui ressuscite après être restée dans un coin pendant de nombreuses années. A l'origine, cette chanson avait été enregistrée dans le cadre d'un autre de mes projets, the Birdwatcher. Mais la chanson est si différente de la version de cette époque que je ne peux pas dire que ce soit une nouvelle version de la même chanson. La progression harmonique et les paroles sont les mêmes, mais l'atmosphère du morceau a entièrement changé. Nous avons toujours fait cela avec les chansons - les changer radicalement. C'est un moyen de conserver leur fraîcheur à nos yeux. Les gens pensent que vous devez jouer une chanson de la façon dont elle a été enregistrée, mais je vois l'enregistrement juste comme une façon de documenter l'instant présent.

Robin Robinette

Au collège, j'étais amoureux d'une fille nommée Robin Robinette. C'est elle qui m'a fait découvrir Bauhaus, Joy Division et consorts. Nous passions nos nuits à regarder des bootlegs des Damned ou de Christian Death et le lendemain nous nous traînions à l'école. Alors que je ne lui ai pas parlé depuis des années, j'ai recherché son nom sur Google et je suis tombé, non pas sur des photos d'elle, mais sur un club qu'elle m'avait fait connaître. Voici un échantillon des personnes qui traînaient au Skyfeathers au milieu des années 80.

Robin Robinette

Fallen off the Earth

Il y a une chanson de Broken Social Scene dont j'étais dingue il y a deux ans. Je suis très mauvais avec les noms de chansons, mais celle-ci sonnait un petit peu comme "1979" des Smashing Pumpkins, une chanson que nous avons toujours envisagé de reprendre. Je voulais obtenir le même sentiment avec cette chanson. Estival et lumineux. L'idée derrière cette chanson est l'importance de l'amitié et du fait de rester en contact. Je suis un très mauvais ami. Je ne reste pas en contact avec les gens. Je ne réponds jamais aux coups de fil ou aux emails. Chaque année, c'est ma résolution pour la nouvelle année, mais je ne m'y tiens jamais.

Hold On

Let Go. Hold On. Peut-être qu'il y a une thématique derrière cela...

L'histoire qui en vaut la peine, c'est celle de l'homme derrière les choeurs, Justin Luke, aka Black Branches. J'ai envoyé un mail avec seulement le refrain pour solliciter des contributions à un certain nombre d'amis. Beaucoup d'entre eux m'ont renvoyé des choses intéressantes mais Justin a renvoyé cette incroyable harmonie à quatre voix à la Brian Wilson. J'ai eu la chance de jouer sur scène en trio avec lui et Gianmarco Cillo au sein de The Ages. C'est un projet parallèle, mais nous espérons enregistrer bientôt. Je vous suggère d'aller écouter leur musique à tous les deux ici et .

Forgotten

Une autre chanson ébouriffante écrite par mon collègue au sein de Windsor for the Derby, Jason McNeely. Il y a environ une douzaine de versions enregistrées de ce morceau, mais au final nous avons choisi la plus dépouillée. Il y avait une chute de studio d'Elvis Costello que j'avais entendue et dont je voulais réussir à reproduire le son. Les paroles sont plutôt simples, mais poignantes. Sur la contingence de la vie et le temps que nous avons irrémédiablement perdu. Jason et moi sommes amis depuis si longtemps que c'est presque comme si nous étions de la même famille. 25 ans à tout vivre ensemble.

Windsor for the Derby

Troubles

Jason avait ébauché ce titre mais ne semblait pas trop sûr de son coup. Je l'ai persuadé de l'inclure sur l'album. Cette chanson résume si bien ce qu'est Jason, et c'est pour cela que je l'aime. Elle est chaotique mais douce. Jason est parfois une tornade, du moins intérieurement car en surface il réussit à garder son calme.

What We Want

Tout est parti de cette rythmique à la Bo Diddley. Cette rythmique s'est faufilée lentement à l'intérieur de notre son. Ou en dehors. Nous sommes obsédés par Bo Diddley depuis que nous avons monté notre premier groupe de gosses. Juste cette semaine, Bo Diddley, un compatriote de Floride, est mort, mais cette rythmique restera à jamais.


Good Things

C'était parti pour être un des morceaux les plus orchestrés du disque, mais finalement, il est ici réduit aux voix et à l'accompagnement de base. Tout flotte et je pense que c'est une bonne façon de préparer à la fin du disque.
C'est une chanson tellement optimiste. Cela m'évoque le travail de Sara Gamble, l'artiste dont nous avons utilisé les oeuvres pour nos deux derniers disques.

Sara Gamble

Au passage, le photographe Brian Ulrich travaille sur une vidéo pour cette chanson. Voici un lien vers son photoblog.

Spirit Fade

Après avoir fait de la musique pendant si longtemps, nous sommes passés à travers tellement de modes. Nous ne les avons pas adoptés mais nous les avons regardées passer. Cette chanson évoque l'idée de rester loyal à soi-même et à ses convictions. Il y a beaucoup de concours de popularité que nous n'avons pas gagnés, parce que nous ne jouons pas. Nous n'avons pas sacrifié nos idéaux pour plaire. J'ai des amis qui l'ont fait. Je les ai vu gravir les échelons du succès dans la musique et au fur et à mesure toute leur motivation à faire de la musique s'est évaporée. La créativité n'est pas un concours ou un business. Il n'y a pas d'échec. Cette image le résume le mieux pour moi. Elle provient d'une compilation de guitaristes indonésiens. Je l'ai accrochée dans mon studio, comme une inspiration pour garder l'énergie que cette homme a dans ses yeux.


Dan Matz

Propos recueillis par Guillaume Sautereau
Merci à Benjamin.

A lire également, sur Windsor for the Derby :
la chronique de "How We Lost" (2008)
la chronique de "We Fight Till Death" (2004)
la chronique de "The Emotional Rescue LP" (2002)

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